"Derrière nos masques, on est juste des bénévoles"

Wilfried Yeguete a rejoint l'AS Monaco la saison dernière. Passé par les Etats-Unis dans sa jeunesse, il a su faire preuve d'abnégation et de détermination pour s'imposer sur le Rocher, même si tout n'a pas été simple au départ.

A l'aube de sa deuxième saison à l'AS Monaco, ''Wil'' Yeguete a pris le temps de se raconter, entre son parcours, son séjour aux Etats-Unis, sa détermination, sa foi, sa mission. Et l'aide qu'il souhaite apporter auprès d'associations.

Que vous évoque le mot ''basket-ball'' ? 

Voyage. Sacrifice. Passion. Chance, aussi. Humilité. Opportunité. Et pour finir, même si je pourrais continuer, la combativité.

Ce sont des termes qui vous caractérisent ?

Oui, d'un côté. A travers le basket, j'ai eu la chance d'avoir toutes ces expériences. Cela m'a donné une ouverture d'esprit, un tremplin. J'ai voyagé, j'ai été défié, physiquement et mentalement, grâce au basket. Je suis pro, c'est une chance. L'humilité, c'est aussi parce que tu peux être au top aujourd'hui et être largué demain. Le basket permet d'apprendre, beaucoup, et ce à différents stades de ta vie. Qu'on soit pro ou amateur. 

Comment avez-vous débuté le basket ?

Je suis né à Pessac, en Gironde, mais j'ai grandi à Abidjan. Mon père était un ancien international centrafricain et il travaillait pour une compagnie aérienne. Quand il a été muté en Côte-d'Ivoire, toute la famille l'a suivi. Et tout a débuté très tôt puisque j'ai une photo de moi, je dois avoir trois ans, où je suis en train de dribbler, ballon en main. J'ai alterné entre le foot et le basket. Mais comme mon père a évolué à haut niveau et qu'il jouait pour l'équipe de sa société, on allait le voir, en famille, tous les week-ends lorsqu'on vivait à Abidjan. Il m'a toujours poussé vers le basket. Et j'ai commencé à le prendre plus au sérieux lorsqu'on est revenu en France.

Ste Roca Team Asvel 12

Que s'est-il alors passé ?

Au départ, je voulais faire du foot. On s'était installé à Meaux, en banlieue parisienne, et mon frère lui, voulait faire du basket. Mon père m'a alors dit que si je voulais faire du foot, ce ne serait pas avant l'année d'après, mais que si je voulais aller au basket avec mon frère, c'était bon pour cette année-là. Du coup, j'y suis allé et c'est comme ça que j'ai vraiment débuté le basket, avec un coach très strict, passionné et exigeant. A quel moment le basket est-il devenu plus qu'un simple sport ?Après trois ans à Meaux, j'ai rejoint mon ancien coach parti à Epinal. Je devais rejoindre le groupe minime France, mais finalement je joue avec la Région (l'équipe n'a plus intégré la division France) et on explose tout. Et lorsque je suis en cadet France, mon père me propose d'aller faire un camp d'été de basket aux Etats-Unis, à Washington. C'était énorme, parce que quand tu joues au basket en Europe, aller aux Etats-Unis, c'est le summum. J'ai adoré. Et j'ai réussi à bien jouer, au point de taper dans l'œil de quelques personnes. Quelques écoles me proposent alors de rester pour un tournoi d'été. Et certaines me proposent même de me trouver une bourse pour faire l'année là-bas. Sauf que ma mère n'était pas d'accord. Je suis donc rentré en France et j'ai joué en cadet France avec Epinal. Je faisais les matches avec eux le dimanche et le samedi je jouais aussi avec la N3. 

Man 7449

C'est l'époque où vous jouiez meneur ?

(Il explose de rire). C'était la belle époque ça ! Les gens ne savent pas que j'étais meneur en général (rires). A ce moment-là, j'étais en Première ES, au sport-études d'Épinal, je finissais les entraînements à 22 heures, je jouais avec les cadets, la N3 et j'allais parfois même avec la N1. En tant que jeune, tu as l'impression qu'il faut que tu sois partout. Mais ce que je n'ai pas aimé, c'est que la personne pour qui j'ai rejoint Epinal a commencé à être un peu égoïste. J'avais été visiter deux écoles aux Etats-Unis lors des vacances d'hiver, une en Floride et l'autre à Washington. À mon retour, quand j'ai parlé au coach de cette opportunité (on lui avait proposé une bourse pour rejoindre la Floride), il m'a dit 'tu fais ça pour ton père' etc. Et je n'ai pas vraiment aimé ça. Je ne comprenais pas pourquoi, quand tu as un jeune qui a cette opportunité, tu ne le pousses pas à y aller, que tu cherches à le retenir, à briser son rêve.

Ça vous a un peu plus motivé à partir ?

Oui, tout à fait. Je n'étais pas un joueur réputé, je n'ai pas fait les équipes de France jeunes, je savais que pour viser le monde pro, le chemin serait long. Et les Etats-Unis m'ont donné 5 ans de Visa. Je me suis dit que j'y allais pour un an et que j'allais voir. Si je ne suis pas bien, je reviens. Je voulais vraiment expérimenter les Etats-Unis. Il a fallu convaincre ma mère, qui n'était pas d'accord au départ, car je n'avais pas encore passé mon bac, que j'étais jeune, etc. Mais c'était une école militaire, donc je savais aussi que si je faisais le con, j'allais me faire défoncer (sic) (rires).

Page 1/4

Vous aimez cet article, partagez-le :

   
Photos