La nouvelle génération en embuscade

Cette année encore, le Mare Nostrum a réuni un plateau exceptionnel et offert une compétition de haut vol. A quelques semaines des Mondiaux de Gwangju (12-28 juillet, Corée du Sud), la nouvelle génération a montré qu’elle n’était pas bien loin.

Quelques nouveautés

Avec déjà 37 éditions au compteur, l’organisation du meeting international de Monte-Carlo est une machine bien rodée. Tribunes éphémères, écran géant, chaque année début juin, la piscine olympique du stade Louis-II se métamorphose le temps d'un week-end. Et fourmille. Les courses s’enchaînent à une cadence effrénée alors que les nombreux bénévoles s'activent, polo blanc de la fédération sur les épaules. Ils étaient d'ailleurs environ 80 cette année, pendant le week-end ou en amont, à apporter leur aide à l’organisation. Mise en place du bassin, installation des affiches en Principauté, accueil des nageurs ou des visiteurs… "Ce sont toujours les mêmes bénévoles qui reviennent", précise Guillaume Dazun, coordinateur du meeting, en charge de la compétition avec Stéphanie Cabioch. 

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Cette édition 2019, la 25e sous la bannière Mare Nostrum, a également amené quelques nouveautés. Outre la piscine en partie rénovée l’an dernier, plus claire et plus moderne, on a pu noter l’arrivée d'un véritable podium installé près du bassin de récupération, de tatouages éphémères mais aussi le lancement d'une application "Mare Nostrum". "Il n’y a que peu de meetings qui en ont", souligne d’ailleurs Guillaume Dazun. De quoi se mettre dans l’air du temps, mais également offrir au public, ainsi qu’aux 290 nageurs engagés, toutes les informations logistiques, le programme et les résultats du circuit. 

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Notons d’ailleurs que, même si le record de participation de 2014 n’a pas été battu (ils étaient 400 nageurs cette année-là), 2019 aura été une belle édition en intensité, comme en volume. Le fruit d’un long travail mené pendant plusieurs mois par Stéphanie et Guillaume, "à force de contacts et de relances, via notamment les réseaux sociaux qui simplifient la tâche. On échange avec les nageurs, on partage des photos, c'est vraiment très intéressant. Grâce à Instagram, j'ai réussi à contacter beaucoup d’entre eux", explique le coordinateur du meeting.

Un plateau d’exception

On aurait pu craindre qu’à quelques semaines de Championnats du Monde (12-28 juillet en Corée du Sud), l’élite de la natation mondiale ne boude le rendez-vous européen pour s’orienter vers un fuseau horaire plus asiatique. Et pourtant ! Katinka Hosszu, Andrii Govorov, Yulia Efimova, Daiya Seto… cette année encore, bon nombre de têtes d’affiche avaient répondu à l’appel de la Fédération monégasque de Natation. Il faut dire que Monaco est un rendez-vous incontournable pour beaucoup, notamment pour les sprinteurs, amateurs du tournoi de vitesse. "Juste avant les Mondiaux, cela permet de s'entraîner et se mettre dans l'esprit de compétition, un  peu comme un échauffement. Je voyage beaucoup, j’y suis habitué. Et c’est bien de se mettre dans cette difficulté", confiait pour sa part le Japonais Daiya Seto. 

Records

Si les champions ont montré qu’ils étaient en forme, cette 37e édition aura surtout laissé entrevoir ce que sera le futur de la natation mondiale. En poussant dans leurs retranchements des stars comme Katinka Hosszu ou James Guy, on voit que la nouvelle génération "commence à poindre le bout de son nez", annonce fin observateur, Michel Pou, directeur technique de l'événement et entraîneur général de l’AS Monaco. "On a très certainement ce qui se fera de mieux dès cet été lors des championnats du monde". La Hongkongaise Siobhan Bernadette Haughey, le Biélorusse Ilya Shymanovich, la Brésilienne Jhennifer Conceicao… les champions ont du souci à se faire. 

