Sportel, première !

Le Sportel va, cette année, fêter sa trentième édition. Lancé en novembre 1990, le salon du sport et de la télévision a débuté timidement avant de s'affirmer comme la plaque tournante du négoce de droits télévisuels et d'échanges autour du sport et de la télévision. 

Voilà une chose que Charles Aznavour aurait pu inclure dans son célèbre titre sur ce que les moins de 20 ans ne peuvent pas connaître. Je vous parle là d'un temps où le Grimaldi Forum n'existait pas et où de salon dédié au sport il n'était pas encore question. Ou presque. Car, au début des années 80, celui qui était alors, entre-autre, chargé de communication sur le Festival International de Télévision de Monte-Carlo (FITMC), soumet une idée, un jour, au comité directeur. "Durant une réunion du comité du FITMC, Georges Bertellotti a suggéré de créer un prix récompensant les meilleures images sportives de l'année en cours", raconte Gilles Noghès, ancien directeur du Tourisme et des Congrès et alors secrétaire général du Festival de Télévision. Et si le comité a finalement rejeté sa proposition, Bertellotti avait, sans le savoir à ce moment-là, créé ce que seraient quelques années plus tard les Podiums d'or (qui portent d'ailleurs aujourd'hui son nom). 

Sur le modèle du festival télé 

Cet écueil n'a cependant pas annihilé les intentions de cet ancien correspondant pour le journal L'Équipe. Bien au contraire. Il lui a fallu attendre quelques années, lorsqu'en 1987, tout bascule. Lors de son congrès à Colorado Springs, l'Association Générale des Fédérations Internationales de Sport (AGFIS), dont le siège est à Monaco, a donné son feu vert à ce projet. "Dès lors, Georges Bertellotti n'a eu de cesse de le mener à bien", glisse Gilles Noghès. S'il n'est pas si simple à mettre en place et représente un certain coût, cela prend trois ans à Bertellotti pour lancer cette manifestation qui vit encore aujourd'hui, le Sportel. Moins imposant que ce qu'il est désormais, le salon du sport et de la télévision dans sa première mouture a annoncé le succès qui en ferait un mastodonte de la place. 

1991 Juan Antonio Samaranch Prince Dr Un Yong Kim

Organisé en même temps que le 24e congrès et AG de l'AGFIS, deux axes principaux ont animé le Sportel. Un symposium, dont la thématique s'avérait annonciatrice du futur (''La télévision, danger ou soutien pour le sport), et un salon donc, où les acteurs de l'audiovisuel et du sport se rencontraient. "Dès la première année, il y avait cette partie marché, sur l'achat des droits sportifs, avec 15 stands et 121 participants pour 19 pays", rappelle Amparo Di Fede, directeur financier et administratif de Monaco Mediax et qui a rejoint l'aventure Sportel quelques années après, en 1994. Gilles Noghès se souvient d'ailleurs de la présence "d'une télé ou une radio russe, ils étaient assez isolés", glisse-t-il, rieur. "On était installé dans le Loews (actuel Fairmont) et, comme pour le Festival Télé, dont le marché se trouvait là, on avait les stands dans les chambres sur un étage", précise Noghès. 

Des soutiens de poids

Si le symposium et les échanges commerciaux ont rythmé les trois jours (1er, 2 et 3 novembre 1990), un autre moment a marqué cette première : le rendez-vous entre les représentants de la presse et Juan Antonio Samaranch, alors président du Comité International Olympique (CIO). Car pour son lancement, le Sportel a pu compter sur des soutiens d'envergure, à l'image de ceux du Prince Albert II, qui accepta d'en être le président d'honneur, tout comme Un Yong Kim, alors président de l'AGFIS. De quoi lui apporter, aussi, une certaine légitimité à une époque où ce genre de manifestation n'existait pas. "Ce principe du symposium, un thème choisi, toujours autour de la télévision et du sport, ce sont ces grands débats entre personnalités du sport et de la télévision qui ont fait le succès de Sportel, car ça n'existait pas", note Amparo Di Fede. 

1991 Photo Groupe

Et le succès a été immédiat, puisque dans le Sportel News, journal officiel de la manifestation, la deuxième édition du salon était annoncée alors que la première n'était pas terminée. Hervé Zorgniotti, membre de l'équipe rédactionnelle, se rappelle de la mise en place de ce journal. "La recette était d'avoir un bulletin interne qui permettait aux délégués de Sportel de savoir tout ce qui se passait et d'avoir une portée un peu plus commerciale, en faisant découvrir les exposants et cela permettait aux acheteurs d'avoir un document avec les spécifications de chaque société. La pierre angulaire était quand même le marché, comme pour celui du Festival Télé, et Georges Bertellotti était bien ancré dans certaines institutions, il pouvait faire intervenir des personnes d'importances du sport sur des sujets internationaux".

Evolution constante

Le Sportel, dès sa deuxième année, innovait alors avec cette cérémonie des podiums d'or, récompensant les plus belles images de sport. Pour ce faire, un jury, composé d'acteurs du monde sportif et de l'audiovisuel. Et pour montrer l'importance de la manifestation, il suffit de jeter un œil aux présidents de jury ayant officié au fil des ans. Le premier fut John Frankenheimer, réalisateur américain ayant signé quelques bijoux du 7e art (Le prisonnier d'Alcatraz avec Burt Lancaster, Un crime dans la tête avec Frank Sinatra ou encore Sept jours en mai). A ses côtés siégeaient des personnalités telles qu'Adolphe Drhey, qui avait vécu l'épopée de l'équipe de France de foot en 1984 de l'intérieur, ou encore le roi Pelé. Et les grands noms se sont enchaînés jusqu'à aujourd'hui. Et il se pourrait bien que pour sa trentième, Sportel réserve quelques surprises du 20 au 23 octobre prochains… 

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