Les "Guerriers" de la Principauté

Pour la troisième année consécutive, l'équipe des Monaco Impi's a participé en décembre à l'une des plus prestigieuses compétitions au monde, le Tournoi International Rugby Sevens à Dubaï. Une belle vitrine pour la Principauté qui ambitionne de porter son équipe au plus haut niveau.

On connaît tous les liens forts qui unissent la Princesse Charlène et la famille Wittstock à l'ovalie. Marraine de l'AS Monaco rugby, la Princesse, qui est une grande supportrice des Springboks d'Afrique du Sud, a d'ailleurs fait du rugby l'un des éléments clés de l'action de sa Fondation. Le tournoi Sainte Dévote, qui réunit chaque année en Principauté depuis dix ans des jeunes U12 venus des quatre coins du monde, en est un bon exemple. Tout comme le programme Monaco South-Africa Rugby Exchange, dont profite l'équipe nationale U16 monégasque pour participer chaque année, en juillet, à un tournoi en Afrique du Sud. 

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Depuis 2017, la Principauté a franchi un nouveau cap en créant les Monaco Impi's, les "guerriers de Monaco" en zulu. Une équipe initialement composée de joueurs monégasques et sud-africains, créée à l'initiative de Gareth Wittstock, dont l'ambition est de promouvoir l'image de la Principauté à l'international, mais aussi de permettre à ses jeunes joueurs de progresser au contact du haut niveau.

L'un des plus grands tournois au monde

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Et pour porter haut et fort les couleurs de la Principauté, la fédération monégasque a visé haut. Très haut même, puisque c'est à l'Emirates Airline Dubaï Rugby Sevens qu'elle emmène ses guerriers chaque année. Première étape du HSBC World Seven Series, le circuit international destiné aux seize meilleures équipes nationales de cette discipline olympique, c'est l'un des plus importants rendez-vous du sevens au monde. Et la manifestation dubaïote est à l'image de son pays. Hors normes. "Il y a 17 tournois en même temps. Après l'élite, il y a le tournoi 'invitation', qui réunit les équipes nationales de moins de 23 ans, auquel nous avons participé il y a deux ans. Cette année, nous étions dans la catégorie Open International, juste en dessous", explique Nicolas Bonnet, le coach de l'équipe et directeur technique national de la fédération. 

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Une grande fête du rugby à VII qui réunit chaque année professionnels et amateurs de la discipline, ainsi que près de 100 000 spectateurs, en plein milieu du désert. "Le stade a été construit pour ce tournoi et est donc conçu spécialement pour le sevens, c'est unique au monde. La pelouse, utilisée une semaine par an, est d'une qualité exceptionnelle. Il y a 7 terrains et on peut se balader partout. Aller voir les pros, puis les vétérans du Golfe Persique... Il y a des concerts, tout le monde se mélange. C'est vraiment extraordinaire"

Une aventure humaine 

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Une belle opportunité pour ces joueurs venus des quatre coins du monde renforcer l'escouade de la Principauté. Car si lors de sa création en 2017, l'équipe des Monaco Impi's se voulait binationale, elle accueille aujourd'hui des internationaux venus de tous horizons. Cette année, on retrouvait ainsi aux côtés des rugbymen sud-africains et monégasques, des Anglais, des Fidjiens ou encore un Portugais. Des joueurs motivés par "l'échange humain. Ils sont pratiquement tous en équipe nationale, et ne restent qu'entre eux. Ils viennent voir comme les autres vivent, partager des expériences singulières", explique le coach. "Le côté sportif est aussi primordial. Il y a aussi le fait de représenter les valeurs de la Fondation Princesse Charlène. Sans oublier les conditions dans lesquelles on y va. Ce sont des moments extraordinaires"

