Nadia Centoni : "Les autres pensent qu'on va être moins fortes…"

Au club depuis 2007, la réceptionneuse-attaquante italienne est un élément essentiel du collectif cannois. Quand on lui demande le secret de son équipe, Nadia Centoni a une réponse simple : le travail, encore et toujours.

Comment vous y prenez-vous pour trouver la motivation nécessaire à chaque début de saison ?

Pendant les vacances, le volley me manque vraiment. Des fois, j'essaye de jouer un peu au beach, mais ce n'est pas la même chose. Je m'énerve vite parce que je n'y arrive pas (elle rit). C'est ma septième saison ici. On a toujours de grosses responsabilités sur les épaules, tout le monde cherche à nous battre. Chaque année, les autres pensent qu'on va être moins fortes et qu'elles vont pouvoir nous prendre le titre. Et nous, on veut leur prouver le contraire.

Qu'est-ce qui fait que votre domination s'étend depuis si longtemps ?

Vous avez vu de quelle manière on s'entraîne. On met beaucoup d'envie, d'intensité. Tout le monde se jette sur chaque ballon pendant deux heures ou deux heures et demie, deux fois par jour. Il n'y a pas de hasard. Il y a une belle ambiance dans le vestiaire. Tout le monde marche dans la même direction, on veut toutes faire le maximum. J'ai un peu d'expérience internationale, j'ai joué en sélection italienne, je sais que c'est comme ça qu'on travaille dans les grandes équipes. 

L'incorporation des nouvelles recrues dans ce "moule" se fait-elle simplement ?

Oui, plutôt. Moi, quand je suis arrivée, je savais que je ne venais pas en touriste, je savais à quoi m'attendre. Quand des nouvelles recrues arrivent, c'est toujours pareil : il n'y a pas beaucoup de temps pour se connaître, mais on y arrive. Sur le terrain, ça va vite. On discute un petit peu pour leur expliquer notre manière de jouer. Après, on ne fait pas des conférences, le ballon est toujours rond (elle rit à nouveau). Mais comme partout, il y a des joueuses qui ne s'adaptent pas, que ce soit à la région, aux filles, à l'entraîneur ou le style de l'équipe.

Comment Yan Fang gère-t-il votre groupe ?

Yan nous demande beaucoup pendant les séances d'entraînement, on cherche toujours à travailler de manière qualitative. Yan nous pousse toujours, il cherche à corriger de petits défauts. Même s'il nous connaît depuis longtemps, on ne tombe pas dans la routine. Avec les jeunes ou les nouvelles, il sait ce qu'on doit faire pour les encadrer. 

Hors du terrain, partagez-vous beaucoup de moments ensemble ?

Il nous arrive de nous retrouver en dehors, mais on ne passe pas énormément de temps ensemble. On se voit déjà beaucoup ici ! Quand on a une journée de libre, on essaye de rester avec notre mari ou nos amis. C'est normal, on a besoin de couper un peu. Entre les entraînements, les déplacements et les matches, je vois plus les filles que n'importe quelle autre personne.

Ici, il y a beaucoup de motifs de distraction. Certains sportifs ont du mal à ne pas tomber dans le piège…

Sur la Côte, il y a beaucoup de tentations, c'est sûr. Nous, ça ne nous empêche pas de rester concentrées parce qu'on sait que les objectifs sont importants. Après, aller boire un verre quand on a un jour de repos, ça nous fait du bien. D'une certaine manière, ça fait presque partie de l'entraînement, ça évite la fatigue mentale. 

Cette fatigue mentale, elle est inévitable ?

Quand on enchaîne les matches et les déplacements, il arrive qu'on ait mal aux jambes. Et dans ta tête, tu n'arrives pas à te dire : "Là, je dois sauter." Heureusement, on arrive toujours à se remotiver. Et comme on a un groupe assez large, on peut souffler quand il faut. 

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