Victor Dubuisson dans la cour des grands

Auteur d'un véritable exploit durant le Turkish airlines open, Victor Dubuisson pointe ce matin à la 39e place du classement mondial. Un pas de géant pour le représentant de l'Old Course Cannes-Mandelieu, qui va désormais pouvoir tenter sa chance dans les plus grands tournois de la planète golf. Retour sur l'ascension d'un joueur que les puristes suivaient attentivement depuis des années.

Jamais un Français n'avait aussi bien figuré au ranking mondial. En 2005, Thomas Levet avait atteint la 41e position. A seulement 23 ans, Victor Dubuisson a fait un grand bond dans la hiérarchie. Sa victoire magistrale lors du Turkish airlines open  lui a permis d'avancer de 59 places.

Longtemps catalogué comme un grand espoir, le natif de Cannes (dont les parents sont Antibois) qui défend les couleurs de l'Old Course Cannes-Mandelieu (pas de jaloux, toute la Côte pourra revendiquer sa part de gloire), vient d'acquérir une tout autre dimension.

En dépit de son statut de numéro mondial chez les amateurs en 2009 (voir la vidéo ci-dessous), l'Azuréen, neveu du grand basketteur Hervé Dubuisson, a constamment dû faire face à un certain scepticisme à son égard. 

C'est en tout cas ce qu'il laissait entendre en avril derniers, dans la rubrique golf du Figaro.fr : "Je n’habite pas la France (il réside à Andorre, ndlr). Je ne côtoie pas la France. Et la majorité des Français passent leur temps à me critiquer. Je ne me sens pas supporté par la France."



D'Artagnan pour les uns, dilettante pour les autres

Reparti d'Antalya avec un chèque de 1 103 000 dollars en poche, Dubuisson a peut-être gagné autre chose : le respect de ceux qui n'ont eu de cesse de décrire le jeune prodige comme un garçon qui dilapide son talent par manque de conviction.

"Des fois, on dit que je ne m'entraîne pas. J'ai essayé de n'aller qu'au practice, de faire des longue séances de putting, de chipping… En fait, ça a complètement perturbé mon jeu. Le practice, ça m'ennuie. Certains appellent ça s'entraîner sérieusement. Moi, j'ai recommencé à faire 18 ou 36 trous tous les jours. Il n'y a que sur le parcours que je prends du plaisir."

Souvent critiqué, le Frenchy aux cheveux longs au petit bouc traversée d'une "mouche" est surnommé D'Artagnan par les médias anglo-saxons. Son style séduit, son côté hors-cadre surprend dans un milieu ultra-conformiste.

En route pour le British Open puis le PGA Tour

Capable de résister à la pression face à des joueurs du calibre de Ian Poulter, Tiger Woods, Justin Rose ou Henrik Stenson, Victor Dubuisson (qui avait commencé l'année au 139e rang mondial) va avoir l'occasion de se frotter plus régulièrement aux stars de la discipline.

Sa première victoire sur le circuit européen va lui ouvrir de nouvelles portes. Le Cannois disputera par exemple le British open à St Andrews, le plus vieux tournoi de golf du monde et l'un des quatre Grands Chelems. 

Il est également certain de s'aligner lors du WGC Bridegestone Invitational et du WGC HSBC Champions, deux épreuves comptant pour le championnat du monde. Et s'il parvient à se maintenir dans le Top 50 jusqu'à la fin de l'année, Dubuisson obtiendra également son ticket pour les Masters 2014.

L'Azuréen, qui rêvait des Etats-Unis depuis ses premiers pas sur un green, aura sans la chance de recevoir une invitation sur le PGA Tour. Sur son compte twitter (@vdubush), le Français a reçu les félicitations de plusieurs légendes, dont Colin Montgomerie et Gary Player.

Page 1/2

Vous aimez cet article, partagez-le :