Code Sport Monaco fête ses 5 ans

Cinq Ans en Rouge et Blanc

Un anniversaire est aussi le moment où on se prend à regarder dans le rétro, histoire de se remémorer certaines rencontres ou interviews, bref, des moments qui font aussi notre histoire. En 5 ans, ces moments furent surtout joyeux et pour certains (les meilleurs) indélébiles.

Voilà 5 ans que nous avons lancé Code Sport Monaco. En tant qu'éditeur, je suis un observateur privilégié des exploits de nos sportifs, narrés dans nos colonnes, mais aussi des rencontres que l'on peut faire. Qu'ils soient de grands champions, des acteurs majeurs du sport à Monaco, des hommes de l'ombre… tous ont contribué à faire de Code Sport ce qu'il est aujourd'hui.

Florilège

Nd4 6544

Beaucoup trop compliqué pour moi de passer à côté de rencontres qui ont façonné la naissance de Code Sport jusqu'à ce 31e numéro. Et qui perdurent encore affectueusement. En voici un florilège.

Le Prince Albert II et Sa poignée de main, longue et franche, lorsqu'Il a approuvé la création de Code Sport,  accompagnée d'un regard du même acabit. Il y a des honneurs qui font froid dans le dos. Car le message était aussi clair que silencieux. Et dans mon interprétation, cela voulait dire "sois à la hauteur !"

Yvette Lambin-Berti pour qui, derrière une apparence stricte, se cache une femme au cœur aussi grand que sont ses parcours professionnels et associatifs. "Plus haut, plus fort, plus vite" est au Comité International Olympique ce que la recherche de l'excellence est à Yvette.

Henri Rey est un homme droit comme l'exige sa profession, droit comme le meilleur moyen de parcourir un 18 trous de qualité. Chez lui, c'est noir ou c'est blanc. Et le seul gris qu'il s'autorise, c'est celui de la couleur de ses cheveux.

Luc Fringant écrit la partition de la sécurité du Prince depuis des années. Les clés de son parcours sont aussi harmonieuses que celles qu'il affectionne en privé. Qu'elles soient de Sol ou de Fa, tant que la musique est bonne…

Pour parler de ma rencontre avec Bettina Janin, je citerai St-Exupéry. "Les vrais miracles font peu de bruit."

Laurent Soler a le souci du détail qui en fait l'homme de toutes les situations. De nos trop rares rencontres, il en découle des conversations ouvertes et constructives, aussi profondes que les abysses qu'il affectionne....

Michel Aubéry n'est pas passé des crampons aux pinceaux, il est né avec cette spécificité. Une autre spécificité que j'affectionne chez lui, sa fidélité en amitié. Et ça, de nos jours…

Les quelques barrettes qui ornent la chemise de Philippe Rebaudengo sont positionnées sur des épaules de guerrier. Toujours là quand il peut. J'ai enfin réussi à comprendre son affection pour le MMA, qu'il pratiquait avec brio, mais pour son nouveau délire, le combat médiéval, c'est pas gagné...

Mike Tyson

Img 9421

C'est en aparté du Sportel 2014 que Mike Tyson est venu présenter son premier One -man-show. Les demandes d'interviews fusaient autour du phénomène. Parmi les mastodontes médias du monde, Code Sport Monaco a été sélectionné pour notre plus grand bonheur et étonnement. Nous arrivons dans une salle capitonnée où l'attaché de presse nous briefe :

- Éviter l'oreille de…

- Éviter les déboires juridiques de…

- Rien sur sa famille…

C'est enfin notre tour. La bête souriante, malgré un décalage horaire conséquent, tout comme son emploi du temps, répond à nos questions. Moulé dans un t-shirt blanc, ses bras, ses trapèzes, ses yeux brillants et son tatouage nous rappellent de ne pas transiger sur les consignes de l'attaché de presse. Seule sa voix douce, quasiment incompatible avec la morphologie et son regard attentionné sur son fils, gagné par la fatigue, nous font comprendre que l'humain était là. Après 25 minutes d'interview, deux molosses dans le même costume, ou alors ils n'étaient qu'un, nous font signe que c'est la fin. Je me suis attardé sur la poignée de main, la même qui a fait vaciller la planète boxe pendant tant d'années.

Jérôme Fernandez

P1110024

C'est lors de l'édition d'un Sportel que Jérôme Fernandez nous a accordé une interview. J'ai été surpris par la douceur de ce colosse malgré sa voix rauque. Il m'expliquait avoir pris la décision de quitter le club de Kiel pour le Toulouse HB car il souhaitait se rapprocher de sa maman qui souffrait d'une maladie dont l'issue était quasiment écrite. Sans dénigrer le Toulouse HB, le THW Kiel était à l'époque l'équivalent du Real Madrid en football. 

