En terrasse avec Juha Kankkunen

Hors circuit mais pas sans carrosse 

Le quadruple champion du monde a presque raccroché, lui. Après plus de vingt ans de route, le corps a dit stop. Il reste tout de même "cobaye" pour le plaisir. 

"Il y a deux mois, je me suis fait opérer du dos pour la deuxième fois. Mais je travaille toujours dans le monde de l'automobile. Pour Volkswagen notamment. Cela fait cinq-six ans que j'attends que l'écurie participe au Ice racing (une course sur rivières et lacs glacés). Je travaille aussi pour Bentley. Je m'occupe de la promotion, du programme de conduite sur glace, des records de vitesse... Il y a beaucoup à faire. Je teste les voitures avant qu'ils les fassent conduire à d'autres", lâche-t-il dans un rire explosif. 

Bon, parfois, le naturel revient au galop... "En 2010, j'ai refait un rallye, oui. Et j'ai terminé huitième, dans les points. C'est pas trop mal. Je me suis surpris moi-même. C'était juste pour prendre du plaisir et voir comment les jeunes pilotent. Mais la plus grosse partie de la compétition se déroulait entre Kimi Räikkönen et moi. Je voulais voir s'il était bon là-dessus. Mais je le bats. Je lui ai dit de retourner à la F1", plaisante-t-il. 

"C'est son sport et il est très doué. Si tu passes des années sur l'un, tu ne peux pas passer à l'autre. J'ai essayé la Formule 1. Après ça, j'aimais encore plus le rallye. J'ai trouvé cela ennuyeux de faire le même parcours à chaque fois." 

"On approche moins facilement
les pilotes qu'avant"

En se laissant aller aux comparaisons, on constate que l'esprit n'est pas le même selon le genre de compétitions. "La différence, c'est que la F1 et plus généralement la course auto sont des sports de contact. En rallye, tu te bats contre le chrono. Un peu contre les autres aussi, c'est vrai. Mais tu ne te bagarres pas. Il n'y a pas de choc de carrosserie sur la piste pour passer devant l'autre. Les liens entre les pilotes sont plus forts dans le monde du rallye que dans celui de la Formule 1."

"Malheureusement, aujourd'hui, on approche moins facilement les pilotes. Il y a davantage d'encadrement autour de nous. Avant, c'était plus ouvert. Ce que les gens aiment, c'est de pouvoir venir vers nous et nous dire un petit mot avant ou après une course", regrette Kankkunen. 

"Des fois, des petits te regardent avec de grands yeux. J'aime bien leur dire de venir voir comment ça se passe. Tu ne sais pas. C'est peut-être un futur champion. A l'image de Sébastien Ogier qui venait me voir lorsqu'il avait neuf ans, au rallye de Monte-Carlo. Moi je ne m'en souviens pas. C'est lui qui m'en a reparlé par la suite."

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