Grand prix de Monaco : Un 78 tours mythique

Un tour avec Thierry Boutsen

Thierry Boutsen se souvient par cœur du tracé de Monaco. Avec ses 163 départs en Formule 1, l'ancien pilote belge de 56 ans a arpenté le bitume de la Principauté à neuf reprises.

Boutsen a fait ses débuts chez Arrows en 1983, s'est offert son premier podium en 1985 et a remporté trois victoires en 1989 et 90 avec Williams-Renault. Il a finalement déposé les gants estampillés Jordan Grand Prix en 1993. Reconverti dans la vente et le rachat d'avions, il gère la société Boutsen aviation, basée à Monaco. De tête, il décrypte les virages du circuit le plus lent de la saison, comme s'il y était.


Départ

Le départ est compliqué parce que la route se resserre rapidement et se transforme en goulot d'étranglement. Il faut faire attention à ce qui se passe autour de soi et éviter de prendre des risques. On est quatre de front. Soit on laisse le passage aux autres, soit on le force. C'est un endroit où on peut facilement perdre la course. 

Sainte-Dévote

Le virage de Sainte-Dévote est délicat. Il faut freiner en courbe. Il n'y a qu'une échappatoire, c'est le parking. Les pavés y sont très glissants. Ensuite, toute la montée se prend à fond. Arrivés en haut, on est à 270 kilomètres/heure.

Casino

On arrive au Casino relativement vite. Il y a un très grand freinage sur une zone de quinze mètres. On ne touche presque pas le sol tant la voiture est délestée de sa vitesse. On rétrograde de trois rapports. C'est un virage très intéressant en terme de stratégie et de technique. Les pilotes s'approchent du rail à l'entrée, s'en écartent, puis s'en rapprochent à nouveau à la sortie pour préparer le tournant suivant. On passe à trois centimètres des rails. Si on touche, on casse la voiture, et si on laisse dix centimètres d'espace, on perd un dixième de seconde. Il faut trouver le bon compromis entre vitesse et sécurité. Ensuite, on fait le tour de la place en sens inverse.

Mirabeau

Le freinage du Mirabeau est délicat. On arrive vite et on doit freiner fort. On peut facilement bloquer les roues. Mais c'est l'un des deux endroits, avec la sortie du tunnel, où l'on peut dépasser.

Fairmont

À l'épingle du Fairmont, il faut bien se placer car le rayon de braquage est limité en Formule 1. Si on braque un peu trop tard ou un peu trop tôt, on perd du temps. C'est un endroit où les voitures passent doucement, à 50 ou 60 km/h. On y passe plus vite en scooter qu'en F1. La sortie de l'épingle est très importante. Si la voiture est dans le bon axe, on peut prendre beaucoup de vitesse et atteindre les 140 ou 150 km/h. Il ne faut pas non plus trop accélérer car le virage suivant arrive vite.

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