Mais le capitaine emblématique du handball français et meilleur buteur de l'histoire du handball n'en avait que faire. Les coupes, médailles et autres titres, en équipe nationale comme en club, ornaient déjà son histoire et ce retour, il ne le faisait pas à vide. J'ai apprécié son humilité et son objectivité quand nous avons parlé des footballeurs. Des salaires et de leur notoriété par rapport aux handballeurs. Après une photo en guise d'au revoir, il est reparti pour d'autres interviews et autant d'aventures. Et moi, je cherche encore qui ou quelle équipe nationale peut se vanter d'un tel palmarès. Comme l'homme n'est pas du style à se vanter, moi je cherche encore…

François Pienaar

Francois Pienaar Wi 1fa4412

C'est dans un hôtel à Selva di Gardena, où nous séjournions en famille pour des vacances d'hiver, que j'ai rencontré François Pienaar. C'est en claquant la porte de ma chambre que j'ai croisé cet individu dont le visage me parlait, sans pour autant réussir à mettre un nom dessus. C'est dans l'ascenseur, prévu pour 4 personnes mais devenu plus étroit vu sa morphologie, que la mémoire m'est revenue. C'était lui ! Le capitaine emblématique de l'équipe nationale de rugby championne du monde en 1995. Deux étages plus bas, j'avais battu ma pudeur et engagé la conversation. Du coup, nous avions pris l'habitude de discuter le soir, dehors, lui avec son cigare et moi avec mes yeux ébahis et une bière. De ses rapports avec Nelson Mandela jusqu'à l'historique demi-finale contre la France, en passant par Invictus, le film qui raconte cette tranche d'histoire qui a changé l'Afrique du Sud. 

"Nous avions l'avantage du terrain détrempé par un déluge mais la France a accepté de jouer. Le XV de France était supérieur mais notre motivation sportive et morale envers Nelson était bien présente." Un soir, notre conversation a été interrompue par un appel téléphonique (CNN il me semble). On lui demandait des nouvelles de Mandela qui luttait contre un mal aussi cruel que l'Apartheid. J'ai compris par sa réponse l'homme qu'il est. "Monsieur Mandela va aussi bien que possible...au vu des circonstances." J'ai su plus tard les liens amicaux que la famille Pienaar a avec la famille princière de Monaco, au point qu'il devienne un ambassadeur de la Fondation Princesse Charlène. Héros avant sportif ou sportif avant héros ? Je me suis longtemps posé la question. En fait, il est les deux en même temps. Et surtout, un grand homme.

Vincent Moscato

15307112910 8cb5e74de0 O

Moscato, Moscato, lui il m'a rendu fou ! Rendez-vous est pris au Grimaldi Forum, 30 minutes avant l'émission éponyme sur RMC. Notre Vincent national arrive deux minutes avant l'antenne, le crâne encore embrumé de la journée qu'il venait de passer à Toulon avec son pote Bernard Laporte. Il s'excuse en vitesse et me propose un autre rencard le lendemain au "Faireminte". J'en déduis le Fairmont à 11 heures. J'arrive le lendemain et me présente au guichet d'accueil. "Monsieur Moscato vous attend au -1 au salon de coiffure." 

Arrivé en bas, nos regards se croisent à l'aide du grand miroir. "Ah salut ! Tu veux faire l'interview ici pendant que je me fais faire une coupe ?" Je lui ai quand même fait remarquer que ses qualités capillaires incitaient plus à une coupette qu'autre chose. Dans un éclat de rire digne de l'ovalie, il demande plutôt au coiffeur un rasage de barbe. Quinze minutes plus tard, nous voilà rendu dans les salons feutrés du Fairmont pour cette sacrée interview, parce que "Man donné, il faut y aller." Et là, du grand Pompon. Son rugby qu'il évoque avec nostalgie par rapport à celui de maintenant, son président Max Guazzini qui un soir de finale a fait fabriquer grandeur nature une réplique de Dalida et a insisté pour que l'équipe entonne une chanson de la star. 

De sa vraie passion pour la boxe et de ses 5 combats. Du film "Le fils à Jo" et son goût pour le one-man-show (qu'il a réalisé depuis avec succès). Et surtout du respect qu'il a pour son épouse, qui fait aussi office de maman, agent, conseillère, etc ("un vrai couteau suisse"). A la fin de l'interview, les yeux rougis par les éclats de rire, il me fait part de son attirance pour Monaco. "Tu sais quoi ? J'achèterai bien un petit pied-à-terre ici… J'aime bien." Il s'en est reparti, short (années 80), marcel en coton là où on croise plutôt du cachemire et de l'alpaga, avec le journal Monaco-Matin que j'avais pris soin d'ouvrir à la rubrique "Annonces immobilières". Quelques pas plus loin, après avoir parcouru les premières offres, il se retourne et me lance, "Oh, ils sont gaga ? !

Moscato est à mes yeux un exemple de reconversion réussie avec brio, sans qu'il ait changé quoi que ce soit à ce qu'il est. Tout sauf un "Flan Mireille." 

Publié le

Vous aimez cet article, partagez-le :

   
Photos