"Je sais d'où je viens…et je sais où je vais"

L'homme pressé

Paul Mitchell est le nouveau directeur sportif de l'AS Monaco. Intronisé début juillet, le nouveau patron du secteur sportif du club n'a pas mis longtemps avant d'imposer sa patte. A l'image de sa carrière, où le bonhomme s'est montré précoce dans de nombreux domaines.

Une grosse prise. Voilà comment pourrait se résumer le recrutement de Paul Mitchell à l'AS Monaco. Il faut dire que l'Anglais, natif de Manchester, a un CV déjà long comme le bras malgré son jeune âge pour le poste (39 ans). Ancien directeur du football du groupe Red Bull, celui qui a évolué comme milieu de terrain arrive à Monaco avec des responsabilités étendues puisqu'il va avoir sous sa coupe "la vie sportive de l'AS Monaco", comme l'a souligné Oleg Petrov, vice-président directeur général, lors de l'annonce de sa signature. Plus précisément, il est désormais en charge de "la politique sportive de l'AS Monaco, de l'Academy au groupe professionnel et du Cercle Bruges", le club satellite monégasque. C'est d'ailleurs là l'un des points importants ayant conduit Mitchell à accepter l'offre des dirigeants asémistes. 

Pm 8322

"Quand j'ai été approché par Oleg Petrov, j'ai été très honoré, j'étais dans un projet avec Red Bull où je m'épanouissais et dans lequel j'étais très heureux, mais à partir du moment où il m'a appelé et m'a présenté le projet monégasque, la possibilité de travailler avec le Cercle Bruges, un projet très intéressant, qui mérite beaucoup d'attention et sur lequel il est important de travailler, je n'ai pas hésité une seule seconde", a-t-il ainsi déclaré lors de sa présentation, début juillet. Il a d'ailleurs insisté sur la nécessité de mettre en place un schéma clair, notamment en ce qui concerne le travail entre les deux clubs. "Je dirais que notre projet est clairement d'avoir une stratégie, une synergie entre les deux clubs, une vraie connexion, une vraie communication, l'améliorer, travailler dur sur ce point-là également, aussi sur la progression des joueurs, sur le style de jeu que l'on souhaite mettre en place. Il faut un bon équilibre entre le Cercle Bruges et l'AS Monaco." S'il a annoncé d'emblée qu'il faudrait se montrer patient, l'Anglais a aussi insisté sur le mot travail tout au long de sa conférence de presse. Et il n'a pas mis longtemps à s'y mettre.

Mitchell, homme d'action

La meilleure preuve de ce travail n'est autre que l'arrivée de Niko Kovac. Alors que Robert Moreno semblait parti pour continuer à la tête de l'équipe première, l'Espagnol, ainsi que son staff, ont finalement été remerciés par la direction au profit du technicien croate. Un choix assumé par Paul Mitchell lors de la présentation de son nouveau coach. "Depuis mon arrivée au club, on a beaucoup analysé la saison passée, on a fait un état des lieux et on a échangé sur différents aspects. On est arrivé à la décision qu'il fallait changer quelque chose, notamment de coach, tout en donnant assez de temps au nouvel entraîneur pour préparer la nouvelle saison et qu'il puisse poser son empreinte sur l'équipe." Le recrutement sera d'ailleurs une de ses prérogatives et il a placé un homme à lui, Laurence Stewart, au poste de responsable du recrutement et du développement sportif. 

Pm 2132

De bon augure si l'on se fie au parcours de Mitchell et à ses talents de dénicheur de pépites. Pêle-mêle, cela donne Sadio Mané, Heung-min Son, Kieran Trippier, Nathaniel Clyne ou encore Dele Alli. Autant de joueurs faisant aujourd'hui les beaux jours de leurs clubs respectifs. Son passage chez Red Bull a démontré la qualité de son flair, là aussi, où les résultats de Leipzig et Salzburg s'en sont ressentis. "Je suis venu dans ce projet, parmi les missions qui m'ont été attribuées, il y a celle d'améliorer l'équipe, de contribuer à son développement. Je suis ici pour apporter mes compétences et les aider à améliorer l'équipe. J'ai toujours aimé le dynamisme, l'agressivité dans le jeu et jouer pour l'emporter, c'est l'un de mes credos. Nous travaillons dans le cadre d'une organisation qui vise à apporter le plus de compétitivité possible. Investir dans les bons talents, dans ces personnes-là, qui pourront s'acclimater, s'épanouir dans le bon environnement." Il pourra, pour cela, s'appuyer sur un large réseau de scouting, tissé au fil des ans et de ses diverses expériences (Milton Keynes Dons, Southampton, Tottenham, Red Bull), le bonhomme ayant commencé très tôt sa ''seconde vie''.

Un homme précoce

S'il sait séduire son auditoire par un bon mot, que ce soit sur sa maîtrise du français -"j’ai appris le français lorsque j’étais enfant mais mes cahiers d’écolier ont pris la poussière depuis. Je vais faire en sorte de me remettre à niveau très rapidement"- ou sur sa carrière de footballeur, arrêtée très tôt, -"j'ai raccroché les crampons assez tôt, c'était peut-être mieux pour le football (sourire)"-, Paul Mitchell n'est pas pour autant un rigolo. Ancien milieu de terrain ''travailleur'', il a perpétué cette philosophie de l'effort et du travail dans son quotidien de manager une fois la bascule opérée. Même si cela s'est fait très vite. 

Pm 8326

A tout juste 28 ans, il est propulsé directeur du recrutement de Milton Keynes Dons, en League One, la troisième division anglaise, club où il a terminé sa carrière de joueur. Une précocité à l'image de ses premières années de vie. "Je suis quelqu'un de précoce, j'ai eu mon premier enfant à 16 ans, je n'ai donc pas attendu longtemps avant d'avoir de grandes responsabilités dans ma vie. Je me suis retiré du jeu très jeune et j'ai rapidement pris un poste dans mon dernier club en tant que joueur. Cela m'a donné de la confiance, pour me développer et grandir dans ce milieu et en être là où je suis aujourd'hui." Et comme de partout, il n'a pas attendu longtemps avant de lancer les grands travaux. Avec rigueur et efficacité.

Publié le

Vous aimez cet article, partagez-le :

   
Photos