"On vit pour aller au stade"

Chaque année, ils sont quelques milliers à prendre leur abonnement pour le stade. Certains sont même membres des clubs de supporters. Eux, ce sont les fans de l'AS Monaco qui, contre vents et marées, seront toujours au chevet de leur club pour le soutenir.

On les aperçoit facilement. Griffés de rouge et de blanc. Dans les travées d'un Louis-II souvent moqué pour sa faible affluence, les aficionados, eux, répondent toujours présents. Car c'est une passion forte qui les anime. La passion d'un club qu'ils suivent, bien souvent, depuis l'enfance. Au sein des groupes de supporters, à l'image des différentes sections du CSM (Club des Supporters de Monaco), il en est une qui compte en son sein quelques-uns des plus anciens mordus de l'AS Monaco. Pour les croiser, il suffit bien souvent de "s'exiler" du côté de Roquebrune-Cap-Martin. Là-bas, un temple abrite ces fondus de l'ASM. Les Allobroges, bar-restaurant tenu par la famille Viano depuis presque 40 ans. C'est d'ailleurs là-bas que nous y avons notamment retrouvé Marcel "Marsou" Viano, son frère Raymond, Patrice "Patty" Beill et quelques-uns de leurs partenaires. 

Faire le mur pour un match

Ils n'étaient encore que des enfants lorsqu'ils sont allés au stade pour la première fois. On parle bien entendu de l'ancien stade Louis-II, celui-là même où un certain Bouba donnait de la trompe non loin de là. "A l'époque, j'allais à l'école à Beausoleil", se souvient Raymond, ancien chef concierge au Méridien, "c'était dans les années 50. Lorsque je pouvais, je m'échappais pour aller voir les matches", se rappelle l'aîné des frères Viano, dont les premiers déplacements remontent à l'année 1962. "Je suivais aussi l'équipe qui a remporté la Gambardella cette année-là", précise Raymond, qui accueillait, à l'époque, les joueurs fraîchement transférés à l'AS Monaco dans l'antre du Méridien. Responsable de l'antenne de Roquebrune, créée en 1985, Marsou, accompagné de ses amis, pourrait disserter sur l'AS Monaco des heures et des jours durant. "Dans les années 70-80, les joueurs vivaient dans les communes limitrophes et on se retrouvait parfois à boire le café avec eux", raconte celui dont le meilleur souvenir au Louis-II reste le match épique face au Real Madrid de Zidane et consorts. "A l'aller comme au retour, deux matches magnifiques. On partait pour prendre une taule, et finalement c'est nous qui passons", se souvient Marsou, également marqué par le match retour contre Arsenal en 2015, "j'ai cru que les 5 minutes de temps additionnel avaient duré 15 jours."

Fous de l'ASM

Pour ces amoureux de l'AS Monaco, être encarté et abonné au stade est une évidence à chaque début de saison. "L'abonnement, ce n'est pas seulement le match, c'est aussi tout ce qu'il y a avant et après la rencontre", glisse Marsou, avant de continuer, "pendant la saison, notre vie se cale sur le calendrier." Leur section, la plus proche de Monaco, organise quelques petits événements durant la saison, qui permettent ensuite de donner un coup de main à d'autres associations du coin. De quoi faire vivre leur passion en dehors du stade, même si au Louis-II qu'elle s'exprime le mieux. Et ce, même lorsque les résultats ne suivent pas. "Ça n'a pas été une année folle, mais on continuera à y aller", glisse Marsou, qui n'oublie pas d'où revient le club. "Il faut avoir de la mémoire. Quand les dirigeants russes sont arrivés, on était au fond du trou. Depuis, on a vécu des moments extras. C'est logique de rester derrière l'équipe quand c'est difficile, mais les gens oublient vite." 

Mais pas les supporters comme Marsou et sa bande. Une bande que l'on retrouvera encore, à domicile comme à l'extérieur, cette saison. 

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