Objectif Tokyo

Aujourd'hui basé en Grande-Bretagne, où il poursuit ses études, Quentin Antognelli enchaîne les entraînements et les compétitions, avec pour ambition de décrocher sa qualification pour les Jeux de Tokyo.

On l'a croisé entre deux avions. Tout juste revenu de Boston, où il a participé à la prestigieuse régate Head-of-the-Charles, Quentin Antognelli était de passage en Principauté le temps d’un week-end et de quelques entraînements. Quelques jours plus tard, il s'envolait pour les championnats du monde d’aviron de mer de Hong-Kong avec ses coéquipiers de la SNM. Depuis notre dernière rencontre, le Monégasque a poursuivi son petit bonhomme de chemin. Il ambitionnait alors de partir à l'étranger et évolue depuis 2018 à l'Université d'Oxford Brooks, où il mène de front son master en business management et ses entraînements au sein de l'une des meilleures équipes d’aviron universitaire. "C’était pour moi la meilleure option car elle avait une équipe déjà performante. J'y suis allé un semestre voir si ça me plaisait et j’ai accroché". Il faut dire que, outre son emploi du temps adapté à son statut de sportif de haut niveau, le Monégasque a rejoint un solide groupe d’une cinquantaine de rameurs. Dont une douzaine qui vise une sélection dans l'équipe olympique d'Angleterre. De quoi donner une nouvelle impulsion à Quentin qui commençait "un peu à s'ennuyer" au pôle France de Lyon, où il s'entraînait seul la plupart du temps. 

"C'est bien de changer de méthode et de travailler en groupe. On est tout le temps minimum 8 et l'encadrement est vraiment bien. Cela permet de créer une spirale ascendante. Même si on est copain, on s'entraide mais chacun est en compétition avec les autres. On vise tous une place dans le premier bateau (celui des meilleurs rameurs)". Quentin a rapidement fait ses preuves. Moins de trois mois après son arrivée, il donnait déjà ses premiers coups de rame dans le bateau n°1. Celui dans lequel il a pris part à deux des courses mythiques de la discipline, les régates royales d’Henley (qu'il a remportées en 2018 et 2019 dans la catégorie "The Ladies’ Challenge Plate") et la Head-of-the-Charles, où il a terminé quatrième. "En aviron, il est coutume de dire qu'il y a 3 régates majeures - les JO, Henley, et Boston - et que pour être un champion, il faut avoir gagné les 3", rappelle le Monégasque. "J'en ai fait 2, maintenant j'aimerais me qualifier pour la 3e".

Décrocher sa qualification

Si on le sent pleinement épanoui à Oxford Brooks, Quentin n’en a pas pour autant oublié son objectif : porter les couleurs de Monaco aux prochains Jeux Olympiques. C’est donc désormais vers Varese, en Italie, que ses yeux sont tournés. Car pour décrocher le fameux sésame pour Tokyo, le Monégasque doit finir dans les trois premiers de la régate continentale européenne du mois d’avril. Cette nouvelle échéance, fermée aux grosses nations ayant déjà qualifié deux bateaux, est à sa portée. Même si le rameur le sait, "ce sera quand même compliqué. Sur la régate, on sera au moins une douzaine, dont huit à pouvoir réellement prétendre à la qualification. Il y aura 5 déçus à l'arrivée, autant ne pas en faire partie". Après avoir pas mal cavalé en huit, c'est désormais sur le skiff, en solo, qu'il va orienter ses entraînements. Une préparation à une qualif' olympique qu'il mènera entre l'Angleterre et Monaco, où Daniel Fauché l'attend pour quelques stages… 

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