Les rameurs en bronze aux Jeux Méditerranéens de plage

Pour la deuxième fois dans leur histoire, les Jeux Méditerranéens de plage ont eu lieu cette année. Et c'est à Patras, en Grèce, que les Monégasques ont fièrement défendu leurs couleurs. Avec deux médailles de bronze à la clé pour les rameurs.

L'été ne signifie pas forcément vacances. Encore moins lorsque l'on est athlète de haut niveau. Après les Jeux Européens en juin, place aux Jeux Méditerranéens de plage. Pour cette deuxième édition, ce sont donc six athlètes monégasques qui se sont rendus à Patras, en Grèce, berceau de l'olympisme. Emmenés par Damien Desprat, chef de mission, les rameurs (engagés en beach rowing sprint) Mathias Raymond (33 ans) et Maxime Maillet (31 ans) n'avançaient pas en terre inconnue. Ils avaient en effet tous deux pris part à la première édition de ces Jeux à Pescara, en 2015 (5e place). Le duo, champion du monde des clubs d'aviron de mer en 2015, était accompagné d'un équipage féminin composé des jeunes Clara Stefanelli (19 ans) et Coline Caussin-Battaglia (21 ans), championnes de France 2019 d'aviron de mer. Coachés par François Tarditi, entraîneur à la Société Nautique de Monaco, les deux équipages ont fait route en compagnie des frères Ferry, Pascal et Vincent (31 et 29 ans), dont le vécu international ne cesse de grandir. Les frangins, coachés par Michael Chamy, enchaînent ainsi un deuxième rendez-vous dans le monde de l'olympisme après les Jeux Méditerranéens l'an dernier. Comme le veut la tradition, toute délégation dispose d'un porte-drapeau. Et pour cette fois, l'honneur est revenu à l'aîné des Ferry, Pascal. Six athlètes sous bannière olympique et dont la participation compte, comme l'a souligné Yvette Lambin-Berti, secrétaire général du Comité Olympique Monégasque avant la compétition. "Participer à cet événement n'a rien d'anecdotique" a-t-elle d'abord rappelé, avant de souligner "l'importance de la propagation de l'idéal olympique dans les pays du bassin méditerranéen, prôné par le CIJM au travers notamment de ces Jeux." 

Des préparations étudiées à la loupe

Afin de bien figurer lors de ces Jeux Méditerranéens de plage, les athlètes de la délégation monégasque ont suivi une préparation spécifique. Notamment du côté des rameurs, le beach rowing sprint étant une compétition particulière. Si, d'ordinaire, ils sont habitués à prendre place dans leur embarcation et se mettent à ramer au top départ, le format diffère grandement sur ces Jeux. Le beach rowing sprint mêle en effet course à pied et rame. Pour chaque équipage, composé de deux athlètes, l'un d'eux attend son partenaire dans l'aviron tandis que l'autre doit parcourir une distance de 50 m en courant sur la plage. Il leur faut ensuite effectuer le parcours en mer, où un slalom entre trois bouées, à l'aller comme au retour, les attend, pour enfin terminer de nouveau par un sprint. Et là encore, un seul des membres de l'équipage doit courir. Comme l'a détaillé François Tarditi avant le départ, il a fallu mettre en place des séances spécifiques pour les garçons et les filles, tous n'ayant pas les mêmes attributs physiques. "Pour Maxime et Mathias, nous avons d'abord travaillé dans la longueur et l'accélération, puis nous sommes passés sur des séances plus pyramidales afin de faire monter les pulsations et mieux absorber les chocs sur la durée. Pour Clara et Coline, qui sont plus sveltes et plus maigres que leurs adversaires, nous avons mis en place un travail sur des cadences plus élevées afin qu'elles soient plus dynamiques et rapides."

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Du côté des frères Ferry, le format de compétition était tout ce qu'il y a de plus classique, avec des matches en deux sets gagnants. Afin d'aller chercher un bon niveau d'adversité, les frangins ont pris part à une étape du World Tour, en Belgique, car ils s'attendaient à un niveau de jeu "équivalent à ce qu'on a rencontré aux Jeux Méditerranéens l'an dernier", expliquait Pascal avant le départ. Mieux armés qu'ils ne l'étaient en Espagne l'année dernière, plus expérimentés sur la scène internationale, aussi, leur coach, Michael Chamy, soulignait leurs points forts à quelques heures d'embarquer pour la Grèce. "Ils sont sur une évolution positive et forment une paire très soudée, même dans les moments difficiles, notamment grâce à leur fraternité. Pascal et Vincent sont deux caractères assez forts, différents, mais complémentaires, l'un tirant toujours l'autre vers le haut, ce qui leur permet de signer des performances face à des équipes qui sont au-dessus." 

