Jean-Michel Sénégal redore le blason monégasque

Faire remonter l'équipe en Nationale 1, c'est fait ! 
Ce bonhomme du basket français a pris le club sous son aile en 2010. Les challenges, c'est son moteur.

Le coach a succédé à Georgy Adams, alors en place depuis cinq ans. Arnaud Giusti, m'a contacté et expliqué son projet. Il souhaitait donner un nouvel élan à l'équipe. Un projet ambitieux qui m'a tout de suite emballé". Le septuple champion de France de basket raffole des défis. Regard droit, d'un bleu pur. De ceux qui se plantent dans le vôtre sans détour. "Dans ma vie d'entraîneur, j'ai déjà fait monter quatre ou cinq clubs. Je pense notamment à la JA de Vichy et au CRO de Lyon. Faire évoluer une équipe est toujours un projet très intéressant". Alors, à 59 ans, ça continue pour le coach. Sur le parquet du Louis-II. Pendant que les joueurs répètent sans broncher les schémas défensifs, Sénégal ne perd rien. Sifflet autour du cou, mains dans le dos, il est calme. Il a l'œil partout, affuté, et il commente. Il fait rejouer l'action. Il a la gagne. 

''J'ai affronté ce club''

Le Lyonnais d'origine connaissait la Principauté avant même de venir y travailler. "Dans ma jeunesse, j'ai affronté ce club ! Monaco a un grand passé. Aujourd'hui, il a la volonté de retrouver sa force d'antan." C'est vrai que pendant dix-sept saisons, l'équipe évoluait en Nationale 1 A, l'équivalent de l'actuelle Pro A. "Monaco a tout ce qu'il faut aujourd'hui", assure le coach. "Le terrain du stade Louis-II a des infrastructures très abouties. Ça compte énormément. Pour progresser il faut jouir de bonnes conditions matérielles. Puis nous avons les moyens financiers de grimper en Pro B. Certains clubs ne peuvent pas se permettre de suivre une équipe qui prend du galon. Ici, on sait que le président va nous soutenir. Ça met en confiance." Jean-Michel Sénégal a le goût du challenge. "Je préfère construire et souder une équipe pour la propulser, plutôt que de stagner en Pro A et Pro B et me battre pour ne pas descendre." L'idée : toujours se mettre en difficulté pour aller plus loin. 

Carrière après carrière

Passer du statut de basketteur à celui d'entraîneur ne s'improvise pas. C'est voir et comprendre l'envers du décor. C'est une autre pression. Mais pour Jean-Michel, la jonction s'est faite naturellement. "En 1987, je quittais ma place de meneur au Racing Paris, en Nationale 1. Puis je suis devenu entraîneur de cette équipe dans la foulée." Bel exemple d'enchaînement de carrières. Trois personnages ont joué un rôle crucial dans cette passion pour le coaching. "Lorsque j'avais seulement 18 ans, mon entraîneur d'alors, Joe Jaunay a fait un gros pari sur moi. Il m'a sélectionné pour les championnats de France. Il m'a donné ma chance. En tant que meneur, vous êtes l'œil du coach sur le terrain. Un lien de confiance particulier se crée entre les deux. J'ai aussi été entraîné par Pierre Dao, en équipe de France et à Limoges. Puis par André Buffière à Villeurbanne, avec qui j'ai joué deux coupes d'Europe et trois championnats de France". Ces techniciens ont su passer le relais avec brio. 

Appelez-le Jean-Michel "Pervenche"

Et depuis 1987, Jean-Michel Sénégal guide, observe, enseigne. Gronde aussi ? "Il m'arrive de ne pas être content. C'est normal. Parfois je mets des amendes à mes joueurs", s'amuse-t-il. "C'est pour leur rappeler les règles à respecter. Pour devenir bon, il faut de la rigueur. Par exemple, si un joueur arrive en retard à l'entraînement, il doit s'acquitter d'un ou deux euros, selon la gravité du retard. Tout ça va dans une tirelire que l'on brise en fin de saison ! Avec cet argent, on se fait un repas tous ensemble aux frais de ceux qui ont fauté !" 

"C'est un travail très psychologique. Il faut faire attention à ses joueurs. S'ils étaient bons avec un autre entraîneur et qu'ils ne le sont plus avec moi, c'est que je les ai mal écoutés. J'essaie de  corriger leurs défauts, mais je mets surtout en exergue leurs qualités. Je veux qu'ils restent motivés et confiants. Il ne faut pas oublier que lorsque cinq gars sont sur le terrain, cinq autres attendent sur le banc, presque à froid. Lorsqu'ils rentrent, ils savent qu'ils doivent gratter des minutes. S'ils fautent, ils sortent. C'est une pression difficile à gérer et il faut les accompagner dans cet apprentissage."

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