Lisa Pou championne de France sur 25 km !

Lisa Pou, la nageuse de l'AS Monaco natation, a été sacrée championne de France sur 25 km en eau libre hier à Jablines. Samedi, elle avait pris la deuxième place sur le 10 km.

5 heures et 19 minutes. C'est le temps qu'il a fallu à Lisa Pou pour parcourir les 25 km en eau libre, hier, à Jabline, pour s'adjuger un deuxième titre consécutif aux championnats de France sur cette distance. L'avant-veille, la jeune fille avait pris la médaille d'argent sur le 10 km. Fatiguée, mais toujours pétillante, la nageuse de l'AS Monaco natation revient sur sa performance. Avec humilité et humour, comme toujours.

Quel était l'objectif sur ces championnats de France d'eau libre ?

Je ne m'étais pas fixé d'objectif, j'y allais pour nager avec les garçons du groupe, pour me faire plaisir, parce qu'on ne savait pas vraiment où on en était, où en étaient les adversaires et je préférais ne pas me fixer d'objectifs particuliers. 

Enchaîner le 10 et le 25 km, comment vous sentiez-vous avant le départ ?

Je n'étais pas vraiment stressée. Étonnamment, j'ai pris la compétition pour y aller, revoir tout le monde, je voulais aussi bien faire. Je pense que j'aurais été déçue si je n'avais pas fait de bonnes choses, mais ça s'est bien passé, donc je suis plutôt contente et surprise de ce week-end. Parce que, physiquement, je ne me sentais pas très bien, rien que le fait de lever les bras avec la combinaison en néoprène, ce n'était pas simple. Je ne m'attendais pas à faire ce que j'ai fait, surtout sur le 10. 

La plus grosse surprise est venue du 10 km ? 

J'ai pas mal mené la course avec une russe (Anastassia Kirpitchnikova), et étonnement, j'ai tenu, alors que sur un 10 bornes, ça m'est souvent arrivé de partir sans réfléchir, tant que je m'amuse c'est l'essentiel. Je suis partie, après deux tours, je me suis demandée comment j'allais faire pour finir, mes bras n'en pouvaient plus, je savais que le coup de bambou allait arriver, qu'il était impossible de garder la même intensité sur 10 bornes mais j'ai tenu, donc je suis plutôt contente. 

Après le 10, il y a eu le 25. Comment vous sentiez-vous avant le départ ?

Pour le 25, j'étais un peu déçue la veille, parce que j'ai appris que la brésilienne (Ana Marcela Cunha) ne le faisait pas, je voulais vraiment nager avec elle, mais elle est partie la veille. Et Lara Grangeon n'a pas pris le départ non plus. Avant chaque 25, je ne pense pas vraiment que je vais le faire, je suis un peu dans le déni jusqu'au départ. J'étais déçue qu'il n'y ait pas les deux filles car j'espérais nager avec elles et pour prendre de l'expérience, il n'y a rien de mieux. Je sais qu'on aurait nagé ensemble, il y aurait eu une entraide. 

Quel était le sentiment qui dominait avant d'entrer dans l'eau ? 

J'avais froid (rires). J'avais froid au début, parce que l'eau était à 17, mais plus c'est froid mieux c'est parce qu'en néoprène, il fait chaud dans la combinaison. J'ai eu très chaud sur le 10. Je voulais quand même faire une partie de la course avec les filles, je ne savais pas ce que ça allait donner et ça fait aussi passer le temps plus vite. Au bout de deux tours, Caroline Jouisse est partie, alors que je prenais mon temps aux ''ravitos'' parce que j'avais mal. Elle devait avoir 20 secondes d'avance et je ne voulais pas aller dans ses pieds. Je l'ai gardée en ligne de mire jusqu'au 11e tour, et à ce moment-là, les garçons nous ont rattrapées et nous ont doublées. J'ai dû rester un tour au contact avec eux. Je n'étais pas bien au 11e tour. Les épaules, c'était une catastrophe, dans la tête, c'était compliqué, et leur passage m'a remotivé, ça m'a fait accélérer. Je suis restée à leur vitesse pendant un tour, ce qui m'a fait dérouler les épaules. Au 13e tour, ils sont partis et j'ai alors donné tout ce qu'il me restait dans les deux derniers tours. 

Que vous êtes-vous dit à l'arrivée ?

"Alléluia, c'est fini" (rires). C'était sacrément long. Mon premier 25 km était long et le dernier était super long. Ce qui est fou, c'est qu'aucune course n'est pareille. Ça doit être mon 5e 25 km, j'en ai vraiment aimé 3. J'ai pris moins de plaisir sur celui-là parce que j'étais moins bien dans l'eau. On n'est pas en super forme comme on est censé l'être (à cause de la longue coupure du confinement), mais j'étais contente de finir. 

Vous avez pensé au titre tout de suite après la sortie de l'eau ?

Ce n'est pas que je m'en fiche, mais c'est cool, ça vient après le plaisir de la course. Même si j'ai pas eu que du plaisir sur ce 25 km (rires). Mais on peut les apprécier. Je n'ai jamais pensé à prendre ce titre. Je me fixe très rarement d'objectif parce que j'ai toujours peur d'être déçue, encore plus là, vu que je ne savais pas où j'en étais physiquement et mentalement. Mais pendant la course, je n'étais pas sereine, parce qu'autant je faisais en sorte de la (Caroline Jouisse) laisser loin et d'accélérer quand il fallait, mais autant des fois je me disais qu'elle allait trop vite et que j n'arriverais pas à la rejoindre. 

Qu'est-ce que ce titre représente ?

Ça représente beaucoup. Ça a été une année assez compliquée avec beaucoup de changements, je ne pensais pas que j'aurais ce niveau-là. Ça me met en confiance, ça me rassure. Même après le confinement, aux entraînements, je n'avais pas le niveau que j'ai eu sur la course, notamment sur le 10 km. Jamais je n'aurais cru faire ça. J'espère que ça va me donner confiance et me débloquer un peu aux entraînements. Avant la compétition, je ne voyais pas mon niveau revenir et là, cette compétition m'a permis de me rassurer. 

Publié le

Vous aimez cet article, partagez-le :