A Mettre

Tous ont aussi un point commun. Qu'ils soient expérimentés ou des futures stars de la discipline, ces joueurs évoluent sur le circuit international. "Le 7 est tellement physique et spécifique, que vous ne pouvez pas prendre des gens qui n'ont pas joué depuis un an, même s'ils sont très talentueux. Le format de la compétition, sur 3 jours, avec la chaleur, même si on a joué le matin, c'est difficile physiquement. Et si vous n'êtes pas entrainés et au point, vous ne pouvez pas être compétitif", explique le coach, qui a vu de belles choses lors de ce tournoi. A l’image du rugbyman de l'académie sud-africaine Qamani Andrew Kota, qui "devrait rapidement rejoindre l'équipe nationale. J'ai rarement vu un joueur de ce niveau-là. Il est impressionnant de vitesse. J'espère que ce tournoi aura servi pour rentrer dans les tablettes des Blitzboks, car cette expérience peut aussi être un tremplin pour ces jeunes".

Objectif Petits États

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Faire de ce tournoi un tremplin. C'est ce qu'ambitionne aussi la Fédération Monégasque de Rugby (FMR) pour ses joueurs, qui sont au cœur même du projet des Monaco Impi's. Avec un objectif : les faire progresser en les mettant au contact direct du plus haut niveau. Cette année, ils étaient trois, les trois meilleurs de l'équipe nationale : Sébastien Baldacchino, Dorian Danthez, Ioan Tolosano. Et tous participaient cette année pour la deuxième fois consécutive. "Ils s'entraînent tous les mercredis au Devens. Ils sont motivés et travaillent dur parce que c'est le Graal. On est la plus petite fédération du monde, on ne pourrait pas de nous-même partir à Dubaï", rappelle le DTN, avant d'ajouter "je pense que nos Monégasques se rendent compte que c'est une occasion unique, ce sont les plus ravis de tous. Et sur le terrain, ils ont été au niveau. Alors qu'en dehors de ce tournoi là, ce ne sont pas des joueurs de haut niveau, ni des professionnels. Ça les motive, ils en parlent aux autres, qui veulent progresser pour partir à leur tour" souligne le coach, qui espère bien récolter les fruits de ce travail dans un futur proche. 

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D'autant qu'en parallèle, la fédération affiche d'ambitieux objectifs : le championnat d'Europe qui se tiendra en juin à Belgrade, mais surtout, à terme, les Jeux des Petits États. "Le rugby à 7 est rentré au programme des JPEE et le but de la fédération est de participer en 2023 à ceux de Malte. Et pourquoi pas ramener une médaille"

Ramener le trophée en Principauté

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Mais avant cela, c’est de Dubaï que la fédération monégasque espère bien revenir en vainqueur. Car si les Monaco Impi’s sont une belle aventure humaine, l'objectif principal reste bel et bien sportif. Et le coach compte d'ailleurs bien ramener la coupe en Principauté au plus vite. Après une première participation "compliquée" en 2017, les Impi's ont montré de belles choses l'année suivante en se hissant jusqu’aux demi-finales. Et il s’en est fallu de peu cette année pour qu’ils atteignent le dernier échelon. Sortis invaincus de leur poule, les joueurs de Nicolas Bonnet ont ensuite facilement disposé du Krasnodar Region (47-0) en quart de finale, avant de s’incliner 15-12 en demies contre le vainqueur de l'édition 2018, l'équipe du Speranza 22, "avec pas mal de regrets. On rate notre première mi-temps, je pense qu'on aurait pu aller en finale", explique, déçu, le coach. 

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Plutôt pas mal pourtant pour une équipe qui, contrairement à ses adversaires, ne s'entraîne ensemble que les jours précédant la compétition. "Toutes les équipes ou presque s'entraînent toute l'année ensemble, et ont une vraie cohésion. On l'a vu en demi-finale contre les Néo-Zélandais. Ils ont beaucoup plus d'automatismes ensemble, on sent qu'il y a un vécu. Ils font beaucoup de tournois chaque année. C'est vraiment un gros projet. Nous, on débute, on n'a que 3 ans de vie", souligne Nicolas Bonnet, qui se penche déjà sur les points à améliorer pour ramener enfin ce trophée tant désiré.

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