Marc-Antoine Cortes, passion glisse

Si la barbe et les cheveux ont blanchi, Marc-Antoine Cortes garde cet âme de jeune homme inhérente aux pratiquants des sports de glisse. Ancien des équipes de France, celui qui a pas mal baroudé distille son savoir aux licenciés monégasques depuis près de 10 ans.

C'est le genre de personne que l'on reconnaît vite. D'autant qu'il connaît tout le monde ou presque autour du plan d'eau. On pourrait croire qu'il a toujours été là. Qu'il est chez lui. Et pourtant. Marc-Antoine Cortes, directeur du Monaco Wake and Ski, n'a pas toujours été là. Il faut remonter à 2009 pour le voir débarquer sur les bords du lac du Vaudois. "Avant cela, j'étais déjà à Roquebrune, mais à l'Arena, où je suis arrivé en 2005", raconte le natif de Grenoble. A l'orée de ses 60 ans (il les aura en décembre), ''Marco'', comme on peut l'appeler, facture déjà 35 années comme entraîneur. De quoi lui accorder un certain crédit au sein d'une discipline qu'il a découverte très jeune.

Skieur alpin

Et pourtant, au départ, il ne se destinait pas forcément vers une carrière en ski nautique. Au contraire. Car c'est avec le ski alpin qu'il a débuté. Rien d'illogique quand on sait qu'il vient de l'Isère, où l'on passe plus de temps sur la neige que sur l'eau. "Un jour, on était à Aix-les-Bains, et on tombe sur un entraînement de l'équipe de France de ski nautique. Ils faisaient du slalom et j'ai tout de suite eu envie de me lancer." Entraîné par sa maman, qui s'est beaucoup documentée, Marc-Antoine développe rapidement de très bonnes aptitudes en ski nautique. S'il continue les deux disciplines au départ, il doit finalement faire un choix. Ce sera le ski nautique. "Les voyages sont quand même plus sympa qu'en ski alpin", glisse-t-il, rieur, comme pour justifier son choix de l'époque. L'équipe de France arrive très vite, dès les cadets. L'aventure se poursuit en juniors (2 ans) et en seniors (3 ans). Quelques titres de champion de France et des médailles européennes viennent garnir l'armoire à trophées. Mais, très vite, le désir de coacher se fait ressentir.

Prothésiste dentaire et moniteur de ski

Parallèlement au ski, ce spécialiste du slalom (même s'il pratiquait les trois disciplines), mène des études de prothésiste dentaire. "Je voulais faire médecine au départ, mais le concours était trop compliqué (rires). Je me suis rabattu sur prothésiste parce qu'un cousin à moi faisait ça. Mais j'étais tout le temps enfermé et j'ai préféré sortir du labo (rires)". A 25 ans, Marc-Antoine Cortes est déjà moniteur de ski. Et met en place le premier "ski-études" de France. "C'était à Marignane, à l'époque où j'entraînais au club de Martigues quand j'étais encore athlète, avant que je ne me casse le genou. J'avais trois personnes au ski-études, dont Christophe Duverger, qui est aujourd'hui entraîneur national à la Fédération française." De quoi gagner en crédibilité tout de suite, même si le pedigree d'athlète de haut niveau l'a également bien aidé à se lancer. 

L'aventure martégale terminée, direction la Suisse, puis les Etats-Unis, à Orlando. "Une de mes meilleures périodes", glisse Marc-Antoine, qui a finalement rejoint la France par la suite. Pour ne plus la quitter. Basé sur Antibes, voilà 15 ans qu'il est dans le Var pour distiller son savoir et vivre sa passion. "Le ski, c'est ma vie, ma passion. On travaille des heures et des heures, mais quand on voit le résultat, on se dit que ça en vaut la peine." Une passion qu'il a d'ailleurs transmise à ses filles, Emma et Lilou. "Quand je vois Emma monter sur les skis pour ses premiers championnats d'Europe, il y a forcément un peu de stress, même si je sais ce qu'elle vit puisque je l'ai vécu avant. Mais c'est un plaisir de les voir faire ça". Un plaisir qu'il partage avec son épouse, qui l'accompagne au quotidien dans sa passion. "Sans son soutien, je ne pourrais sans doute pas m'investir autant." 

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