Les jeunes ont pris la relève

La délégation de la cité-État princière s'était envolée pour Mersin en Turquie, afin de participer à la dix-septième édition des Jeux méditerranéens. L'occasion de se frotter au haut niveau international, sans rougir.

Forts de leur participation aux Jeux des petits États d'Europe (JPEE), qui se sont déroulés en mai, le fidèle chef de mission Raymond Gnutti et son acolyte Sébastien Gattuso ont repris leurs sacs à dos et sont repartis pour un tour. La grande différence, c'est qu'aux Jeux méditerranéens on ne peut engager que des sportifs monégasques pure souche et plus ceux des villes limitrophes comme aux JPEE.

C'est de cette manière que du 20 au 30 juin, les deux hommes ont embarqué avec onze athlètes rouge et blanc, ainsi que leur staff d'entraîneurs et de kinésithérapeutes. Le tout, sous l'égide d'Yvette Lambin-Berti, secrétaire générale du Comité olympique monégasque.

Dans le rétro des chefs d'équipe

Dans son histoire, Monaco a participé à douze éditions de ce rendez-vous international qui a lieu tous les quatre ans. Ses engagés y ont obtenu deux médailles. La première fut décrochée à Naples, en 1963. Gérard Battaglia et Jean-Pierre Crovetto avaient ramené le bronze en voile, dans la catégorie Snipe (gros dériveur). Puis en 2009, Yann Siccardi fit la fierté de son pays en judo, dans la catégorie des moins de 60 kilos. Le jeune Monégasque avait regagné le pays avec une médaille d'argent autour du cou.

"Notre objectif de départ, c'était de faire bonne figure malgré tout, face à des géants. Nous n'étions plus aux JPEE. Là, il y avait des équipes olympiques, la France, la Grèce, l'Italie... De grands pays en somme. Nous ne jouions pas du tout dans la même catégorie", admet Raymond Gnutti. 3 500 athlètes venant de vingt-quatre pays ont pris part à la compétition, composée de vingt-neuf disciplines. "Il était important que nous soyons présents dans différents sports. Et au final, nous avions onze athlètes dans neuf sports." Pas peu fier, le chef de mission.

Taekwondo

Anouk Doria - moins de 49 kilos, 1 combat perdu (7-6)

Kellian Platto - moins de 68 kilos, 1 combat perdu (10-7)

"Jeudi matin, j'étais prête à partir pour l'entraînement et la pesée, quand madame Lambin-Berti m'a annoncé que j'allais être le porte-drapeau de la délégation. J'étais très surprise et heureuse, en plus j'étais la seule fille du groupe", racontre la taekwondoïste Anouk Doria. "J'étais fière de représenter Monaco pour la première fois aux Jeux méditerranéens. Le seul ennui, c'est que je revenais juste de la Coupe du monde francophone au Vietnam, où j'ai fait une médaille de bronze. Et je n'avais pas eu de repos entre temps", déplore la jeune femme de 21 ans.

Engagée dans la catégorie des moins de 49 kilos, elle est tombée contre une Andorrane. "Elle faisait beaucoup d'antijeu et fuyait. J'avais du mal à canaliser ça." Le combat était éliminatoire et l'aventure s'est arrêtée là. Alors, Anouk a eu le plaisir d'aller soutenir d'autres athlètes de la délégation. Notamment Kellian Platto, taekwondoïste lui aussi.

Dans les moins de 68 kilos, il a affronté un combattant de Saint-Marin et s'est incliné 10-7. Pourtant, le rouge et blanc était bien parti. Mais son adversaire, plus grand, avait plus d'allonge et a pris le dessus. "J'ai eu de bonnes situations, j'étais pas trop lourd sur mes jambes et j'ai perdu de peu, à cause d'un coup de pied qui n'a pas assez compté. Peut-être aussi par manque de concentration et d'écoute de mon coach", rapporte, fairplay, Kellian Platto auprès de Monaco Info.

"Mais le village ressemblait vraiment à un village olympique et c'était génial. Puis c'était agréable d'être en groupe parce que d'habitude on fait nos compet' plutôt seuls", ajoute Anouk Doria.

Aviron

Quentin Antognelli - Mathias Raymond : Finale, 5e

Quentin Antognelli, 18 ans, est encore sous le charme de ses premiers Jeux. "Nous étions avec notre entraîneur, Charles Imbert. Raymond et Sébastien nous ont emmenés au village numéro 2 dans la ville d'Adana où il y a le plan d'eau, à 1 h 30 de Mersin. Tout était très bien organisé", raconte le garçon. 

"Le premier jour, on était tout seuls dans le village. Les épreuves d'équitation avaient été annulées et les équipes de handball arrivaient quelques jours plus tard. L'ambiance était super, on a bien sympathisé avec les organisateurs."

Mathias Raymond, pour qui c'était la troisième participation après 2005 et 2009, était ravi de faire découvrir cela à Quentin. "C'est génial qu'on arrive à assurer la continuité entre les athlètes de haut niveau. C'est important de passer le relais. On avait pu faire quelques compétitions avant et on avait gagné en cohésion", explique-t-il. Mais tous deux s'accordent sur la difficulté d'être face à une si grosse concurrence. 

Ils étaient cinq engagés. Avec eux, l'Italie (championne d'Europe 2103), l'Égypte, la Slovénie et la Serbie. "Lors de la course préparatoire, on a fini quatrièmes. Pas loin des Égyptiens, à plus de cinq secondes. Une troisième place en finale était envisageable", poursuit Quentin. "On y est allés à fond. On a lutté avec nos armes. Mais nous sommes un équipage jeune comparé aux autres, puis on a négligé quelques détails et on est passés à côté de notre finale. On n'a pas retrouvé nos sensations", rapporte Mathias, un peu déçu.

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