Les Monégasques dans le grand bain

Comme d’habitude, ils étaient nombreux. Ils ? Les jeunes de l’AS Monaco natation. Pauline, Marcus, Émilien et tous leurs copains, installés comme à l'accoutumée dans leur petite tribune, face à la régie. Parmi eux, les jeunes générations qui faisaient leurs premiers pas dans un meeting international mais aussi des plus âgés, qui pour la plupart revenaient tout juste des Jeux des Petits États. 

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Malgré des états de forme multiples, cela n’a pas empêché certains, dont Romain Vanmoen, Anais Arlandis ou Laeticia Antunes Da Costa, d’aller chercher leur place en finale B. "On est dans la continuité mais avec de la fatigue en plus. Nager pour une médaille, ce n'est pas la même chose que nager en série le matin. Mais on se retrouve sur un niveau de performances à peu près équivalent, avec quelques imprécisions, mais rien de dommageable. Maintenant, on attend surtout de recommencer à travailler, de remettre le travail en place, celui qui nous mènera sur l'été", explique leur coach. 

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Car pour beaucoup, le Mare Nostrum, marque la fin d’un cycle de travail et les débuts d’un autre qui en mènera une bonne partie aux championnats de France. Huit d’entre eux ont participé aux Mondiaux, deux en eau libre (Lisa Pou, Simon Bachmann), sept en bassin (Adib Khalil, Jean-Luc Zéphir, Abdoul Niane, Simon Bachmann et Claudia Verdino, Emilien Puyo et Théo Chiabaut, les trois derniers étant monégasques).

Les records s’enchaînent

Ils sont guettés et attendus. Et le cru 2019 n’aura certainement pas déçu les spectateurs venus en nombre, puisque sept épreuves ont vu leurs records battus, dont certains deux fois. Au total, on comptabilise quatre records du circuit Mare Nostrum, neuf du meeting. Et c’est l'indétrônable Katinka Hosszu qui a ouvert le bal dès le samedi après-midi, lors des finales A, du 400 m quatre nages, en améliorant son propre record du meeting en 4'32''87 (4'33''80 en 2014). La dame de fer a prouvé qu’elle était toujours en forme, puisqu’elle a également remporté cinq des six courses sur lesquelles elle était engagée (elle prend l’argent sur le 100 m nage libre, derrière la Hongkongaise Siobhan-Bernadette Haughey). 

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Le  400 m quatre nage messieurs aussi est tombé, battu par son propre détenteur le Japonais Daiya Seto. Le spécialiste du quatre nages aura également fait tomber le record du meeting du 200 m, établi par son compatriote Kosuke Hagino en 2015. Du côté des sprinteurs aussi, on a tapé fort, avec quatre records de Monaco. "Un peu comme l'année dernière, ce fut l’apothéose avec les 50 m. Les records du meeting ont commencé à tomber chez les garçons, dont trois à la suite.  On en a eu un avant-goût en demi-finales mais les finales ont été somptueuses avec des meilleurs temps mondiaux de l'année qui ont été battus sur quasiment toutes les courses du tournoi de vitesse", souligne Michel Pou. 

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En effet, du spectacle il y en a eu. Après avoir soufflé le record du meeting le samedi lors des quarts de finale du tournoi de vitesse  (26''79 en brasse), le Brésilien Felipe Lima a réalisé le doublé, dès le lendemain en finale, battant en prime le record du circuit Mare Nostrum. Même exploit du côté de son  compatriote Bruno Fratus qui prend le record du 50 m nage libre, détenu depuis 10 ans par l'Américain Cullen Jones, en demi-finales (21''56) puis lors de la finale (21''31) du tournoi de vitesse. 

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Enfin, Yulia Efimova (brasse) et Michael Andrew (dos) se sont également illustrés. Ce dernier bat le record du meeting et du Mare Nostrum établi en 2013 par Jérémy Stravius (24''61) que l’on retrouvait d’ailleurs dans les gradins lors du premier jour de compétition.

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