Dossier

AS Monaco basket : les nanas de N2 prennent la pose

Elles ont la gnaque. Les demoiselles de Nationale 2 entraînées par Cyril Lecoq ont débuté la saison sur une lancée positive avec 7 victoires en 8 matches (au 23 novembre). Alors lorsqu'on vient leur demander comment elles vivent leurs vies de femmes sportives, elles sont plutôt à l'aise dans leurs baskets.

Shooting forcé

Rendez-vous était fixé à 19 h 30, un mercredi soir. L'entraînement ne débutait qu'une heure plus tard. Il nous fallait bien un peu de temps pour papoter avec les basketteuses et leur tirer le portrait. Elles ne nous contrediront pas, elles ont un peu traîné les pieds au départ. Mais ça ne leur a pas déplu, finalement. Et elles se sont même un peu prises au jeu.

"Bon, qui passe en premier ?", demande Marianne Cipan, longue capitaine blonde aux yeux bleus. Nominée d'office. "Tu peux t'allonger sur le banc ?", demande-t-on. "Oh non, pas ça. Ça fait trop fille. Une autre pose, s'il vous plaît. 

"Elles s'observent les unes les autres, au fur et à mesure que nous leur demandons d'évoluer de manière non naturelle dans l'espace. Puis elles commencent doucement à se marrer, comprenant que l'exercice est inhabituel et un peu gênant, mais rigolo. Pour Stéphanie Cyprien, direction les gradins. "Je regarde où ?" 

Deux trois clichés plus tard, et sous le regard amusé de ses coéquipières, l'affaire est bouclée. C'est finalement Maeva Blanchi, cheveux lissés pour l'occasion, qui prend place sur le banc et nous offre son plus joli sourire. "C'est ma position préférée. Celle de la feignasse", plaisante-t-elle. 

Et lorsqu'il s'agit de faire poser ensemble Lauriane Michellotti et Caroline Hocquard, la glace est définitivement brisée à coup de barres de rire. Les basketteuses du Rocher se mettent à grimacer, à jouer avec l'objectif, et proposent même des idées de prises de vues.

Le soir même, elles étrennaient leurs nouvelles tenues officielles. "Heureusement, ça va. On avait peur, mais on a de vrais shorts larges. On se sent basket", explique Marianne. "On n'aurait pas aimé avoir un mini short, ou pire, une jupette. En ligue, c'est ce qu'elles portent. Ça passe à la télé, il faut qu'elles soient regardées", glisse-t-elle.

Parole d'entraîneur 

Cyril Lecoq a pris les rênes de l'équipe de N2F cette saison. Le collectif monégasque, il le connaissait déjà puisqu'il a entraîné sept ans les féminines de Roquebrune-Cap-Martin. En matches amicaux, les voisines se sont souvent rencontrées. Son ancien club évolue désormais en Nationale 1. 

Une fierté pour le coach qui les a fait monter et les a aidées à remporter le titre de championnes de France de Nationale 2, durant la saison 2012-2013. Il explique que pour lui, un cycle s'était achevé et qu'il était temps d'aller vers un nouveau défi. Cela tombait bien. Jean-Pierre Perez, ancien coach des filles de l'ASM basket, partait lui aussi. 

"L'équipe a un potentiel. Je suis content de travailler avec ce groupe. Nous avons eu une discussion lorsque je suis arrivé. J'ai expliqué aux filles que j'étais là pour travailler à fond jusqu'à février. Notre objectif, c'est le maintien. Elles ont terminé 8es la saison passée, cette fois-ci, il faudrait finir 4es ou 5es. J'ai ajouté un peu de préparation physique. Si ça ne marche pas, je reverrai mes positions." Plutôt cash, le coach. 

"Je suis méticuleux. J'aime bien la rigueur, la discipline. Je ne suis pas très tolérant. Quoique, ces trois dernières années, je me suis un peu assoupli", admet-il, le sourire en coin. 
Cyril Lecoq a toujours entraîné des filles, même lorsqu'il était encore joueur lui-même (notamment à Monaco, avec Arnaud Giusti, président de l'ASM basket, dans les années 80). "J'ai envie de transmettre mon expérience aux filles. J'essaie de les faire jouer comme des garçons. Je m'inspire beaucoup du basket masculin", explique-t-il. 

"Psychologiquement, c'est très différent. Mais la manière de faire reste la même, le basket est universel. Pour moi, ça part de la défense et du rebond. Après, il faut savoir qu'une fille n'est jamais à fond. Elle a toujours une excuse, alors la tâche n'est pas facile. Je pense aussi qu'il leur faut plus de rigueur et de discipline."

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