Thomas Hubener, du Pôle France à la magie du cirque

Habitué des gymnases où la magnésie flotte dans l'air, Thomas Hubener a appris à vivre sous le feu des projecteurs. Ancien compétiteur de haut niveau, l'Antibois parcourt le monde pour faire le show dans d'immenses salles chauffées à blanc. Un parcours "bigger than life" qu'il nous raconte.

Il n'y a pas si longtemps, il suffisait de faire quelques kilomètres pour rendre visite à Thomas Hubener. Pendant treize ans, on était quasi certain de le trouver du côté de Juan-les-Pins. Au gymnase Pierre-Brochard, plus précisément. La "salle de torture" où il a accumulé des milliers d'heures d'entraînement.

Aujourd'hui, pour lui serrer la paluche, il faut parcourir 9 555 kilomètres et suivre la direction de Macao. Autant dire que cela allait être compliqué à négocier avec notre chef…

C'est donc par Skype que Thomas nous a fait entrer dans sa deuxième vie. Une vie d'artiste menée à cent à l'heure, entre aéroports, hôtels cinq étoiles et salles mythiques. En 2011, Thomas a rejoint les 1 300 artistes engagés par le Cirque du soleil pour offrir des instants magiques aux spectateurs du monde entier. 

Au terme d'une saison durant laquelle il avait obtenu une médaille d'argent par équipe aux championnats de France et terminé 11e en individuel, l'Azuréen a tiré sa révérence, à 23 ans.

"On l'a vraiment pris à la rigolade"

"Ce n'était pas vraiment un choix facile, c'est sûr. Je sentais que je commençais à y arriver. Financièrement, ça allait. Je vivais encore chez mes parents et je coachais des petits à l'OAJLP."

Le jeune homme au regard bleu et à la voix fluette ne s'est pas jeté sans filet. En 2009, il avait déjà tapé dans l'œil des recruteurs du Cirque du soleil, lors d'une audition passée en compagnie de son frère, Mathieu.

"Au début, on l'a vraiment pris à la rigolade, on ne savait pas vraiment où on allait et on ne ressentait pas trop de pression. L'expression scénique, la danse, c'était nouveau pour moi. Au final, si tu arrives à te lâcher, à donner tout ce que tu as à l'intérieur, ça marche."


Un show en hommage à Michael Jackson
dans 66 villes nord-américaines

Le premier à quitter la Côte, ce sera Mathieu. Ancien membre de l'équipe de France de trampoline, il a intégré la troupe du plus ancien show du Cirque, "Saltimbanco". 

Un an plus tard, Thomas pliera ses bagages à son tour. "J'ai eu la chance de commencer avec un spectacle de malade", s'enthousiasme Thomas. 

"J'ai été sélectionné pour participer à la création de 'Michael Jackson the immortal world tour'. On a d'abord joué six mois à Montréal, puis on a tourné dans 65 villes des Etats-Unis, du Canada et du Mexique. On est passés par le Madison square garden à New York ou le Staples center de Los Angeles…"

Pour son baptême du feu, il se retrouve sur scène devant les 15 000 spectateurs du Centre Bell, l'immense salle dans laquelle évoluent habituellement l'équipe de hockey de Montréal, les Canadiens. 

"J'ai seulement essayé de penser à ce que j'avais à faire pour ne pas trop stresser. Finalement, ça passe très très vite quand tu es sur scène. Au début, j'était tellement concentré que je n'arrivais pas vraiment à profiter de l'instant. Ensuite, j'ai appris à apprécier ces moments."


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