Michel Aubery : "L'inspiration, je l'ai depuis que je suis gosse"

Michel Aubéry a de nouveau investi le Musée Océanographique. 
Du 4 novembre au 3 février derniers, le président de l'AS Monaco football amateur a exposé ses œuvres pour la troisième fois dans l'enceinte du temple de la mer monégasque. Avec pour thème, ce coup-ci, les récifs coralliens.

On ne présente plus Michel Aubéry. Surtout à Monaco, où tout le monde ou presque le connaît. Il faut dire que pendant plus de 30 ans, ce passionné de football a été commerçant et a notamment tenu l'ancienne boutique officielle de l'AS Monaco. De quoi faire quelques connaissances, et parfois même les immortaliser. "J'ai toujours eu un crayon à portée de main et il m'arrivait de faire de petites caricatures de certains clients après leur passage au magasin", glisse, rieur, celui que l'on retrouve souvent auprès du Prince Albert II lors des matches de l'AS Monaco. Il faut dire que la passion de l'art remonte à loin pour Michel Aubéry. Dans sa jeunesse, alors qu'il n'a pas encore franchi le cap des 10 ans, il griffonne déjà. La première exposition va cependant vite arriver, alors qu'il n'a pas 15 ans. Diplômé de l'école d'Arts Déco de Nice, il va même être professeur d'arts à la Famous Artists International, une école d'art américaine implantée à Monaco, durant quelques années, avant de s'orienter vers le commerce et le football. Mais l'amour de la peinture ne l'a jamais quitté et voilà une quinzaine d'années qu'il s'y est sérieusement remis. Depuis, ce sont des dizaines et des dizaines d'œuvres que l'artiste a réalisées, toujours dans ce style si caractéristique, très coloré. Avec, depuis quelque temps, un rapport particulier à la mer.

Comment est née cette exposition au Musée Océanographique ?

C'est venu de la part du musée. J'ai toujours eu des contacts avec eux, car c'est ma troisième exposition chez eux. La première fois c'était les animaux marins, la deuxième fois les tortues et cette année, le thème était sur les coraux.

Combien de tableaux avez-vous exposés ?

Il y a 41 tableaux en tout. Une vingtaine sont dédiés aux coraux. J'ai appris qu'il y aurait cette exposition en janvier ou février dernier et, avec le confinement, pour trouver des toiles, etc, c'était assez difficile. Mais j'ai quand même réussi à en faire 21 sur les coraux et il y en a une quinzaine que je n'avais jamais exposés au Musée.

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Pourquoi le Musée vous a-t-il sollicité ?

Des représentants du Musée sont venus à mon atelier. J'avais déjà fait quelques tableaux sur les coraux et ils ont été emballés par ce que j'avais déjà pu faire. J'ai ensuite dû accélérer un peu le mouvement. "Récif", c'est le nom qui a été donné à l'exposition. Je n'avais pas encore exploré cette thématique, c'est assez nouveau. Je connaissais un peu les coraux, je savais qu'il y en avait une grande variété, mais j'ai choisi, pour cette exposition, des coraux colorés. Les couleurs sont éclatantes, ça a beaucoup plu.

A-t-il été difficile de travailler dans cette période de confinement, aussi bien pour l'inspiration que d'un point de vue matériel ?

Chacun de mes tableaux est différent. L'inspiration, en fait, je l'ai depuis que je suis gosse. Il faut savoir changer les couleurs. Pour ces 21 tableaux, cela m'a demandé 7 mois de travail. J'ai deux passions dans la vie. La peinture et le football. A mon atelier, j'ai une table de travail de 8m2, je l'ai travaillée, et c'est presque devenu une œuvre d'art au final (Il sourit puis se met à rire). Quand je peins, je fais attention à ne pas la tâcher ! J'habite près de mon atelier, donc il m'était assez facile d'y aller, même pendant le confinement. J'ai aussi retravaillé sur d'anciennes toiles, comme pour leur donner une seconde vie.

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Quel était le message véhiculé par cette exposition ?

Sur les tortues, c'est une espèce en voie de disparition, comme les coraux d'ailleurs. Là, l'idée est de montrer la beauté des fonds marins, avec les poissons, cette beauté. Et le message qui se greffe aux coraux, c'est toujours lié à la pollution. On la retrouve d'ailleurs notamment sur une de mes toiles, qui est en relief, avec des bouteilles en plastique, assez grosses, que j'ai décorées à ma façon et c'est un clin d'œil à cela.

Avez-vous déjà des idées pour la suite ?

J'en ai plein. J'avais cinq expositions de prévues en 2020. Une sur le Boulevard Haussmann, à Paris, une à la médiathèque de Biarritz, une à Bordeaux, une autre à Dubaï et celle du Musée. Seule la dernière a pu avoir lieu, les quatre autres sont reportées pour cette année. Toutes ces expositions sont liées à la thématique maritime, car ce sont des choses qui plaisent beaucoup et sur lesquelles je travaille depuis 2-3 ans.

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