Les rameurs en bronze

11 disciplines, 7 jours de compétitions répartis sur 3 sites différents. Pas le temps de chômer donc pour l'organisation, ni pour les athlètes présents sur place. Au lendemain de la cérémonie d'ouverture, à laquelle le Souverain a assisté, les Monégasques ont ensuite pu compter sur son soutien lors du premier jour de compétition. "La présence du Prince Albert II à nos côtés est une source de motivation supplémentaire pour donner encore plus le meilleur de nous-mêmes. En tant qu'ancien athlète et olympien, il connaît ce format de compétition. Il est toujours intéressant et agréable de pouvoir échanger avec lui", ont-ils déclaré après avoir pu discuter avec le Souverain. Et ce sont les rameuses et rameurs qui ont ouvert le bal sur un plan d'eau marqué par une forte présence de licenciés de la Société Nautique de Monaco. Le duo français, composé de Gaëtan Delhon et Vincent Noirot, est licencié à la SNM avec les rameurs monégasques. Pour ces Jeux, le format de compétition était simple. Une première sortie le lundi permettait de définir les matches suivants, en fonction des temps établis. Ensuite, des oppositions, bateau contre bateau, où le premier arrivé remportait la course et éliminait, de facto, son adversaire. A ce petit jeu, les garçons ont tapé fort d'entrée, signant le meilleur temps. De quoi les envoyer directement en demi-finale. 

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Les demoiselles, elles, ont dû en passer par un tour supplémentaire, car elles ont signé le dernier temps de ce premier jour. Opposées le lendemain aux Grecques pour tenter de décrocher un billet pour les demi-finales, Coline et Clara s'en sont parfaitement sorties. Au tour suivant, c'est la France qui les attendait. Une opposition trop forte (elles ont finalement remporté l'or) pour les demoiselles, qui allaient tout de même pouvoir jouer la médaille de bronze. Une opportunité qu'elles n'ont pas laissé passer face aux Italiennes, glanant ainsi la première médaille monégasque sur ces Jeux. "Nous sommes super contentes. Nous avons fait un mauvais début, nous avons été surprises, mais nous avons réussi à rectifier le tir, à mieux gérer certains aspects pour finir troisièmes", expliquaient d'une même voix les deux jeunes filles au COM. 

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Une belle réussite pour ces rameuses qui prenaient part pour la première fois à une compétition de cette envergure, d'autant que c'est Yvette Lambin-Berti, secrétaire général du COM, qui a effectué la remise des médailles. Bien décidés à faire mieux qu'il y a 4 ans, Mathias et Maxime ont raté le coche d'une finale 100 % SNM d'un rien. Coupables d'erreurs, aussi bien individuelles que collectives, comme ils l'ont expliqué après la demi-finale perdue face aux Tunisiens, ils ont su se remobiliser pour aller chercher la breloque. Malgré une mer difficile, avec notamment un vent de trois-quart, ils ont réussi à disposer de solides Portugais en mettant en pratique la stratégie définie avec leur coach. "On a beaucoup parlé avec notre entraîneur pour trouver des solutions. On a maîtrisé notre coque, nos efforts. La mer était agitée, ça bougeait beaucoup, il fallait rester concentrés", ont-ils expliqué après leur médaille de bronze.

Les beacheurs tombent en 1/8e

Placés dans une poule de trois trompeuse, les beacheurs monégasques étaient ainsi assurés de sortir de cette phase de groupes et de disputer, a minima, les barrages pour accéder aux quarts de finales. Ce qui ne les a pas empêchés de produire du jeu. Face à l'Espagne pour leur premier match, ils ont su tenir tête aux Ibères, malgré la supériorité de l'adversaire, les accrochant régulièrement dans le jeu (2-0/21-15, 21-19). Ils sont ensuite passés très près d'une première victoire sur une compétition de cette envergure lors de leur opposition face à la Grèce, tête de série numéro 1 de la poule, du fait leur statut de pays hôte. Face aux Hellènes, les frères Ferry ont pris la rencontre par le bon bout. Volontaires et dominateurs, ils ont su déjouer les pièges des locaux pour empocher la première manche (23-21). La machine s'est ensuite enrayée, les Grecs empochant le deuxième (19-21) set et le tie break (12-15). Battus, mais toujours en course, c'est face aux Chypriotes qu'ils allaient devoir batailler pour rejoindre les quarts de finale. Deuxièmes de leur poule, ils ont surclassé les frères Ferry (13-21/15-21), mettant un terme à leur aventure méditerranéenne. 

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Malgré la déception et un peu de frustration, Michael Chamy, le coach des monégasques, a su livrer une analyse juste de cette aventure. "Nous avons disputé trois matches différents. Si l’Espagne était au-dessus physiquement et mentalement, nous sommes quand même bien rentrés dans le tournoi. Face aux Grecs, on a tout de suite senti que ça allait être serré. Ils ont pris un temps mort médical, alors que nous avions le match en mains… On peut nourrir des regrets car on avait l’occasion de finir le job. Face aux Chypriotes, c’était difficile. Même si on avait digéré la frustration de la veille, ils ont très bien joué et leur victoire est méritée. Au final, on a quand même du positif. On a joué face à des paires de haut-niveau, on a des leçons à tirer. On finit à notre place (9e) mais on est en progression par rapport aux Jeux Méditerranéens de Tarragone de 2018 (17e sur 18)." De la frustration, certes, mais de l'expérience emmagasinée pour aller chercher un meilleur résultat lors de leur prochaine sortie. Avec deux médailles de bronze, et une semaine de partage et de cohésion, la délégation monégasque revient avec un bilan plus que positif de ces Jeux Méditerranéens de plage et continue sur sa lancée sur la scène internationale. 

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