"Derrière nos masques, on est juste des bénévoles"

Est-ce cet état d'esprit vous a permis de vous imposer à l'AS Monaco ?

Exactement. J'ai appris qu'on recommence toujours à zéro. Ce que tu as fait avant te sers juste pour rejoindre le club. Après, ça n'existe plus. Et ce qui m'a touché, ici, c'est qu'après un match, ils voulaient me prêter (il a signé pour deux ans). Ça m'a piqué au vif, surtout après un match. J'avais fait 9 minutes, 4 fautes, un point, le pire match de ma carrière (contre Gravelines-Dunkerque, 1ere journée de Jeep Elite). Mais j'ai compris que le basket est aussi un business. Je suis arrivé peut-être en étant un peu trop ''confortable''. Quelques jours plus tard, après que mon agent m'en ait parlé et que ce soit sorti dans les médias, je me retrouve dans le 5 de départ pour pallier l'absence d'Eric Buckner, qui était touché, et je prends 12 ou 13 d'évaluation (22 en réalité).  J'avais peut-être besoin de ça pour me révéler. Tu as toujours une chance de répondre, de réagir, et ça a toujours été important. Ça fait aussi partie de l'apprentissage.

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Vous avez souvent évoqué cette idée, d'apprendre. C'est un leitmotiv pour vous ?

C'est important. J'aime aussi apprendre des gens. Par rapport aux expériences personnelles, c'est important de les partager et pour moi, le meilleur moyen d'apprendre, c'est vraiment l'écoute. Tu apprends un peu de tout le monde. Je crois vraiment en ça. L'expérience humaine est le meilleur moyen d'apprendre. On continue constamment, quel que soit le domaine, et on grandit. J'essaie de continuer et de rester curieux.

Vous êtes aussi quelqu'un de très croyant et pratiquant. Qu'est-ce que cela vous apporte au quotidien ?

Ça m'aide à rester calme, confiant, à ne pas être soucieux et ne pas avoir cette idée, par exemple, de me dire qu'il n'y a que le basket et rien d'autre. On est tout le temps dans le basket. Quand on gagne tout va bien, dès qu'on perd, on a l'impression d'avoir perdu 3-4 matches d'affilée, on se fait défoncer (sic). La foi me donne cet apaisement. Je peux relativiser et j'ai toujours cru en quelque chose de plus grand que moi. Toute ma vie, j'ai été proche de ça. Et tu prends conscience des choses au fur et à mesure.A quel moment avez-vous senti cette flamme intérieure se révéler en vous ?Quand j'étais à l'université. Je faisais partie d'un groupe d'athlètes croyants qui se regroupaient une à deux fois par semaine et on échangeait autour de nos expériences. On n'était plus des athlètes, mais plus que ça, on parlait de nos ressentis, de ce qui était un peu dur et ça m'a permis de trouver une petite famille. Quand je suis arrivé en pro, c'était un peu différent, parce que j'avais du mal à retrouver ça. J'ai cherché à trouver comment utiliser ma foi sans être dans un groupe, tout en continuant à pratiquer le basket. Et plus je vieillis, plus ça m'aide. Quand je me tourne vers la foi, ça m'aide aussi dans mon apprentissage. J'ai eu quelques moments où j'ai ressenti une présence qui me permet de continuer à gravir les échelons et en tant qu'humain ça me permet de devenir une meilleure personne.

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On vous a vu vous investir pendant le confinement, ainsi qu'après, auprès d'associations. Est-ce en partie lié à votre foi ?

Un peu, je pense, mais j'ai toujours été une personne qui voulait aider. Globalement, j'ai toujours été quelqu'un qui voulait en faire plus pour les autres. C'est comme au basket, sur le terrain, où je réfléchis avant tout de manière collective. J'ai toujours pensé que ma mission, ici sur terre, est d'aider les personnes, et ce quelles que soient les circonstances. Je fais du basket, j'ai cette chance d'en vivre. Mais j'ai toujours cette impression qu'il faut que je redonne. Avec Monaco, ici j'ai essayé de trouver comment me rendre utile pendant cette période.

Comment cela a-t-il débuté ?

J'avais un voisin qui avait besoin de faire ses courses parce que sa mère venait de se faire hospitaliser, il ne pouvait pas trop bouger, donc j'ai commencé par ça. Et quand je suis allé à Carrefour ce jour-là, j'ai vu deux dames qui travaillaient pour la Croix-Rouge. Je leur ai demandé comment faire pour m'impliquer et aider et elles m'ont dit d'appeler la Croix-Rouge. Ils m'ont dit qu'il y avait une liste d'attente pour les bénévoles et ils m'y ont inscrit. Dans la foulée, je suis allé sur Facebook et et j'ai trouvé un groupe pour les habitants de Monaco et Beausoleil, je leur ai expliqué qui j'étais et que je voulais m'impliquer, aider. J'ai aussi contacté les Anges Gardiens de Monaco parce que j'ai vu qu'ils étaient hyperactifs. J'ai eu quelques réponses, on m'a donné des conseils. Une dame m'a mis en contact avec son fils, qui est à la Croix-Rouge et m'a aidé à intégrer leurs rangs plus rapidement. 

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