Terre Blanche : l'Eden du golfeur

Jean-Jacques Rivet est le créateur du concept de la biomécanique appliquée au sport. Le principe : la performance du geste et l'amélioration sans borne. Il enseigne cette pratique à l'Université d'Aix-Marseille, département ingénierie du sport, pépinière dans laquelle il a sélectionné son jeune collaborateur de Terre Blanche, Jean-Paul Fernandez. Le directeur du Centre Biomecaswing revient sur l'origine de ce concept.

Comment définissez-vous la biomécanique ?

Il y a deux sortes de biomécaniques. Celle fondamentale, qui est basée sur la recherche de ce que le corps est capable de faire, et la biomécanique appliquée dans laquelle on se sert de cette recherche pour donner des solutions à des athlètes qui souhaitent maximiser la performance de leur gestuelle. En golf, on cherche à savoir ce que fait le club sur la balle, et comment le corps contrôle ce que fait le club. Grâce à des caméras haute vitesse, des plateformes de force et des capteurs placés sur le sportif, nous pouvons visualiser le mouvement en 3D. On analyse tous les paramètres qui agissent sur le jeu corporel pendant le geste comme sa posture, les transferts d'appuis pendant la frappe, etc. On pourra par exemple dépister des problématiques d'ordre musculaire, qui interviennent automatiquement sur la difficulté à répéter un geste, et en tirer les solutions afin de corriger le tir. 

Quand avez-vous créé ce concept ?

En 1991, pour les golfeurs à l'origine. À l'époque, David Leadbetter était au courant de ce que je faisais pour la planche à voile, que je pratiquais à un assez haut niveau. Il avait eu vent des records du monde de vitesse que l'on avait réalisés entre 1989 et 1990. Il y avait systématiquement un suivi de chaque sportif. J'avais deux casquettes, j'étais athlète et biomécanicien pour le team. Chaque compétiteur avait un matériel adapté à son morphotype. David Leadbetter avait alors une académie à Mandelieu, il a souhaité me rencontrer et m'a demandé de venir aux États-Unis pour suivre des joueurs comme Ian Poulter, Lee Westwood ou Justin Rose.

Cela a fonctionné...

Oui, j'y suis allé, j'ai suivi ses athlètes, et on a augmenté leurs performances. David Leadbetter m'a dit : "Jean-Jacques, il faudrait que tu conceptualises ce que tu fais avec ces athlètes pour pouvoir l'offrir à tout joueur."

Quel est votre rôle sur le site de Terre Blanche ?

Je dirige le département performance et biomécanique pour le PGA European Tour, qui est le circuit professionnel de golf. Quand je ne suis pas sur le Circuit Europeen pour suivre les meilleurs joueurs du Tour, comme certains joueurs de Ryder Cup qui suivent un programme spécifique, je suis basé à Terre Blanche. Durant l'année, ils viennent ici et apprécient la structure parce que nous avons tout ce qu'il faut. Des joueurs du US PGA Tour viennent nous voir,  par exemple Matt Kuchar (numéro 3 mondial), avant le British Open.

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