Fédérale 3, les voilà !

Ils l'ont fait et n'ont pas attendu la fin du championnat pour s'en assurer. Alors qu'il ne restait que trois journées de championnat, les joueurs de l'AS Monaco rugby ont validé leur montée en Fédérale 3. Retour sur une accession qui fera date dans l'histoire du club.

Une histoire d'hommes. Une histoire comme on en trouve souvent dans le sport, et plus particulièrement dans le rugby. Une histoire de quelques garçons venus porter les couleurs de la Principauté avant de s'engager plus profondément au club. Avec une idée en tête. Atteindre le plus haut niveau amateur, avant de, peut-être, avoir l'ambition d'aller encore un peu plus haut ensuite. 

A la tête de ces hommes, on retrouve Thomas Riqué. S'il a raccroché les crampons en fin de saison dernière, il n'a pas pour autant rendu son tablier de président. Et savoure aujourd'hui ce succès. Celui qui voit l'AS Monaco rugby quitter la division honneur pour monter en Fédérale 3 (5e niveau national).

Img 4550

"C'est la victoire de tout un club. Personnellement, ça me fait extrêmement plaisir et en tant que président, je suis très content de la manière dont on a réussi cela et que les deux équipes fanions fonctionnent. On est passé de victoires d'une bande de copains à celle d'un club développé et bien structuré."

L'année ou jamais

La montée en Fédérale 3. Le titre territorial. Deux choses qui ont échappé à l'ASMR à l'issue de l'exercice 2017/18. Deux "échecs" ayant laissé quelques traces, mais qui ont également montré au club qu'il ne manquait pas grand chose pour valider un objectif fixé depuis quelques années. Et plus que jamais annoncé. 

"C'est ce qu'on s'était clairement fixé en début de saison. Tout le monde le savait, on devait donc être dans les deux premiers pour valider cette montée. Et on aurait forcément eu une finale à jouer", glisse le président, rejoint par son duo d'entraîneurs, Luciano Orquera et Sylvain Masson. "On avait fini troisième l'an dernier, Luciano nous a rejoint à l'inter-saison, ainsi que 3-4 joueurs d'expérience. On savait qu'on serait parmi les favoris et on a eu une réunion avec le groupe pour leur annoncer nos objectifs, ce qui leur a mis une certaine pression, mais une pression positive", détaille l'imposant coach des avants.

Img 4397

Une montée allant dans le cadre du projet mis en place par le club depuis plusieurs années. Repartis du plus bas échelon régional, l'AS Monaco rugby et ses piliers, dont fait partie l'actuel président, ont su gravir un à un les niveaux pour revenir dans la lumière. Et cette nouvelle montée, validée à 3 journées de la fin, est arrivée au bon moment alors qu'un sentiment "bizarre" commençait à naître chez les Rouge et Blanc.

"Cette accession a une saveur particulière. Depuis 2-3 ans, on gagnait un peu moins. Et même si on a avec nous des compétiteurs, des gens qui ont faim de victoire, on s'est rendu compte qu'il nous fallait plus que ça. On a grandi, de façon globale et c'est une vraie victoire collective, de club. D'autant plus avec ces deux boucliers (la réserve a elle aussi remporté le championnat territorial), car les finales peuvent être cruelles, comme on l'a vécu l'an dernier (défaite face à Draguignan), mais cette double victoire rend les choses encore plus belles", note le président. 

Une montée acquise avec la manière

D'un point de vue purement sportif, cette montée apparaît comme tout à fait logique si l'on jette un œil au bilan comptable et statistiques des Rouge et Blanc sur l'exercice 2018/19. 77 points au compteur, 15 victoires et 3 défaites pour 18 matches disputés. Et une faculté à coller des roustes assez extraordinaires (+518 au goal average, meilleure attaque et meilleure défense, 13 bonus offensifs et 3 défensifs obtenus dans la saison). Des statistiques atteintes grâce au jeu déployé par les asémistes, même si tout n'a pas été simple au départ. 

Img 4457

Dès le stage du mois d'août, Orquera et Masson posent les bases de ce que sera le jeu de l'équipe pour la saison à venir, et même plus si tout se passe bien. "Au début, on ne savait pas trop à quoi s'attendre par rapport au projet de jeu qu'on a proposé aux joueurs mais petit à petit, ils ont pris conscience que ça marchait, qu'ils prenaient du plaisir et ils ont aussi compris qu'ils étaient capables de faire de belles choses. Et une fois qu'ils ont eu conscience de tout ça, ça a été beaucoup plus facile pour le reste", détaille Orquera. Très porté sur l'offensive, le jeu monégasque est basé sur le mouvement et l'apport de solutions multiples au porteur de balle, tout en délimitant certaines zones afin de mieux quadriller le terrain, aussi bien d'un point de vue défensif qu'offensif. 

