Dossier

Kevin Aglaé : l'ivresse des sommets

Kevin Aglaé, 22 ans, fait partie de l'équipe de France d'escalade. Depuis son enfance, ce Niçois se passionne pour cette discipline exigeante dans laquelle il a trouvé une source de plaisir incomparable. Moins focalisé sur ses résultats sportifs que sur la découverte de nouvelles voies à travers le monde, le souriant grimpeur raconte ce qu'il ressent lorsqu'il arpente une paroi rocheuse.

S'il le voulait, Kevin ne pourrait pas longtemps cacher à un inconnu son goût pour l'escalade. Dès la première poignée de main, il remarquerait que les paluches du garçon ne sont pas tout à fait dans la norme. La peau est tannée, les crevasses jonchent les paumes et les doigts ne sont pas épargnés.

"Certains peuvent avoir de grosses douleurs. Moi, pour l'instant, ça va", assure Kevin. En règle générale, il n'est pas spécialement impressionné par la dangerosité de l'escalade, ce sport qui lui procure tant de satisfactions. 

Et cela lui réussit plutôt bien. Depuis le début de sa carrière, il y a une douzaine d'années, il ne s'est jamais blessé. "Quand j'étais enfant, je grimpais tout le temps dans les arbres. 

Quand mes parents m'ont proposé de commencer l'escalade à Grimp' Azur (l'un des principaux clubs du département, ndlr), j'ai tout de suite accroché. Après, l'escalade, ça peut paraître dangereux de l'extérieur, alors qu'on ne prend pas de risques énormes. Il y a quelques mois, je me suis cassé le poignet, mais c'était à vélo."

L'appel de la montagne

Comme tous les jeunes, Kevin Aglaé a commencé par crapahuter sur des murs de résine, en salle. Une étape inévitable avant d'évoluer sur de véritables falaises, en pleine nature. 

"Vers 13-14 ans, j'ai commencé à m'entraîner plus sérieusement et je me suis mis à faire de la compétition. La première fois que j'ai disputé les championnats de France jeunes, j'étais un peu perdu. J'ai dû faire dixième", se rappelle Kevin. 

Depuis, le Niçois a gravi tous les échelons, alliant talent et détermination. Plus il a grandi, et plus les "vraies" montagnes l'ont attiré, inexorablement. "On a la chance d'avoir une des plus belles régions pour l'escalade. Il y a plus de quatre cents voies accessibles, on peut toujours découvrir de nouvelles choses. On va dans les Gorges du Verdon ou dans les Calanques."

Élève consciencieux, le brun au teint hâlé a poursuivi ses études jusqu'à l'obtention d'un BTS conception de produits industrialisés. Toutefois, il n'a pas vraiment l'intention de poursuivre dans ce domaine. 

"À long terme, j'ai envie de me fixer dans le milieu de l'escalade. Quand on passe sa vie en pleine nature, c'est dur de s'imaginer pendant des journées entières derrière un bureau, même si on fait quelque chose d'intéressant." 

Pour le moment, il a trouvé le moyen idéal pour concilier sa vie professionnelle et sa passion. Il est devenu moniteur d'escalade et fait des remplacements dans les différents clubs des Alpes-Maritimes. 

"Je travaille en tant qu'indépendant, ça correspond parfaitement à mon état d'esprit. Tu dis oui, tu dis non… Transmettre le goût de ce sport à des enfants, c'est génial. Il y a de plus en plus de petits qui viennent dans les salles. Après, ils accrochent ou pas. C'est quand même une discipline qui demande beaucoup d'implication, on ne peut pas faire les choses à moitié. Souvent, vers 15-16 ans, il y en a beaucoup qui arrêtent."

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