Rio 2016 : En route pour Rio

"Faire que nos athlètes réussissent la meilleure performance possible"

Stéphane Mannino a eu la bonne surprise il y a plus de 18 mois de se voir proposer le poste de chef de mission pour les Jeux Olympiques de Rio. Très attaché au mouvement olympique et à l'aspect associatif du sport, cet ancien pratiquant de taekwondo a tout de suite accepté.

Ancien licencié de l'AS Monaco Taekwondo, Stéphane Mannino en est devenu le président il y a maintenant 10 ans. Deux ans plus tard, il prenait la présidence de la Fédération Monégasque de Taekwondo et devenait par la même occasion membre du Comité Olympique Monégasque.

Aviez-vous déjà effectué un deplacement officiel sur les JO avant votre nomination en tant que chef de mission pour Rio 2016 ?

Je pars pour la première fois aux JO. J'ai fait quelques déplacements officiels depuis 2 ans, notamment aux assemblées générales des comités olympiques nationaux et européens, ainsi qu'à des réunions préparatoires pour les chefs de mission. J'avais également fait le déplacement en Islande pour les Jeux des Petits États d'Europe et les premiers Jeux Européens de Bakou. J'ai ainsi pu voir et m'inspirer un peu de ce que faisaient les autres chefs de mission, voir de quelle manière ils fonctionnaient et quelle était l'essence même de leur rôle.

Ce rôle justement, comment l'avez-vous appréhendé ?

La définition que j'en ai, c'est que je vais être la personne qui devra tout faire d'un point de vue logistique pour que nos athlètes puissent réaliser la meilleure performance possible. Globalement, cela veut dire vérifier qu'ils aient tout le matériel à disposition, que les transports soient assurés, qu'ils aient un endroit pour dormir, manger, qu'ils soient reconnus, qu'ils puissent être soignés si besoin, qu'ils puissent récupérer, qu'ils soient correctement enregistrés, qu'il n'y ait pas de retard dans leurs déplacements. Il me faut gérer toute cette logistique pour nos trois athlètes.

Vous avez évoqué des réunions avec les autres chefs de mission. En quoi consistaient-elles ?

On en a eu une à Rio l'an dernier, au cours de laquelle on a pu visiter tous les sites, se rendre compte de l'avancement des travaux, prendre connaissance du village olympique, voir les temps de transports entre chaque lieu, l'organisation de la cérémonie d'ouverture. On a eu pas mal de conférences téléphoniques. Chaque pays a un correspondant à Rio avec qui on a organisé plusieurs colloques. Et en mai 2016, on s'est vu pendant 3 jours à Tarragone, pour ce qu'on appelle un séminaire pré-DRM (enregistrement de la délégation), et on a pu revoir tout ce qui devait être réalisé. 

Qu'avez-vous retenu de votre déplacement à Rio de l'an dernier ?

Le village olympique était déjà pratiquement terminé. Les installations étaient de meilleures qualités par rapport à ce que j'ai pu voir à Bakou par exemple. Il est de très belle facture et il y a une certaine qualité de construction qu'il n'y avait pas à Bakou car les sites vont être réutilisés. Ce village olympique sera revendu comme appartements à l'issue des JO à une classe moyenne/supérieure au Brésil. On a toujours l'avantage de partager notre bâtiment avec les Français, qui sont une très grosse délégation, extraordinairement bien organisée et notre immeuble est bien placé. On n'est pas très loin des restaurants, des salles de gym, des salles de réunion. 

Stephane Mannino Ok2   Copie

Et les installations sportives ?

A l'époque, entre 90 et 95% des installations étaient terminées, et en mai, 98% étaient finies. Le gros problème sera le métro qui ne sera peut-être pas là. Mais le Brésil a fait en sorte qu'à Rio, tous les enfants soient en vacances à ce moment-là, afin d'éviter trop de flux de circulation. Chaque voiture a une voie prioritaire, utilisable uniquement par les véhicules du CIO, ce qui nous permet de contenir les délais de transport. La plupart des athlètes seront au village tout le temps, ils auront 5 types de restaurants, des salles de jeux, des salles d'entraînement. Ils vont vivre, tout comme moi, au village olympique. 

Avez-vous une idée de ce que sera votre quotidien sur Rio ?

J'en ai une bonne idée, j'ai pas mal harcelé les anciens chefs de mission de Monaco qui sont mes amis et les chefs de mission d'autres pays (rires). On a des réunions quotidiennes, avec le programme de la journée, à savoir les compétitions, les entraînements, les transports. Je tiens à voir les athlètes tout le temps, à être là, à essayer d'anticiper le tout pour qu'ils ne manquent de rien.

Avez-vous rencontré les athlètes avant de partir afin de les connaître, savoir quelles sont leurs habitudes, leurs besoins ?

J'ai eu la chance de voir Brice Etes à Bakou, de voir de quelle manière il se préparait, comment il vivait sur une compétition. J'ai pu m'entretenir avec Thierry Aymes (entraîneur de Kevin Crovetto) pour voir un peu quelles étaient ses attentes et je connais bien l'entraîneur de Yann Siccardi. Je me repose beaucoup sur le personnel encadrant et je pars du principe que les entraîneurs sont les mieux placés pour m'exprimer les besoin de l'athlète. Le sportif peut me parler d'une manière, mais moi je ne connais pas la discipline tandis que l'entraîneur saura toujours mieux vulgariser les choses. Avec Thierry Aymes, on a déjà essayé de voir quelle était la date la plus acclimatée pour Kevin par rapport au changement d'heure, etc. On a cette donnée de fuseau horaire à gérer. On ne l'avait pas à Londres, on devra le faire aussi à Tokyo (Jeux Olympiques 2020).

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