De retour "chez lui", Antoine Zeghdar a les yeux rivés sur Tokyo

Né en Principauté, Antoine Zeghdar revient à la maison ce week-end pour disputer le tournoi de qualification olympique avec l'équipe de France de rugby à sept. Sa signature au Castres Olympique (Top 14) tout juste officialisée, le rugbyman de 22 ans a répondu à nos questions avant d'aborder cette compétition à la saveur décidément particulière.

On imagine votre bonheur de revenir dans le coin ?

Honnêtement, c'est incroyable. En plus, on dort au Marriott, dans le quartier où j'ai grandi. J'habitais deux immeubles à côté. C'est vraiment la maison ! (Il rit) J'ai grandi à Cap-d'Ail, près du stade. Mon père habite toujours à côté. Hier, j'étais sur la terrasse en train de téléphoner, et je l'ai vu passer juste en bas de l'hôtel ! (Il éclate de rire) Pareil pour mes meilleurs potes. Ça fait un peu bizarre d'être ici, surtout pour un tel enjeu.

Oyonnax, votre club, a terminé 4e de la saison régulière avant d'être éliminé en demi-finale de Pro D2. Comment jugez-vous votre saison ? 

C'était une année assez spéciale à cause du Covid. On a été privés de notre public, alors que "Oyo" est une équipe qui a de bons supporters, chaleureux et dévoués. C'était assez déconcertant de jouer dans un stade vide. On s'est adaptés, et la saison s'est plutôt bien passée. Elle a été assez longue, on a connu des hauts et des bas, mais j'en garde un très bon souvenir.

Qu'est-ce qui vous a manqué face à Perpignan pour atteindre la finale ?

Les rencontres des phases finales se jouent souvent sur des détails. On a été moins bons et moins réalistes que les Perpignanais, tout en dénombrant plusieurs blessures. On a fait une entame de match catastrophique, où l'on prend deux essais coup sur coup en dix minutes. C'était un peu compliqué de revenir. On remonte à 15-12, puis les Perpignanais ont repris le large. Ils ont été meilleurs sur les détails. Même en finale, ils ont été assez bons. Ils ont remporté la Pro D2, donc félicitations à eux.

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Vous allez faire le grand saut en Top 14 puisque vous venez de vous engager avec Castres. Pourquoi ?

C'est une équipe qui véhicule des valeurs similaires à celles d'Oyonnax, qui me plaisent beaucoup et dans lesquelles je m'identifie. Je regarde beaucoup de matches de Castres, leur plan de jeu me correspond assez. Ils ont aussi de très bons entraîneurs. Celui des trois-quarts était mon entraîneur en équipe de France U20. J'espère que cela se passera bien. Il n'y a pas de raison !

Vous sentiez qu'il était temps de passer à l'étage supérieur ?

Oui. J'avais envie d'évoluer à plus haut niveau et j'ai eu cette opportunité. Je l'ai saisie de suite. A moi de faire mes preuves, à présent.

Sur les réseaux sociaux, des fans d'Oyonnax vous ont remercié pour votre passage au club. Que retiendrez-vous de cette expérience ?

Le public est attaché et attachant. Malheureusement, je n'ai pas eu l'occasion de le voir beaucoup à l'œuvre et de profiter de cette ambiance. Ce lien affectif se ressentait quand on sortait faire les courses. On croisait tout le temps un supporter qui nous reconnaissait, nous parlait, nous motivait... C'était fabuleux de voir tant d'engouement autour d'une équipe. J'ai passé une bonne année, je me suis développé, j'ai beaucoup appris. J'en garde un très bon souvenir.

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Sentez-vous avoir grandi depuis votre départ du RC Toulon en 2019 ?

Totalement. A Oyonnax, j'ai beaucoup travaillé. Avoir pu disputer autant de matches avec l'équipe première m'a grandement aidé. J'avais quitté Toulon justement parce que je n'avais pas un temps de jeu suffisant. J'ai pris de l'expérience à Oyo, j'y ai fait mes armes et je ne suis plus le même qu'en 2019.

Avant de revêtir vos nouvelles couleurs, un tournoi de qualification olympique vous attend chez vous, au Stade Louis-II.

Je n'avais jamais imaginé participer un jour à un tournoi à Monaco, dans la ville où j'ai grandi, où j'ai passé la plupart de mon temps. En plus, il y a un enjeu incroyable, avec une place pour les Jeux. Mes amis et ma famille ne seront pas loin. Même si nous sommes dans une bulle sanitaire et que je ne peux pas les voir, je sais qu'ils seront en tribune. Les savoir près de moi me galvanise.

C'est un avantage ?

Je pense, oui. Ça peut me donner une petite pression, mais elle sera positive. Je suis très heureux de pouvoir jouer devant eux. Quand j'évoluais à Oyonnax, personne ne pouvait venir me voir. Là, ils seront tous au stade, derrière moi.

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Quel est l'état d'esprit du groupe français ?

J'ai rejoint mes coéquipiers il y a une semaine, à Aix-en-Provence. J'ai directement senti la détermination de tout le groupe, l'envie d'aller chercher ce dernier ticket qualificatif. Hors des terrains, la bonne humeur est présente, mais elle laisse place à la concentration sur la pelouse. Nous savons ce que nous avons à faire, et nous sommes prêts.

Que représentent les Jeux à vos yeux ?

C'est la compétition ultime, celle que tout le monde rêve de faire et que tout sportif attend dans sa carrière. Je n'y pensais pas beaucoup avant de faire du rugby à 7, puisque le rugby à 15 n'est pas une discipline olympique. Depuis, c'est devenu un rêve. Pouvoir y aller serait incroyable.

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Le rugby à VII connaît une évolution fulgurante à Monaco. Avez-vous suivi les performances des équipes nationales à Belgrade, il y a deux semaines ?

Oui, beaucoup de mes amis font partie de la sélection masculine. J'ai commencé le rugby avec quelques-uns d'entre eux, et c'est même grâce à eux que j'en suis là (Il sourit). C'est important, pour moi, que le 7 continue à bien se développer en Principauté. Les deux équipes ont fait de belles performances à Belgrade. Je n'ai pas pu regarder la finale des garçons, mais je sais qu'ils étaient à deux doigts de remporter la compétition et d'évoluer au niveau supérieur. Ce n'est que partie remise. Ils ont des joueurs à fort potentiel. Je suis très content pour eux.

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