Mare Nostrum, le très grand bain

Alexander Popov : "Monaco, un endroit très spécial"

Plus courtois que volubile, le quadruple médaillé d'or olympique (50 m NL et 100 NL à Barcelone 1992 et Atlanta 1996) nous a accordé une interview juste avant de suivre les finales du dimanche.

Polo bariolé, bermuda, mocassins en cuir. Entouré de sa femme et de ses deux plus jeunes enfants, il ressemble à n'importe quel touriste en goguette. Dans le public, ceux qui ne sont pas férus de l'histoire de la natation sont à mille lieues de se douter que ce grand gaillard aux fines lunettes figure en très bonne place au panthéon des sprinters. C'est tout sauf un problème pour celui qui préfère accomplir de nombreuses missions au CIO plutôt que d'occuper le devant de la scène médiatique.

Il y a 20 ans, vous battiez le record du monde dans ce bassin. Ressentez-vous quelque chose de particulier en revenant ici  ?

C'est toujours très agréable de venir à Monaco, c'est un endroit très spécial, tout le monde vous le dira. Le jour où j'ai battu le record du monde ici, je ne m'en rappelle pas en détail, pour être honnête. Je connais bien le sport et je savais que ce record serait battu un jour. Mais ça me fait plaisir de voir que personne n'a fait mieux dans ce meeting.

Vous aviez déjà amélioré deux marques mondiales en 1994, en petit bassin. Quelle importance le chrono établi à Monaco a-t-il eu pour la suite de votre parcours  ?

Cette performance a été réalisée deux ans après mes deux premiers titres à Barcelone et deux ans avant les deux autres à Atlanta. On peut dire que cela a été un bon point de repère, j'étais très fier de ce chrono.

À la fin de votre carrière, de quoi étiez-vous le plus fier, justement  ? De vos titres ou de vos records  ?

Les records, les titres… Vous savez, j'ai travaillé énormément pour ça. J'estime que je dois accorder autant d'importance et de respect à toutes les choses que j'ai réussies.

Votre fils aîné, Vladimir (17 ans), était en compétition hier. Quel est votre sentiment quand vous l'avez vu nager dans une piscine où vous avez brillé  ?

Il a ses propres buts, ses propres ambitions à satisfaire. Il n'était pas très content de ses courses (52"52 sur 100 m, le 43e temps des séries et 23"73 sur 50 m, soit le 22e chrono), mais j'ai trouvé que c'était bien. Moi, je ne lui parle jamais de natation. S'il me pose une question, je lui réponds, c'est tout. Pour le reste, il a un coach pour s'occuper de lui. Je me contente de venir m'asseoir en tribune et de regarder ce qu'il fait pendant les compétitions. Je pense qu'il doit faire son chemin.

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