Aldric Cassata, la force tranquille

Souvenirs

Malgré la difficulté, Aldric Cassata sent que c'est une étape importante pour réussir. Il lui faudra un an et demi pour atteindre un bon niveau. 

En 2007, on lui propose un combat de MMA en Suisse. Il accepte et gagne au troisième round. Trois semaines plus tard, il affronte un adversaire qui s’apprête à partir pour l'UFC (la plus grande organisation du monde en MMA). Le combat se passe mal il s'incline au deuxième round.

Pour trouver des adversaires, le Niçois n'hésite pas à écumer les forums spécialisés et même à traverser la Manche. C'est en Angleterre qu'il se fait repérer par une organisation, le Cage Gladiator. Il signe pour trois combats mais n'en dispute que deux car la compagnie fait faillite. 

Au retour de son expérience anglaise, une période de six mois de galère suivra avant qu'un promoteur lui propose de combattre en Italie pour le premier événement MMA du pays à Pise. Pour Aldric, c'est une joie, d'autant qu'il sera aligné pour le combat phare de la soirée. Résultat ? Cinglant, il terrasse son adversaire en deux minutes. "Mon plus beau souvenir encore aujourd'hui".

Mma Nice 010

Voyageur

Après un combat en Belgique, qu'il remporte contre Xavier Gatez, champion du monde de kickboxing, il prend la décision de s'envoler pour le Brésil, pour se perfectionner en jiu jitsu et surtout baigner dans une autre culture. Il y restera six mois.

A son retour en France, l'homme au regard sombre a toujours la bougeotte. Sur un forum, il répond à l'annonce d'un Américain qui cherche un sparring-partner gaucher. Il s'envole pour Saint-Louis, dans l'Illinois. 

Contraint de rentrer au bout de trois mois pour des raisons de visa, il affronte en Suisse, le numéro 1 européen d'origine brésilienne, Fabio Nascimento. Les caméras de M6 sont là, mais il perd à la décision. "Un scandale, les trois juges étaient Brésiliens, et M6 n'a insisté que sur le moment où je casse la mâchoire de mon adversaire. Ma mère a vu ces images, c'était n'importe quoi"… La pilule passe toujours mal.

Dans la foulée, il repart sur le sol américain pour s’entraîner avec les plus grands, les stars de l'UFC comme Robbie Lawler ou Brian Foster. "On s’entraînait, mangeait, dormait ensemble. C'est là-bas que l'idée d'ouvrir un sport bar en France m'est venue à l'esprit."

Longévité

Descendu dans la catégorie des 70 kilos en optimisant sa masse musculaire, grâce à la diététique, (qu'il a apprise dans les livres), il combat aujourd'hui sous le label "Cage Warrior", la deuxième plus grosse organisation derrière l'UFC. Il y a un mois pour son premier combat, il revenait de Dublin avec une défaite. Mais la décision est toujours en suspens. Son prochain rendez-vous est prévu en juin.

 

En parallèle, Aldric s'occupe de son club qu'il a ouvert en 2010 et qui compte aujourd'hui une centaine de licenciés dont une dizaine qui combattent en pro. "A nos débuts, on partageait une salle avec d'autres disciplines mais ça devenait trop difficile... En 2012, on a ouvert notre propre salle. On a fait appel à des professeurs de renom comme Michel Salvadori, champion de grappling et ceinture noire de jiu jitsu brésilien."

Aujourd'hui, celui qui bossait comme videur de boite nuit pour assurer ses fins de mois ne regrette rien. Il est même plutôt fier de ce qu'il a accompli. Le MMA a guidé sa vie et il compte bien lui rendre en faisant changer les mentalité sur son sport. 

"C'est un sport très technique, il faut une intelligence tactique, on ne se tape pas simplement dessus. L'expérience est un atout. 30 ans, c'est un bon âge en MMA. J'en ai 33 et je ne me suis jamais senti en aussi bonne forme. Je m'arrêterai vers 40 ans je pense."

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