Andrii Govorov, une tête bien faite dans un corps d'athlète

C'était l'une des têtes d'affiche, mais surtout un fidèle du Meeting International de Natation de Monte-Carlo, qu'il apprécie pour son tournoi de vitesse. A 27 ans, le sprinteur le plus rapide du monde en papillon (22''27) trace sa route avec un seul objectif : l'or olympique.

C'est son rendez-vous préféré du circuit. Parce qu’il se déroule en Principauté, un endroit qu'il apprécie, mais surtout parce que son tournoi de vitesse, la spécialité de l'étape, lui correspond. "C’est l’une des compétitions qui vous rendent meilleur. Elle est à élimination directe ce qui nécessite de se donner à fond. Et enchaîner les 50 mètres et les repos, c'est le meilleur entraînement". Et la formule lui réussit. L'an dernier, Andrii Govorov avait fait vibrer ses spectateurs en passant près du record du monde au 50 m papillon (il le réalise en 22''53 à un dixième du record mondial 2009), qu'il explosera finalement quelques semaines plus tard en 22''27 (Meeting des Sept Collines, Rome).

Du hoverboard aux bassins mondiaux

 Pourtant rien ne semblait prédestiner Andrii à une telle carrière, lui qui a commencé par le "hockey avec mon père, en Russie. Mais après le divorce de mes parents, nous sommes retournés en Ukraine avec ma mère et dans ma ville, il n'y avait que de la natation, du taekwondo et des échecs". Il expérimente les trois avant de finalement choisir la natation. Celui qui à l'époque voulait devenir constructeur "pour fabriquer le Hoverboard de Retour vers le Futur", affiche très vite ses ambitions : "devenir un athlète, mais pas un simple athlète, un champion olympique". Et il s'en donne les moyens. A 13 ans, il rejoint l’école olympique, une école d'Etat gratuite pour les sportifs âgés de 13 à 21 ans. Une étape cruciale, même si "quand on est encore un jeune enfant, partir sans ses parents, c'est très difficile". 

Bien lui en aura pris puisque la confirmation ne tardera pas. A 16 ans, en championnats d’Europe juniors, sa première compétition internationale, il s’octroie le titre continental et le record européen. Aujourd'hui, c'est au Brésil, d'où est originaire son coach, qu’il s'entraîne tout en continuant ses études. Car après avoir obtenu son master en sciences politiques, le nageur ukrainien (il a choisi de garder la nationalité ukrainienne après l'annexion de sa Crimée natale par la Russie en 2014) se consacre aujourd'hui à son doctorat sur le sponsoring sportif dans les anciens pays de l’Union Soviétique, une pratique encore peu développée qu'il souhaite faciliter au niveau législatif. 

L’or à Tokyo

S’il prépare déjà l'après et semble se prédestiner à une carrière politique, le nageur de 27 ans n'oublie pas pour autant ses objectifs sportifs. Après les derniers championnats du monde, c'est aujourd'hui des Jeux Olympiques 2020 qu'il rêve. La consécration ultime après son record du monde. "Un record, c'est dur, mais vous pouvez le faire à n'importe quel moment. Mais il n'y qu'une médaille d'or olympique tous les 4 ans. Il faut arriver dans sa meilleure forme, surtout en nage libre (le 50 m papillon n'étant pas au programme des Jeux)", rappelle l'Ukrainien, qui semble sur une bonne lancée. "Quand vous réalisez vos rêves, c'est comme une explosion. Le record du monde, c'était le moment le plus spécial de ma vie. Cela rend très confiant et encourage à continuer. Ce record m'a rendu précieux pour le pays aussi. Des gens importants en Ukraine ont commencé à me soutenir et ont confiance en mon autre objectif. Maintenant, je me sens libre, je sais que ma préparation est assurée". De quoi s'entraîner l'esprit serein et arriver confiant à Tokyo.

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