Le Cannes Bocca futsal lutte sur tous les fronts

Deuxième du championnat de D1, le Cannes Bocca futsal est encore à la lutte pour un titre de champion qu'il n'a jamais remporté. Un défi majeur qui est néanmoins loin d'être le seul chantier sur lequel s'active ce club fondé en 1978.

Un groupe largement renouvelé à l'intersaison, des recrues qui ont pris rapidement leurs marques sous le maillot rouge et blanc et un encadrement qui guide tout ce beau monde encore un peu plus haut.

Il n'en fallait pas plus, si l'on peut s'exprimer ainsi, pour faire du Cannes Bocca futsal un sérieux prétendant au titre en D1. Après seize journées, les Boccassiens ne sont qu'à trois longueurs du Paris Sporting club.

Samedi dernier, ils ont réussi à s'imposer 4-0 dans la salle de Bagneux (Hauts-de-Seine), tandis que leurs rivaux du Sporting concédaient le nul face au Kremlin-Bicêtre (4-4).

Un poids lourd à mettre au tapis

Le Sporting, c'est un peu la version futsal du PSG. Une machine à gagner qui a empoché les trois derniers championnats et les quatre dernières coupes mises en jeu.

Avant la journée disputée le week-end dernier, durant laquelle le CBF a repris deux points sur son rival francilien, Farid Benameur, le manager, estimait qu'il fallait encore un peu de temps à son club avant de prendre le dessus. 

"Il faut remettre les choses à leur place. On a le rôle d'outsider pour le moment. Le Sporting est vraiment très régulier depuis trois-quatre ans. Maintenant, la mayonnaise a bien pris chez nous, alors qu'on repartait presque de zéro."

Les deux formations, qui se retrouveront le 8 mars à Paris, s'étaient quittées sur un score nul (3-3) à l'aller, lors de la 8e journée (vidéo ci-dessous, à partir de 3'34").

Un effectif cosmopolite

Dans une discipline où il n'est pas encore possible de proposer des contrats fédéraux aux joueurs, le Cannes Bocca futsal doit se débrouiller, comme les autres, pour attirer de nouveaux éléments dans ses rangs.

Cela n'a pas empêché les Azuréens de composer un effectif de qualité, avec pas moins de cinq Espagnols, trois Brésiliens, un Portugais et tout de même quatre Français.

"Notre gardien, Ruben Frois, est pour moi le meilleur du championnat. David Busquets et Juanito sont aussi d'excellents joueurs. C'est un vrai melting-pot, ça me plaît. Ils se sont tous mis au français en plus", assure Farid Benameur.

Des pépites hispanophones et lusophones qui, si l'on en croit le manager, ne roulent pas vraiment sur l'or. "Celui qui est pour gagner de l'argent dans le futsal, faut pas qu'il vienne…"

"Plus aucun contact avec la Fédé"

Presque toujours cantonné aux gymnases de quartiers, le futsal se coltine souvent une mauvaise image. "On sent bien qu'on voit plus le futsal comme une distraction pour occuper les jeunes que comme un sport. On doit lutter pour tout : les créneaux, les subventions…"

En des termes peu amènes, Farid Benameur évoque également les liens distendus avec la Fédération française de football (qui gère le futsal). 

"On n'a plus aucun contact avec la Fédé. A chaque fois qu'on nous convoque à une réunion, on nous met devant le fait accompli. Il n'y a pas d'échanges, toutes les décisions sont déjà prises."

Les clubs veulent avoir voix au chapitre

Désireux de faire évoluer la situation, une bonne partie des dirigeants a décidé se fédérer pour donner naissance à l'Association nationale des clubs de futsal (ANCF).

"On en a marre d'être vus comme un sport à problème. Au gymnase des Mûriers, on a toujours du monde et il n'y a pas de souci, que ce soit sur le terrain ou autour. En se réunissant, on pourra avoir plus de poids pour négocier auprès des équipementiers, des partenaires, mais aussi des institutions."

Malgré de longues années de "bagarre" avec les instances et quelques moments de découragement, Farid Benameur a toujours les yeux de Chimène pour "son" futsal.

"Quand je regarde un match de foot à onze, je m'ennuie très souvent. Tandis que le futsal devient de plus en plus intéressant sportivement. Beaucoup de choses ont évolué en l'espace de quelques années. L'engouement existe, il faut prendre son bâton de pélerin et avancer."

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