Le gymnaste antibois Samir Aït Saïd champion d'Europe

Le 20 avril à Moscou, le gymnaste de l'Olympique d'Antibes a été sacré champion d'Europe aux anneaux. Une formidable récompense pour celui qui avait dû renoncer aux JO de Londres l'an dernier, en raison d'une blessure.

Une "Marseillaise" qui retentit, un petit bout de métal précieux qui trône sur le torse. Et quelques larmes qui troublent le regard aussi. Dans la tête, sûrement beaucoup d'émotions qui s'entrechoquent. Des moments qui reviennent. 
Ces milliers d'heures passées à régler un mouvement, à modeler chaque fibre musculaire. Cette réception mal assurée, cette fracture de fatigue du tibia. Et les rêves de gloire olympique brisés en quelques secondes. Aujourd'hui, avec l'or européen autour du cou, Samir Aït Saïd est prêt pour d'autres conquêtes.

Il y a un an, lors de cette même compétition, tu avais été victime d'une fracture du plateau tibial. Que s'est-il passé depuis ?

Je me suis fait opérer, on m'a placé une plaque avec six vis, j'ai dû m'arrêter complètement pendant six mois. C'était ma première grosse blessure. Cette période, elle m'a permis de souffler un peu, de faire le point. J'ai repris l'entraînement en novembre, avant de couper le mois suivant. En janvier, on m'a retiré les vis, avec un peu d'avance sur le protocole. Dans ma tête, le plus tôt était le mieux. 

Tu es allé aux JO de Londres, mais comme spectateur. Qu'est-ce que tu as ressenti quand tu as vu ton ami Hamilton Sabot décrocher le bronze aux barres parallèles ?

Ça m'a fait un peu mal au cœur au début, mais après j'étais heureux. "Hamil" méritait cette médaille, il a su saisir sa chance au bon moment, être au top le jour J, comme l'avait fait Benoît Caranobe à Pékin (médaillé de bronze au concours général, ndlr).

Dans quel état d'esprit étais-tu avant ces championnats d'Europe ?

Je n'avais pas énormément d'entraînement dans les pattes, mais je savais que j'avais déjà battu tous mes adversaires au moins une fois. Je voulais leur montrer qu'il ne fallait pas m'oublier trop vite. Je n'ai jamais douté, mais j'ai eu peu de temps pour me préparer. J'ai repris lors des Internationaux de France, où j'ai fini cinquième. Juste après, il y a eu les championnats de France, j'ai pu récupérer mon titre aux anneaux. Symboliquement, c'était important pour moi. J'ai cravaché pour revenir, pour gagner en force et en stabilité.

Comment as-tu vécu ce retour parmi les meilleurs ?

J'ai commencé par faire un mouvement correct pendant les qualifications, j'ai fini cinquième. Je savais que pour espérer monter sur le podium, il fallait que je gomme les petites erreurs que j'avais pu faire au début. Et j'y suis arrivé (avec 15,466, Samir Aït Saïd a obtenu l'or, ex æquo avec l'Ukrainien Igor Radivilov. Son coéquipier Danny Rodrigues s'est emparé du bronze).

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Photos

Palmarès international :

Champion d'Europe 2013 aux anneaux

Vice-champion d'Europe 2010 aux anneaux 
et vice-champion d'Europe 2011 au saut 
de cheval

Médaillé de bronze par équipe aux championnats d'Europe 2010

Vice-champion du monde 
universitaire 2011 aux anneaux

Champion d'Europe juniors 2006 aux anneaux


Palmarès national :

4 fois champion de France aux anneaux 
(2006, 2010, 2011 et 2013)

Champion de France par équipe 2010 

8 fois médaillé d'argent :
aux anneaux (2005, 2007 
et 2009)
au saut de cheval (2006 et 2011) 

par équipe (2009, 2011 et 2012)

Médaillé de bronze par équipe 2013