Thomas Rique, "Avoir des joueurs formés au club"

A 34 ans, Thomas Rique est le nouveau président de l'AS Monaco Rugby. Mais il est aussi un joueur de l'effectif Rouge et Blanc. Cette double casquette qu'il porte est une marque de fabrique du rugby en Principauté, où chacun met la main à la pâte pour aider au développement du club et de la discipline.

Aujourd'hui médecin au Centre Hospitalier Princesse Grace (CHPG), Thomas Rique affiche un joli vécu dans le monde du rugby. Passé par les espoirs du Top 14 à Narbonne lorsqu'il avait 19 ans, il a également joué en championnat de France universitaire avant de venir s'installer dans la région. Moment auquel il a intégré l'AS Monaco Rugby, il y a 8 ans, alors que le club était au plus bas niveau amateur.

Comment vous êtes-vous retrouvé président ?

On avait un président, Mathieu Louppe, qui était en place depuis quelques années et qui m'avait demandé de passer vice-président, en étant notamment en charge de l'équipe senior,  parce que je joue encore. C'est pour vous dire l'amateurisme de notre structure. Mathieu a souhaité prendre du recul, tout en restant dans la sphère du club, parce que c'est un engagement maximal et que sa femme et ses enfants voulaient l'avoir un peu plus avec eux. Pour l'instant, je suis élu jusqu'en fin de saison et il y aura alors une élection pour un mandat de 3 ans.

Quelles sont les choses que vous souhaitez mettre en place ?

On l'a bien décrit dans notre projet de club, qui apparaît à la vue de tout le monde sur notre site internet. On a essayé de prioriser les choses en 12 travaux, "les 12 travaux de l'ASM". On sait ce qu'il faut proposer à nos partenaires pour qu'ils puissent s'investir dans tel ou tel projet, que ça leur paraisse concret. On est dans une structure où on évolue au plus haut niveau amateur. Disons que si on voulait monter au-dessus, à un niveau "semi-professionnel", il va falloir qu'on soit beaucoup plus structuré au niveau financier, avec un amont d'argent qui sera très important, et pour l'instant on n'en est pas encore là. On a conscience de ce qu'on doit faire. Pour l'instant, c'est structurer notre école de rugby, rentrer des jeunes qui vont intégrer notre équipe senior a posteriori, puisque cette année on a notre première équipe junior, ce qui fait le lien entre l'école de rugby et les seniors. Et c'était le projet final de notre école. L'an prochain, des 30 juniors, 10 devraient pouvoir intégrer l'équipe senior. C'est intéressant parce qu'au niveau fédéral, on doit avoir des jeunes formés au club. 

Actuellement, avant de viser la montée, qu'est-ce qu'il faut faire pour rendre possible et vivable une montée en Fédérale 3 ?

On a la chance d'avoir une Fédération qui nous met à disposition un salarié du club qui ne fait que ça, s'occuper du sportif, de la formation de nos éducateurs. Grâce à cette formation, nos gamins pourront prétendre à un plus haut niveau et bien représenter l'ASM. Ensuite, il y a les infrastructures du club. On en a discuté avec notre municipalité récemment, on est très loin de la Principauté, à 45 minutes (près du village de Blausasc, au-dessus de Nice), sur un terrain synthétique avec deux vestiaires en Algéco. C'est à nous de chercher des partenaires privés pour nous aider dans cette optique là. Nos institutions, qui nous aident déjà, savent aussi la progression du club et sont attentives à ça, mais elles nous demandent d'être patients. 

Avez-vous des pistes pour un stade plus proche avec plus d'infrastructures ?

Oui on a des projets. On travaille main dans la main avec les municipalités limitrophes. Notamment Cap d'Ail qui nous offre quelques créneaux pour notre école de rugby et nos gamins. On est sur plusieurs sites, puisque les seniors sont à Blausasc, les cadets sont aux Moneghettis, les juniors à Cap d'Ail, l'école de rugby au Devens. Même pour nous, pour aller au niveau au-dessus, c'est dommageable d'avoir une école de rugby qui ne voit pas ce qui se fait en junior ou en senior. Ça fait 5 ans qu'on travaille pour centraliser tout ça. On est en plein travail avec le projet du Devens. C'est très loin d'être finalisé. Ça fait un moment qu'on rencontre le maire de Beausoleil et son adjoint aux sports. On essaye d'élaborer une proposition de terrain dans des coûts qui seraient abordables pour nous puisqu'on a grandi vite, mais nos finances un peu moins. On aimerait créer un terrain au Devens. La mairie de Beausoleil fait beaucoup d'efforts et de propositions pour avancer dans ce sens-là.Vous évoquez régulièrement le travail fait autour des jeunes. 

Que pensez-vous de la formation à Monaco ?

Elle est de qualité. On a la chance d'avoir un directeur technique qui est un ancien joueur de Toulon de bon niveau, qui a passé quelques diplômes qui lui permettent de délivrer un message clair. On a des éducateurs qui sont des anciens joueurs, plusieurs évoluent en équipe senior, donc ça fait un lien. Ça commence à porter ses fruits parce qu'ils ont de meilleurs résultats. Les cadets et les juniors ont commencé la saison par des victoires encourageantes. Les jeunes progressent, certains découvrent le rugby, surtout sur une année de coupe du monde, donc on a un afflux de licenciés assez important cette année. Mais ce sont des jeunes qui sont malléables, qui découvrent le rugby, donc il faudra quelques mois ou années pour les former. Mais c'est aussi le but de l'école de rugby. 

Publié le

Vous aimez cet article, partagez-le :

   
Photos