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Les volleyeuses de Monaco à l'attaque

Les filles de l'AS Monaco volley-ball ont grimpé à l'étage supérieur. Elles évoluent en Nationale 2 cette saison. Une fierté pour l'ensemble du club asémiste. Malgré des débuts difficiles et une équipe constituée tardivement, la cohésion commence à prendre forme dans le collectif.

Le gymnase des Moneghetti laissait filtrer les habituels cris et claquements de balles. Plusieurs groupes de handballeurs avaient pris d'assaut la vaste salle, découpée en trois terrains. Les nanas de N2 attaquaient leur entraînement à 20 heures. Assises sur le sol, elles prenaient quelques minutes pour ajuster leur tenue et relever leurs cheveux.

Rapidement, Dragan Pezelj, l'entraîneur général des demoiselles, faisait son entrée. Habitués à le voir évoluer du côté des garçons, nous lui posons quelques questions. "Cela fait deux mois que j'entraîne les filles, en plus des garçons. Le président du club, Christian Palmaro, m'a proposé de m'en occuper cette année", annonce-t-il.

Sergio Putrino, ex-coach général du groupe féminin de N2 porte désormais la casquette d'assistant. "C'est toujours bien de changer d'entraîneur tous les deux ou trois ans. Ça donne un coup de fouet à l'équipe", explique Axel Le Meur, manager de l'ASM volley-ball. "Sergio Putrino a fait les trois dernières montées avec ce groupe, en Régionale, Prénationale et Nationale 3", poursuit-il.

"Il continue de beaucoup s'occuper de l'équipe, notamment lorsque je pars en déplacement avec les garçons de N2", reprend Dragan Pezelj. "Pour moi, c'est tout nouveau. Jusqu'à présent, je n'avais entraîné que les petites, c'est-à-dire les poussines et les benjamines, qui ont maximum treize ans.

C'est différent du travail que je fais avec les garçons. Elles écoutent bien, elles sont très sages et s'appliquent à l'entraînement. Elles ont un bon comportement et si elles sont absentes, par exemple, elles préviennent toujours." 

Des joueuses émancipées et engagées

De sont côté, Sergio Putrino a toujours enseigné aux filles. "J'ai commencé à entraîner à l'âge de dix-huit ans et aujourd'hui, j'en ai 43", annonce-t-il, amusé. "J'ai eu des garçons, mais toujours des filles également, dès le début. Cela dépendait des opportunités. Et depuis les années 2000, je dirais que je préfère entraîner les filles. Avant cette période, j'avais l'impression qu'il y avait moins de combativité chez elles. 

Je ne sais pas vraiment l'expliquer, mais elles se sont émancipées et sont très engagées dans leur jeu maintenant. De manière générale, je dirais qu'elles sont plus attentives que les garçons. Par contre, pour qu'elles jouent bien, il faut que les relations avec l'entraîneur soient de bonne qualité. Si ce n'est pas le cas, le jeu est foutu. Ce qui n'est pas aussi vrai avec les garçons. Ils peuvent conserver leur envie de vaincre même si les relations avec le coach ne sont pas au beau fixe." 

Il explique qu'il est crucial d'avoir la même considération pour les hommes que pour les femmes dans le sport. "D'ailleurs, il faut leur faire faire le même genre de préparation physique si l'on veut des résultats. Même si elles rechignent souvent à faire des pompes", raconte-t-il, taquin.

"À regarder, c'est différent aussi. La condition physique n'est pas la même chez les deux genres. On pourrait dire que les hommes sont forts et que les filles sont résistantes. Dans un collectif de garçons, les échanges sont rapides, expéditifs et puissants. Chez les filles, les échanges sont plus nombreux, plus lents."

La formation des espoirs

Pour l'heure, les promues en rouge et blanc stagnent à la neuvième place du classement, sur onze équipes. Elles n'ont remporté que deux matches sur les sept disputés. "C'est une saison noire pour nous. Ce qui pèche, c'est que nous avons un groupe très jeune. Aussi, nous avons trouvé nos sponsors tard. Donc, les nouvelles recrues sont arrivées tard, ce qui explique que les joueuses commencent à peine à se connaître", déclare Axel Le Meur. 

Trois étrangères ont débarqué en octobre et novembre et plusieurs joueuses de moins de vingt ans et de moins de dix-sept ans ont intégré le collectif. "Les jeunes ont un bon niveau, elles ont terminé 6es du championnat de France espoirs la saison passée. Ce qui est positif, c'est que nous les formons. Nous leur montrons ce que c'est que la Nationale 2.

Mais nous n'avons pas de joueuse qui fait vraiment la différence. En face de nous, nous avons des centres de formation avec des filles qui s'entraînent cinq à sept fois par semaine…", déplore-t-il.

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Liste des Clubs : ASM Volley-ball

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