Un nouveau souffle

En place depuis fin 2016, le projet Esports de l'AS Monaco n'a cessé d'évoluer. Et il a dernièrement franchi un nouveau palier. 

"Nous sommes comme une petite start-up au sein du club'', glisse Simon Rémoussin, le néo-manager Esports de l'AS Monaco. A la tête d'une cellule d'une quinzaine de personnes (staff et joueurs), celui qui officiait jusque là comme coordinateur médias est désormais à 100 % sur le projet Esports. Et pilote ce nouveau vaisseau depuis la validation du projet présenté il y a quelques mois. Un projet porté avec Julien Jalouzet, responsable du pôle digital de l'AS Monaco, et dont le but est simple. "L'idée était de mettre en place quelque chose qui ne soit pas qu'un outil marketing, mais vraiment comme une section sportive, en transposant notre savoir-faire du football à notre section Esports." Afin d'atteindre cet objectif, c'est donc tout un staff qui a été constitué.

Cellule dirigeante

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Alors que Jérémy Girardot avait officié comme Team Manager au cours des deux dernières saisons, ce dernier n'est plus de la partie. "Nous avons recruté Loïc Potages, qui officie comme directeur sportif, Marion Strobel, en charge de la stratégie digitale et Ghislain Marfaing, notre community manager dédié à l'AS Monaco Esports", détaille Simon Rémoussin. Et deux autres personnes devraient bientôt intégrer l'équipe. "Avec le JRI et le ''motion designer'' qui vont nous rejoindre, nous pourrons ainsi tout internaliser." De quoi marquer une vraie différence avec les autres clubs où certains ont tendance à vendre leur marque pour l'exploitation de la section esports. Si ces investissements ont été validés par le board monégasque, c'est aussi car le esports peut permettre à l'AS Monaco d'atteindre une communauté pas forcément branchée foot. Et ainsi développer sa marque à l'international. "Sur une saison comme cette année, où l'AS Monaco n'est pas présente en coupe d'Europe et n'évolue que sur la scène nationale, le esports permet d'être présent à l'international. On a un pôle fighting avec beaucoup de compétitions en Asie, aux USA et un peu en Europe. On a une équipe Rocket League au très haut niveau européen. Le but est d'aider au développement de la marque à l'international, mais aussi d'aider le club à développer de nouvelles sources de revenus." 

Une team au complet

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Présente sur une dizaine de jeux, l'AS Monaco Esports compte dans ses rangs dix représentants. Et tous ou presque ont intégré le club au cours des derniers mois, à l'exception du duo titulaire sur Pro Evolution Soccer (PES), Lotfi Derradji et Walid Tebane et de Vincent Goossens sur Super Smash Bros. PES est d'ailleurs l'un des jeux sur lesquels les objectifs en matière de résultats sont les plus clairs, l'AS Monaco ayant remporté le titre sur l'E.football.Pro l'an dernier et compte bien le conserver cette année. Le recrutement du jeune Kilyan Faucheux va dans ce sens, la compétition passant du 2vs2 au 3vs3. Le deuxième semestre 2019 a vu l'équipe Rocket League intégrer la première division. De quoi valider le pari de l'AS Monaco. "C'était d'autant plus important pour nous que, selon la classification des jeux dans le esports (Tiers 1, Tiers 2 et Tiers 3), Rocket League est un jeu qui se situe aujourd'hui entre le Tiers 2 et le Tiers 1", note Simon Rémoussin. Grâce à cette montée, l'AS Monaco Esports et son trio composé de Maik ''Tigreee'' Hoffmann (Allemagne), Jordan ''Eyelgnite'' Stellon (Angleterre) et Alexandre ''Extra'' Paoli vont notamment affronter le Team Vitality, la meilleure équipe française à l'heure actuelle. "C'est un marqueur de l'évolution de notre structure", glisse le manager. Autre marqueur de leur évolution, la création d'un pôle fighting, où Street Fighter et Dragon Ball ont rejoint Super Smash Bros au rayon des jeux de combat où l'AS Monaco Esports est présente. "Nous avons également un joueur sur Fortnite (NokSs) qui a un demi million de fans sur les réseaux sociaux, ça permet là-aussi de toucher une communauté très large. Il est plus là dans un rôle d'influenceur car la scène Fortnite est très complexe." 

Objectif leader

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Allier performance et entertainement. Tel est l'objectif de l'AS Monaco Esports. "On veut toujours aller évoluer au plus haut niveau possible, mais dans notre projet, on est à 50% compétitivité, 50% entertainement. On aime bien innover, avoir un ton un peu spécial sur les réseaux sociaux. Le but est de nous démarquer", détaille Simon Rémoussin. Là où certains sont orientés à 100 % sur la compétition, d'autres à fond sur l'entertainment, l'AS Monaco a donc la volonté de créer une troisième voie, à mi-chemin entre les deux, et d'en être le leader. Et les premiers résultats poussent à l'optimisme. "Niveau compétition, les voyants sont au vert et sur l'entertainment, on est par exemple passé de 13 000 personnes à 77 000 entre août et décembre. Cela montre qu'il se passe quelque chose." Autre élément qui pourrait bien aider l'AS Monaco Esports à atteindre ses objectifs, les boot camps et la gaming house. "On réunit nos joueurs le temps de quelques jours. Ils ont des rdv avec la psychologue du club, font un check-up médical. On voudrait les faire venir encore plus, certains sont d'ailleurs en demande, pour qu'on leur mette une préparation physique aussi, et on a tout ce qu'il faut ici : compétence, terrains… Il y aura un grand changement quand on aura notre Gaming house à Monaco. Un centre de performance et d'entraînement, où les joueurs viendront s'entraîner, faire des streams, profiter un peu aussi. Ce sera leur centre d'entraînement." De quoi permettre à l'AS Monaco Esports de ressembler un peu plus à sa grande sœur des rectangles verts… 

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