Dossier

"J'ai besoin de contrôler tout ce qui entoure l'équipe"

Confiné en Italie avant de rejoindre sa famille en Espagne, Robert Moreno est revenu sur ses premiers mois à l'AS Monaco, ses idées de jeu, sa méthode et l'importance de la technologie dans son travail.

Agent de sécurité, commercial dans l'informatique, banquier… Rien ne prédestinait réellement Robert Moreno à s'asseoir sur un banc. Et pourtant. Passionné, diplômé d'un master en spécialisation tactique et entraînements, il a d'abord débuté comme analyste, puis adjoint de Luis Enrique. Avant de prendre son envol, avec la sélection espagnole, puis à l'AS Monaco. 

Coach, comment s'est passé  votre confinement ?

Comme pour tout le monde, cela a été bizarre, car on vit dans une certaine incertitude sur ce qu'il va se passer la semaine d'après. Avec le staff, nous avons utilisé ce temps pour approfondir nos connaissances sur notre propre équipe, mais aussi sur le championnat, ce que nous n'avions pas eu le temps de faire en arrivant. Nous avons maintenu des réunions quotidiennes avec le staff, au-delà de ce qui était prévu par le club. Nous sommes tous des passionnés, et moi-même, lorsque je ne travaille pas, je dédie beaucoup d'heures de mon temps au football. J'ai aussi fait en sorte que mes journées soient très organisées, de manière à m'occuper de mes enfants, travailler, faire du sport, éviter de prendre du poids... Être organisé et discipliné m'aide à tout cela. 

Vous semblez avoir beaucoup travaillé…

Je regarde des matches de L1, pas tous, mais une grande partie. Cela dans le but de connaître plus en profondeur les autres équipes car jusque-là, nous avons dû nous contenter des résumés que le staff prépare avant d'affronter un adversaire. J'ai aussi continué à travailler mon français car il est important que j'arrive à parler la langue correctement. D'abord par respect mais aussi un peu pour moi, car apprendre une langue est un cadeau et pouvoir parler français correctement, à la fin de mon expérience à Monaco dans 3, 5 ou 10 ans est quelque chose qui me servira.

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Comment avez-vous vécu la décision du gouvernement d'arrêter la L1 ?

Nous avons accueilli la nouvelle avec beaucoup de respect car nous savons que c'est une décision difficile et provient d'une nécessité sanitaire importante. En même temps, nous étions sincèrement très énervés et tristes car nous voyons que l'équipe était en progression et nous avions l'objectif d'atteindre les places européennes. Peut-être pas la Ligue des Champions, mais au moins l'Europa League. Quel dommage que le dernier match que nous ayons joué, contre Nice, se soit passé comme cela (défaite 2-1, ndlr). Jovetic a été expulsé, et à 10, l'équipe a commencé à reculer. Nous avons eu quelques occasions de marquer à 1-1, et si nous l'avions fait, nous aurions emporté le match et ainsi été dans les places européennes (l'AS Monaco aurait eu 43 points et un ratio de 1,53 pts/match, ce qui l'aurait placé en 5e position de L1, place qualificative pour l'Europa League, au lieu de sa 9e place, ndlr). 

Quel bilan faites-vous de vos premiers mois à la tête de l'équipe première ?

Maintenant que j'ai pu analyser tous les matches que nous avons joué de manière plus approfondie, je vois nos débuts comme positifs. Nous sommes arrivés dans une situation compliquée : nous avons signé le 28 décembre, nous avons eu une semaine de travail avant le premier match avec une équipe nouvelle, que je connaissais car j'ai vu tous les matchs de la première partie de saison avant de venir, mais je ne connaissais pas l'équipe personnellement. Durant la première semaine de travail, nous avons vu des choses intéressantes à l'entraînement, des choses que nous recherchions, et nous avons bien commencé avec cette victoire en coupe (2-1 face à Reims en 32e de coupe de France, ndlr). Nous avons ensuite fait un nul contre le PSG (3-3 au Parc des Princes, ndlr) et après l'avoir analysé en détails, je me suis senti très fier car les joueurs ont démontré qu'ils avaient un bon niveau. Nous avons ensuite connu quelques défaites, mais en les analysant, on se rend compte que nous n'avons pas si mal joué. Mais en football, l'important, ce sont les résultats. Depuis notre arrivée, l'équipe a progressé, mais pas aussi vite que nous l'espérions. Nous avons aussi su nous adapter aux problèmes que nous avons connus, comme la suspension de Gelson Martins, des blessures, mais dans l'ensemble, la balance est positive. Je suis très heureux d’être ici : je suis reconnaissant vis-à-vis des dirigeants, le président Dmitry Rybolovlev et le vice-président Oleg Petrov, qui m’ont offert ma chance. Je suis également reconnaissant envers le Prince pour son soutien et les supporters qui m’ont réservé un accueil chaleureux. 

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