"On voulait aussi éviter de voir nos joueurs faire le balai de gauche à droite, donc on a beaucoup travaillé les déplacements, avec des courses intelligentes", glissent les deux coaches. Un long travail préparatoire donc, où chacun a appris à évoluer en fonction de son positionnement de base sur le terrain. La rigueur est allée crescendo, dans le respect des consignes, pour voir au bout de quelques semaines une arme redoutable se mettre en place. Mais une arme également capable d'évoluer lorsque la machine s'enraye. 

Img 4361

"Lors de notre victoire au Beausset (12-17), le terrain était très boueux et on a eu du mal à mettre notre jeu en place. Mais on a su répondre présent dans le combat et ça nous a montré qu'on était capable de gagner de différentes manières", précise Sylvain Masson. De quoi leur permettre d'aller décrocher des résultats hors de leurs bases, mais aussi de faire de leur stade une forteresse imprenable. "Pour monter, il fallait rester invaincu à la maison et aller chercher des résultats à l'extérieur. Cette invincibilité est une réelle satisfaction pour nous, de même que pour le public, qui est venu un peu plus nombreux à chaque fois, aussi grâce au jeu que l'on a proposé", retiennent les coaches.

Le retour en F3

La dernière fois que l'AS Monaco rugby a foulé les terrains de Fédérale 3, c'était il y a plus de 15 ans. Il faut pour cela remonter en 2002. Une aventure assez courte, le club ne pouvant s'y maintenir à l'issue de la saison. 16 ans plus tard, revoilà donc l'AS Monaco au 5e échelon national. Une montée impliquant certains ajustements pour le club. "Il y a tout un cahier des charges à respecter", annonce Thomas Riqué. 

"On est surveillé par un gendarme financier. C'est un aboutissement aussi pour certains joueurs formés chez nous. On visait ce niveau pour éventuellement préparer une suite, on y est, avec ce cahier des charges qui est complètement rempli, de l'école de rugby jusqu'aux seniors." Si en coulisses tout semble réglé pour que la montée et le maintien en F3 ne soient pas un problème, l'aspect terrain est lui aussi d'ores et déjà en préparation. Et une certaine avance a été prise. 

Img 4310

"On va garder les mêmes principes, à savoir deux entraînements par semaine. On mettra peut-être une séance optionnelle supplémentaire en place, tous les 15 jours, afin de l'axer sur un travail spécifique", précisent Orquera et Masson, qui ne comptent pas changer de système de jeu l'an prochain. "Notre but cette année était aussi de mettre en place un style de jeu que l'on pourrait garder l'an prochain à un échelon supérieur. Cela nous permettait de gagner du temps sur la saison prochaine où on pourra alors se focaliser sur des détails", poursuit le duo. 

Et pour continuer sur leur lancée, pas question de révolutionner l'effectif, au contraire. Seuls quelques joueurs devraient rejoindre l'aventure. "On va prendre 6-7 joueurs, avec une priorité sur les avants, mais on ne veut pas déséquilibrer l'équipe, que ce soit dans l'identité de jeu ou le vécu", notent les techniciens. Défaits en 32es de finale des championnats de France Honneur, les Monégasques ont désormais droit à un repos bien mérité en vue de la nouvelle saison qui les attend.

Publié le

Vous aimez cet article, partagez-le :

   
Photos

Le rugby au féminin

On le voit de plus en plus et c'est aussi le cas en Principauté. Le rugby version féminin a fait son arrivée au sein de la section éponyme de l'AS Monaco. Sous la houlette de Fabien Camin, également en charge de la catégorie jeunes au club, le groupe féminin a vu le jour au début de l'exercice 2018/19. Et tout est allé très vite. "On s'est lancé sans trop savoir où on allait et on se retrouve avec un effectif de plus de trente joueuses", glisse le technicien. "Elles s'impliquent beaucoup dans la vie du club et sont nombreuses à vouloir évoluer en compétition l'année prochaine." Résultat des courses, après quelques rencontres amicales et tournois disputés, l'équipe féminine de l'ASMR va entrer officiellement en compétition à la rentrée 2019/20. "Ce sera sur du rugby à 10. Ça permet de commencer doucement et de pouvoir gérer entre les blessures et les emplois du temps car elles ont toutes leur vie", précise le coach. "Si on arrive à se stabiliser à 35-40 filles sur la compétition, on aura un effectif assez solide pour la saison qui nous permettra aussi de faire tourner. Pour celles qui préfèrent rester en loisir, elle participeront tout de même à la vie de l'équipe. Idéalement, on aimerait aussi faire venir plus de jeunes." Le message est passé.