Premiers rebonds en Nationale 1

Après deux ans de labeur avec Jean-Michel Sénégal, les joueurs de l'association sportive de Monaco basket-ball ont atteint un but : la remontée en Nationale 1. Mais l'équipe ne compte pas s'arrêter en si bon chemin. À Monaco, on vise la Pro B.

"On se donne à nouveau deux ans pour y arriver'', lance Sénégal, confiant. Arnaud Giusti, président du club, est l'instigateur de cette nouvelle impulsion. La période de préparation a débuté le 16 août. Depuis, les joueurs s'entraînent quasiment tous les jours, à raison de deux fois deux heures. ''On a sept matches pour se préparer. On affronte des équipes de Pro B et de N1. C'est le meilleur moyen de corriger nos erreurs et d'améliorer notre jeu''. 

Le club à craindre ? Orchies. L'équipe nordiste a perdu la finale de N1 l'an passé et ne demande qu'à balayer ce mauvais souvenir. ''Le maire a fait construire une salle de 6 000 places. Ils veulent cette victoire. C'est l'équipe favorite de la saison. Il faut garder à l'esprit que le championnat de N1 est très difficile à gagner parce qu'il est très compact. Il y a 18 équipes en lice et 34 matches à jouer." L'ASM basket croisera notamment Quimper, habituée de la Pro B depuis des années, fraîchement descendue en N1 la saison dernière. Puis Vichy, encore en Pro A il y a deux ans. "Il va falloir aller arracher certains matches. Si on termine dans les 8 premiers, on peut considérer qu'on joue la montée. Si on n'y est pas, ce sera une déception'', explique Jean-Michel Sénégal. 

À les voir sur le terrain, ça semble bien parti. Ils répètent inlassablement les différents systèmes de défense et d'attaque. "On a 16 systèmes différents ! Mais ça commence à rentrer", commente le coach, satisfait. Les semelles crissent, le jeu est fluide. Le maître mot : concentration... Et deux ou trois éclats de rire tout de même. 

Un bel esprit de groupe

"Ça fait seulement quelques semaines qu'ils se connaissent, il y a vraiment un bon esprit de groupe'', commente Christophe Fautrier, kinésithérapeute des rouge et blanc. "Leur rythme de vie est organisé dans ce but. Ils prennent les repas de midi ensemble. Ça leur permet de mieux se connaître", explique-t-il. ''J'ai une position intermédiaire privilégiée : je me trouve entre le staff et les joueurs. Ils se livrent volontiers. Et je ne sens aucune animosité entre eux. Je les entends même s'encourager.'' 

Pourtant, il pourrait y avoir des frictions. Sorte de compétition interne. Certains nouveaux arrivants jouaient en Pro A et Pro B. À l'image de Mehdi Labeyrie, 34 ans, tout droit venu du Portel. Puis Anthony Christophe, 30 ans, de Dijon. Souvent assis sur le banc lors des entraînements, Christophe Fautrier observe et décrypte les comportements des uns et des autres. ''Il y a une saine émulation. Ils ont beaucoup de respect pour Jean-Michel aussi. Le coach s'impose de lui-même. Grâce à son palmarès de meneur, (septuple champion de France notamment), mais également parce qu'il a déjà propulsé plusieurs clubs vers le haut en tant qu'entraîneur. À Monaco, il est l'artisan d'une équipe forte.''  Il y a aussi le respect d'un passé de poids. ''L'ASM basket est quand même mythique. Les joueurs s'entrainent dans la même salle que l'équipe de Pro A des années 80. Ils ont ces heures glorieuses à l'esprit."

Un projet motivant

Pour Mehdi Labeyrie, ''le projet est vraiment intéressant. Le club a de l'ambition''. Voilà pourquoi l'ailier fort ne rechigne pas à passer de la Pro B à la N1. ''Je suis entouré de très bons joueurs. Si la remontée est pour cette année, c'est super ! En tout cas, le recrutement a été fait en fonction.'' Que pense-t-il de Jean-Michel Sénégal ? ''C'est le genre de coach que j'aime bien. Il est tranquille. Il ne met pas la pression à ses joueurs.''

Pour Christophe Anthony, l'un des deux nouveaux meneurs, la Principauté a une saveur particulière. ''Ma famille vit à Cap d'Ail. Enfant, je passais mes vacances ici. Je m'entraînais souvent à Monaco. Du coup, ce club me tient à cœur. Jusqu'à présent, le bond de la Pro A à la N2 était trop important. Je ne pouvais pas le faire. Mais maintenant que l'équipe se trouve en N1 et a une réelle envie de progresser, je trouve ça très motivant.''

De son côté, Diego Vebobe, 30 ans, joue à l'ASM depuis six ans. L'ailier a donc connu les temps difficiles. ''J'ai passé cinq ans en N2. Avant, on avait la bonne structure et un club solide financièrement. Mais on manquait d'expérience pour progresser. L'arrivée de Jean-Michel Sénégal est un vrai plus pour le club. Ça a tout changé. Il nous apporte beaucoup au niveau de l'expérience, en tant qu'ancien basketteur excellent et entraîneur aguerri, mais aussi sur le plan humain. C'est très différent de ce qu'on a connu avant avec Georgy Adams. Je suis heureux de faire partie de cette aventure.''

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