"The Last Game" a fait fondre Monaco

La légende russe du hockey, Slava Fetisov, organise une série de matches autour du monde pour sensibiliser à la fonte des glaces dans les régions polaires. Hier, la série "The Last Game" a fait étape à Monaco.

Une soirée pas comme les autres. Sur la patinoire du Port Hercule, les habituelles séances de patinage et les entraînements de hockey ont laissé place à "The Last Game". De quoi attiser la curiosité et remplir les tribunes. Ce match est organisé par Slava Fetisov, star russe du hockey dans les années 1980 (double champion olympique, 7 fois champion du monde et vainqueur de 3 Coupe Stanley). Son objectif : alerter sur le changement climatique, d'autant que l'Arctique pourrait connaître des étés sans glace d'ici 2040.

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"Le sport est un instrument pour faire passer des messages", a-t-il déclaré. Et rien de mieux qu'un match de hockey pour attirer l'attention sur la fonte des glaces. Après avoir été un défenseur pendant plus de 20 ans sur les terrains, Slava Fetisov est désormais un fervent défenseur des régions polaires. Il en est d'ailleurs devenu le "patron" à l'ONU en 2016. Rapidement, le projet d'aller jouer au Pôle Nord s'installe. D'abord prévu en avril 2019, le match au camp Borneo a été reporté et devrait se tenir cette année, le 20 avril. Une idée immédiatement soutenue par Antonio Guterres (le secrétaire général de l'ONU), le Pape François et le Prince Albert II. "Les fontes de glaciers sont très importantes. Il y a des températures records, 18°C sur la péninsule Antarctique, même en été austral, ça ne s'était jamais vu. Il faut que tout le monde prenne conscience que nous devons faire tous les efforts nécessaires pour minimiser notre impact sur l'environnement", alarme le Prince Albert II.

"On a réalisé un rêve"

C'est donc tout naturellement qu'après des parties au Kenya, sur l'Himalaya ou encore en Antarctique, "The Last Game" est arrivé en Principauté, avec le soutien de la Fondation Prince Albert II. Et c'est le Skating Club de Monaco (SCOM) qui a été chargé d'organiser le match. "C'est une grande preuve de confiance de la part du Souverain de nous avoir sollicité. C'est d'autant plus important que grâce à notre implication, on peut voir que le hockey peut être vecteur de certaines idées, comme celle du réchauffement climatique", se réjouit Franck Nicolas, le président du club. 

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Une occasion incroyable pour les Barracudas de rencontrer et surtout d'affronter leurs idoles. Le coup d'envoi fictif est donné par le Prince Albert II entre Slava Fetisov et Fabien Bonilla. Le palet enfin jeté sur la glace, la rencontre entre les rouges et les bleus commence. Deux mi-temps de 20 minutes (contre trois périodes en compétition officielle) et trois joueurs de champ (5 dans les règlements), un format adapté à la taille de la patinoire et à l'événement.

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Et Slava Fetisov n'a pas de temps à perdre. Première action et déjà une passe décisive. Si le Russe a joué à l'ancienne, sans casque de protection, cela ne l'a pas empêché de montrer toute l'étendue de son talent. Des dribbles, des récupérations et même une frappe surpuissante, l'ancien du CSKA Moscou n'a rien perdu. Face aux professionnels, les joueurs monégasques leur ont rendu la pareille. 

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Devant leur famille, leurs enfants et leurs amis, les Barracudas ont pris énormément de plaisir. "J'ai trouvé que c'était génial comme niveau. On s'est régalé. On a réalisé un rêve en jouant face à une légende comme Fetisov", s'ébaudit Fabien Bonilla, attaquant et responsable hockey du SCOM. Et le niveau était bien équilibré puisque le match s'est finalement terminé à 11-11. Mais l'essentiel n'était pas là, comme l'a expliqué Slava Fetisov un peu plus tôt. "J'ai besoin de vous tous dans mon équipe. Les rouges et les bleus étaient adversaires [hier] soir, mais ils seront coéquipiers pour le reste de leur vie face au changement climatique".

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