Grand Prix de Monaco - Rosberg, prénom Nico

Trente ans après son père, Keke, Nico Rosberg a inscrit son nom au palmarès du Grand prix de Monaco. Au volant de sa Mercedes, l'Allemand a dominé durant l'ensemble du week-end. Sur le podium, il était entouré par les deux Red Bull de Sebastian Vettel et Mark Webber. Derrière eux, les rebondissements auront été nombreux.

Cela fait une paye que le garçon au doux sourire est présenté comme un talent brut, un pilote capable de bousculer la hiérarchie pour s'y installer très haut. Mais au fil des années, entre coups d'éclats et déceptions, l'ex-futur grand espoir n'avait jamais vraiment pu confirmer tout le bien qui se disait de lui. L'arrivée du champion du monde 2008, Lewis Hamilton, aurait pu être le coup fatal, celui qui l'aurait définitivement relégué à l'arrière-plan. 

En s'imposant sur le circuit de Monaco, au terme d'un week-end maîtrisé de bout en bout (Rosberg a réalisé le meilleur temps à chaque séance d'essais libres, a signé sa troisième pole consécutive de la saison et a occupé le premier rang pendant 78 tours le dimanche), celui qui a grandi à quelques centaines de mètres du circuit princier, a certainement franchi un cap. 

En 1983, son père, déjà sacré champion du monde l'année précédente avait gagné ici (sur une Williams-Cosworth, devant Nelson Piquet et Alain Prost). En conférence de presse, le fiston affichait une mine réjouie. "Tout s’est passé parfaitement. J’ai un peu raté mon départ, mais je m’en suis bien sorti. La voiture était très efficace et les pneus ont bien résisté, c’était vraiment la clé de cette victoire."

L'autocritique d'Hamilton, la poisse de Massa

Outre les pneumatiques, d'autres paramètres ont compté lors de cette 71e édition du Grand prix de Monaco, durant laquelle Rosberg aura su mener intelligemment et gérer son avance en patron. Parti à ses côtés sur la grille, Lewis Hamilton a été éjecté au pied du podium par Vettel et Webber. A l'arrivée, le Britannique reconnaissait avoir flanché. 

"Je ne mets pas cela sur le compte de la malchance. Je n’étais pas assez bon ce week-end. L’erreur est à mettre à mon crédit aujourd’hui. On m’a dit de garder six secondes d’écart avant d'entrer dans les stands. J’avais un petit peu plus que ces six secondes, et j’en suis sorti perdant." Depuis son succès en principauté, en 2008, cette quatrième place est en revanche le meilleur classement obtenu ici par Hamilton.

Felipe Massa, lui, est encore moins bien loti. Il n'a jamais gagné à Monaco et il n'a pas pu boucler plus de 28 tours cette année. Comme lors de la troisième séance d'essais libres, le Brésilien a été victime d'une grosse sortie de route à Sainte-Dévote. 

Le premier incident, résultant d'une erreur de trajectoire, avait empêché le pilote Ferrari de participer aux qualifications (sa voiture n'avait pu être réparée à temps). Le second semble être la conséquence d'un problème de suspension à l'avant de sa monoplace. Parti des stands le dimanche, Massa a fini la soirée à l'hôpital pour y subir des examens. Un week-end noir pour lui.

Chocs en stock

Son crash a eu pour effet de figer les positions, après l'entrée en action de la voiture de sécurité, jusqu'à la mi-course. Juste après le crash de Massa, c'était le rush dans les stands pour toutes les équipes qui n'avaient pas encore changé leurs pneumatiques. 

Les gommes Pirelli, qui déterminent régulièrement la stratégie des écuries, allaient prendre une place moindre à Monaco, où la piste est plutôt moins abrasive qu'ailleurs et où la température n'est pas extrême.

Au 45e tour, c'était un accrochage entre Pastor Maldonado (Williams) et Max Chilton (Marussia) après la chicane qui paralysait totalement le Grand prix. Une barrière TecPro se retrouvait en travers de la piste et le malheureux Jules Bianchi, qui espérait voir le drapeau à damiers pour sa première participation, brisait l'aileron avant de sa Marussia (il repartira, puis abandonnera au 60e tour, après avoir tiré tout droit à Sainte-Dévote). Le drapeau rouge était agité par les commissaires, et les hommes de piste s'activaient pendant 25 minutes pour réparer les dégâts. 

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