asm rugby - Promotion Honneur : Le jeu pour l'Honneur

Ils récidivent chaque semaine. Méthodiquement, à trois reprises, ils se retrouvent. Le groupe seniors de l'ASM rugby est constitué d'une soixantaine de gaillards (promotion honneur et équipe b). En route vers une montée en Honneur ?

Déjà, il faut y arriver. Le stade de Blausasc et sa pelouse synthétique flambant neuve sont bien cachés. Logé en haut du village, le terrain attend que les crampons l'assaillent. Et c'est bien ce qui arrive. Depuis le 23 août, l'équipe de Promotion Honneur - deuxième échelon au niveau régional - répète ses gammes inlassablement. Il n'y a pas de temps à perdre. Les bonshommes n'ont pu jouer aucun match amical et le championnat doit reprendre le 29 septembre, contre Salon-de-Provence.

Unifier les forces

Il est à peu près 20 heures. On débarque en fin de briefing et la nuit commence à tomber sur les rugbymen. Sans vouloir jouer les chochottes, ça caille sacrément. Mais visiblement, les hommes en shorts et chaussettes montantes ne partagent pas cet avis. Ils sautent comme des puces et s'interpellent à coups de surnoms sympathiques. Des "Allez ma caille!" et autres "Oh Pépito!" ponctuent la séance. Ils sont nombreux à y prendre part ce soir. Pour canaliser ce réservoir de testostérone, trois chefs. Emmanuel Rouillier, qui entraîne l'équipe de Promotion Honneur depuis quatre saisons, Nicolas Guycha, ancien joueur fraîchement converti en entraîneur et Damien Gossa, préparateur physique. "Nous avons aussi Sébastien Roger, mais il a pris sa licence cette année. Il joue dans l'équipe et si l'un de nous est absent, il prend le relais", explique Emmanuel Rouillier.

"En début de saison, la préparation est générale en vue d'avoir un groupe homogène malgré les différences de niveaux", rapporte Damien Gossa.

"Ce qui est particulier en Promotion Honneur, c'est qu'il y a toutes sortes de joueurs", détaille le coach Rouillier. "Certains pratiquent le rugby depuis des années et viennent de Fédérale 1 ou 2 (3e et 4e niveaux français) alors que d'autres viennent pour apprendre. Ils ne sont pas payés pour faire du rugby, ils travaillent et peuvent connaître des périodes de fatigue. Donc il faut tout prendre en compte et modeler tout ça."

Un groupe avec des éléments si différents pourrait facilement se fissurer. Il faut faire prendre la pâte. Au-delà de l'entraînement, c'est aussi pour cette raison que les gars sont partis en stage à Gruissan, près de Narbonne, début septembre. "Ça crée des liens", lance Romain Lacoste, nouvelle recrue. "On sent qu'il y a une bonne mentalité à Monaco et plein de copains à découvrir. Je pense que j'ai choisi le bon club. Il y a une grande envie de monter ici", conclut le talonneur qui a longtemps joué en Fédérale 1, à Tarbes.

Quand les "gros" font la chaise

"Allez, allez, allez! On montre pas de signe de faiblesse", éructe Damien Gossa. Le préparateur physique a le parler sec. Pas de pitié pour les types qui soufflent et crachent. "On lâche pas", glisse Sébastien Roger qui subit le même traitement que ses camarades. Alors qu'ils sont en position "chaise", dos au grillage du stade, la souffrance dégouline sur leur face. "Il faut motiver. C'est pour ça que je crie", se justifie le bourreau dans un sourire désolé. "Le but, c'est que tout le monde se prenne un peu plus au sérieux, qu'on se prenne vraiment pour des sportifs même si on n'a pas le niveau en début de saison."


Page 1/3

Vous aimez cet article, partagez-le :

   
Photos