Le Mister

Professionnel jusqu'au bout des ongles, véritable passionné de handball, Xavier Mangematin assume les casquettes de coach de la N2 et manager de l'AS Monaco Handball.

Je pense que je dois être un entraîneur casse-pieds (rires). Les joueurs en parleraient mieux, mais j'espère être rigoureux, compétent. En tout cas je suis passionné par ce que je fais. J'aime ça. Je suis exigeant avec moi et je le suis aussi avec eux. Ça créé des décalages par moments, parce que moi c'est mon métier, mais eux, non." En une réponse, simple, Xavier Mangematin se définit en tant qu'entraîneur. Une définition qui lui colle plutôt bien, lui qui voue une réelle passion à ce sport collectif. Dedans depuis son enfance, "j'ai débuté quand j'avais 8 ans et j'ai joué jusqu'à 22 ans", le natif de Beaune, près de Dijon (Bourgogne) n'a jamais lâché ce sport, même quand son corps lui a dit stop. Le jeu devait se terminer ? Qu'importe, c'est de l'autre côté qu'une nouvelle carrière l'attendait.

L'absence du groupe

Obligé de mettre un terme à sa carrière à 22 ans à cause d'une blessure au dos, l'ancien de Chalon-sur-Saône, où il a d'ailleurs fait la connaissance de Martin Cottarre (capitaine de la N2 de l'ASMHB), Xavier Mangematin s'est très vite tourné vers le métier d'entraîneur.  "Je pense que c'était le moyen de rester dedans. Quand tu ne peux plus jouer, tu te rends compte que tu as beaucoup de temps pour toi, que tu n'appartiens plus à un groupe, c'est très déstabilisant. Le terrain manque, le groupe aussi, donc au final tu te remets dedans mais d'une autre manière, tu n'es plus joueur mais entraîneur." 

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Véritable sport familial - son père et son frère sont atteints du même virus - le hand a donc happé le manager monégasque. "C'est un peu trop par moments, je pense, car même s'il y a d'autres choses dans la vie, ça prend quand même beaucoup de temps." Après des débuts comme préparateur physique, prendre une équipe avec des joueurs souvent plus âgés que lui n'a pas été un problème pour Xavier. "Il ne faut pas se poser la question de l'âge. C'est surtout la compétence qui est importante."

Bourreau de travail

"Il faut parfois le canaliser. Je passe mon temps à lui courir après pour dire "calme-toi". C'est un malade de travail", confie, rieur, Martin Cottarre. Observateur privilégié du coach de 32 printemps, celui qui est kinésithérapeute dans la vie connaît bien le manager. "Des fois il a des excès de professionnalisme, mais il est hyper exigeant, pointilleux, il aime bien être derrière nous. Lorsque j'étais blessé la saison dernière, j'étais parfois sur le banc à lui dire de se calmer (rires)." 

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Rigoureux et professionnel, mais surtout compétent, comme l'explique Cottarre. "Il nous apporte sa rigueur et son professionnalisme, il est hyper passionné, il vit handball et vit pour le club. Malgré quelques problèmes qu'on peut rencontrer, il essaye de positiver. Des fois il se frustre et fait la tête, mais il arrive toujours à rebondir. Il amène aussi beaucoup de diversité dans ses séances parce qu'il les bosse énormément et pour nous, joueurs, c'est super riche." Un travail et une remise en question qui sont perpétuels chez l'entraîneur asémiste. 

Car comme il l'explique, ce sont avant tout les joueurs qui lui permettent de grandir. "Tu es jugé au quotidien, ton management,  la manière dont tu amènes les choses, tu apprends sur toi. Le niveau des joueurs t'oblige à évoluer. La première année où j'ai pris l'équipe ici, je n'avais jamais entraîné de seniors en tant qu'entraîneur principal. Avec des garçons qui viennent de D1 par exemple, tu es obligé d'être meilleur, d'être compétent, sinon ils ne t'écoutent pas, tu n'es pas crédible. Donc ça pousse à être meilleur.Un acharné on vous dit.

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