Une histoire de tradition

2017 - Ferrari brise la malédiction

Seize ans. Cela faisait seize ans que Ferrari n'avait plus remporté un Grand Prix de Monaco. Il fallait alors remonter à 2001 et un succès de Michael Schumacher pour retrouver une image d'un pilote tout de rouge vêtu sur la plus haute marche du podium. Mais l'année 2017 a conjuré le sort. Hamilton éliminé en Q2 (13e place sur la grille, 7e à l'arrivée), les deux bolides au cheval cabré prennent la première ligne sur la grille de départ. Raikkonen devance Vettel de quelques secondes en qualifications et s'offre ainsi une belle chance de l'emporter. Le début de course est d'ailleurs plutôt ''calme'', le statu quo au classement étant de mise. Exception faite du milieu de peloton où une flèche grappille place après place au fil des tours, numéro 44 floqué à l'avant. 

Img 1875

Lewis Hamilton n'aime pas perdre et le fait savoir. Il en est de même pour le Finlandais de la Scuderia. Après avoir vu Vettel lui passer devant à la sortie des stands, il a aussi vu l'Allemand garder sa première place jusqu'à l'agitation du drapeau à damier. Et c'est avec la tête des mauvais jours qu'il est monté sur le podium tandis que son coéquipier fêtait de façon très démonstrative son succès. A noter également que cette édition fut le théâtre d'un accident spectaculaire, lorsque Jenson Button a provoqué la sortie de Pascal Wehrlein, ce dernier terminant voiture sur la tranche. Un accident sans gravité pour le pilote mais qui anima une fin de course où pas moins de 6 abandons sont intervenus après le 60e tour (sur 7 au total). Comme quoi, il se passe toujours quelque chose à Monaco. 

Quand le sort s'en mêle

Si les F1 trustent généralement toute l'attention du public durant le week-end, l'année 2017 a vu un intérêt plus prononcé qu'à l'accoutumée pour les F2. Il faut dire qu'au milieu de la horde de jeunes loups aux dents longues, il en est un attirant particulièrement l'attention. Numéro 1 sur le nez de la voiture, Charles Leclerc, pilote monégasque alors âgé de 19 ans. Doué, beau gosse, mature, habile face aux médias, le ''petit'' Charles a déjà tout pour plaire. Et une forte cote de popularité à la maison. Leader du championnat (qu'il remporte à l'issue de la saison), celui qui a fait ses armes sur la piste de karting de Brignoles auprès d'un certain Jules Bianchi ne manque pas de faire le show. 

Img 0068

Très rapide lors des essais et qualifications, il brigue la pole position pour la course 1 (les grands prix de F2 se courent sur deux courses) au plus grand bonheur de ses (déjà) nombreux fans. La suite du week-end a cependant été plus délicate pour le futur pilote Ferrari. Après un arrêt au stand rapide, sa voiture a commencé à faire des siennes. Un problème technique à la roue avant gauche le pousse même à l'abandon… Le lendemain, pour la deuxième course, partant en fond de grille, on sent le bonhomme prêt à prendre des risques. Agressif en piste, il s'accroche avec Norman Nato (obligé d'abandonner) et sa voiture ne tiendra pas le choc puisqu'il sera lui aussi contraint de jeter l'éponge au 20e tour. Une première frustrante pour le garçon, annonciatrice de difficultés à domicile pour le petit prince des paddocks. 

2018 - Ricciardo enfin !

Daniel Ricciardo est le genre de pilote que tout le monde apprécie. L'Australien affiche un sourire permanent et diffuse la bonne humeur autour de lui. Jamais avare lorsqu'il s'agit de blaguer (l'excellente série ''Drive to survive'' sur Netflix, permet d'ailleurs de s'en rendre un peu plus compte), celui qui est également résident monégasque depuis quelques années a toujours eu une très forte envie de s'imposer à Monaco. D'autant qu'il est régulièrement passé près de réaliser cette performance. Notamment deux ans auparavant lorsqu'il avait perdu le Grand Prix sur une erreur de son team. Certains passent du rire aux larmes. Là, cela aurait pu être l'inverse. Mais de larmes il n'y a pas eu, ni d'erreur, d'ailleurs. Il existe des jours où vous êtes intouchable. 

Ap 1vsx12f452111 Hires Jpeg 24bit Rgb

Ce week-end-là, Daniel Ricciardo l'était. A aucun moment ses rivaux n'ont paru en mesure de venir l'empêcher de remporter ce Grand Prix qui manquait à sa collection. S'il a amélioré cette année-là tous les records sur piste, seul celui en course lui a résisté, (Max Verstappen a battu celui de Schumacher avec un temps de 1'14''260 contre 1'14''439 pour l'Allemand). Le dimanche, il a continué sur sa lancée, observant tranquillement dans ses rétroviseurs la lutte pour les places d'honneur. Même la perte de puissance de sa voiture après le premier tiers de course n'a pas semblé l'atteindre. Et c'est en vainqueur qu'il a franchi la ligne, se dressant ensuite sur sa voiture, tête baissée et poing serré. La célébration tant attendue a ensuite eu lieu sur la barge Red Bull, où l'Australien s'est laissé tombé, bras en croix, large sourire sur le visage, dans la piscine de l'étage (comme Mark Webber avant lui) au milieu d'une foule de nombreux chanceux. 

Leclerc, première en F1

C'est sous les couleurs de Sauber que Charles Leclerc a vécu son premier Grand Prix en F1. Et, comme l'année précédente en F2, le sort a décidé de lui jouer un mauvais tour. Vingt-quatre ans après Olivier Beretta, la Principauté observait le troisième pilote monégasque de Formule 1 s'élancer à domicile. Très sollicité mais aussi très disponible, le bonhomme sait faire la part des choses dès lors qu'il s'agit d'enfiler la combinaison et d'entrer dans l'habitacle. Qualifié en Q2, il signe le 14e temps, une performance plus qu'honorable. 

Img 1048

Et le place idéalement pour tenter quelque chose. Talentueux, Charles l'est. Assurément. Et l'a prouvé à de nombreuses reprises. Ce jour-là aussi. Proche d'entrer dans les points, il ferraille dur avec Brendon Hartley. Le Néo-Zélandais défend sa position bec et ongle, mais Charles ne lâche rien. Et, comme l'an dernier, un souci mécanique est venu perturber le bon déroulé de la course. Au 72e tour, le disque du frein de la roue avant gauche explose et Leclerc ne peut éviter l'impact. Et un nouvel abandon sur ses terres… 

Vous aimez cet article, partagez-le :

   
Photos