Kevin Aglaé : l'ivresse des sommets

"Grimp'à' bloc", quand les jeunes font le mur à Nice

Le nombre d'enfants et d'adolescents désireux de découvrir les vertus de l'escalade ne cesse de grimper. C'est notamment le cas du côté d'Art Bloc, une structure installée à Nice, du côté de Saint-Isidore. Fin mars, pas moins de 234 jeunes ont ainsi participé à la sixième édition de la compétition "Grimp'à' bloc".

Dès la sortie de la bretelle d'autoroute, on peut observer le ballet de camions et d'engins mécaniques qui s'activent à la construction de l'Allianz Riviera, le futur stade de 35 000 places des footballeurs de l'OGC Nice. Impossible de manquer le chantier, cerné par des grues illuminées la nuit. 

À quelques centaines de mètres de là, sans faire de bruit, un autre complexe sportif est solidement ancré dans la zone industrielle. Il s'agit de la salle d'escalade de l'association Art Bloc. 

Évidemment, le lieu ne fait pas le poids avec le futur stade en terme de gigantisme. Mais dans son domaine, c'est une référence. Chaque jour, enfants et adultes s'y pressent avec entrain. Et ce, depuis plus de quinze ans. 

Angélique Piromalli, chargée de l'encadrement des jeunes et également du développement de l'activité, plaide la cause de cette discipline qui lui est chère  : "Je considère que l'escalade est une formidable école de la vie. On y apprend à gérer son stress, à anticiper, à maîtriser le rythme, on travaille la gestuelle… Surtout, on à l'occasion de vivre en groupe. Quand on fait quelque chose, on le fait ensemble."

L'aspect ludique mis en avant

Sur les 250 mètres carrés de surface grimpable de la salle, chacun peut suivre son propre chemin, selon son rythme et son niveau. Dès l'âge de 5 ans, il est possible de se lancer, avec ses parents pour une seule séance ou pour l'ensemble de l'année, sous l'œil des encadrants d'Art Bloc. 

"Le mercredi, pendant les cours collectifs, on doit avoir une centaine d'enfants. Avec les plus jeunes, ça ne sert à rien d'aller vers la technique pure, de les assommer d'explications. On leur propose des petits exercices, toujours très ludiques. L'idée, c'est qu'ils puissent s'amuser, être autonomes dans la salle. Ici, c'est un peu comme un cocon. Il y a de gros tapis, les murs sont colorés, les prises sont visibles. Tout est hyper sécurisé", poursuit Angélique. 

La sécurité reste le maître mot lorsque les jeunes pratiquants partent pour des sessions en pleine nature, une fois par mois, du côté d'Annot (Alpes-de-Haute-Provence). Une fois les rudiments acquis, l'envie de s'engager en compétition gagne certains pratiquants. 

Néanmoins, certains déchantent assez vite, si l'on en croit Angélique Piromalli  : "En escalade, la compétition a un côté très élitiste, c'est particulier. On a tendance à perdre les éléments les moins motivés. Sur une épreuve de difficulté, si vous êtes bons, vous pouvez faire quatre voies en deux jours. Ce qui ne représente que quelques minutes de grimpe. Mais si vous êtes moins fort, ça sera forcément plus court. C'est parfois un peu frustrant, d'autant plus que les déplacements coûtent cher."

"Grimp'à'Bloc", une compétition rassembleuse

C'est en partant de ce constat qu'Angélique, l'une des chevilles ouvrières de l'association, a tenté d'élaborer une épreuve qui permettrait de mêler tous les niveaux. 

Organisée sur deux jours, la compétition se nomme "Grimp'à'Bloc". Les 23 et 24 mars, la sixième édition a tenu toutes ses promesses. Avec 237 inscrits, le record de participation a même été battu. Sur le pont (ou plutôt sur les murs…), six catégories étaient engagées, des microbes (6-7 ans) aux juniors. 

"Nous avions des jeunes de Nice, Gap, Sisteron, du Mercantour ou encore d'Aix-en-Provence et du Vaucluse. On peut dire qu'on propose le plus gros rassemblement en salle du département et même de la région. Ce qu'on veut, c'est faire quelque chose de dynamique, que chaque grimpeur fasse au moins dix blocs et qu'il ait envie de continuer à progresser", conclut Angélique.

Publié le

Vous aimez cet article, partagez-le :

   
Photos

Toujours plus haut

Début 1995, quelques mois après la création, on recensait 25 membres dans les rangs d'Art Bloc. Un bon départ. Mais à cette époque-là, les dirigeants imaginaient-ils qu'en 2013, leur "bébé" atteindrait la barre des 500 adhérents, dont une bonne centaine de jeunes ?
À ce total, il faut ajouter tous ceux qui viennent pratiquer occasionnellement. Par rapport aux structures municipales que l'on peut trouver dans d'autres communes du département, c'est l'avantage majeur d'Art Bloc : pas besoin d'être licencié pour se lancer sur les parois constellées de résine. Pour une somme allant de 6 à 9 euros, il est possible d'accéder à la salle. Après une première approche sur le mur d'une école ou d'un collège (de plus en plus d'établissements se dotent d'une petite surface d'initiation), nombreux sont ceux qui frappent à la porte de l'association niçoise.


Art Bloc

23, avenue Auguste-Verola
06200 Nice
Du lundi au vendredi :
Midi/22 heures.
Samedi : 14 h/19 h.
Contact : 04 93 29 84 51
Mail : contact@art-bloc.net