Quadruplé historique

Malgré la crise du Covid-19, l'AS Monaco volley-ball a vécu un confinement plutôt heureux. La cause ? Des résultats sportifs exceptionnels avec quatre premières places pour les équipes premières et leurs réserves. Avec, à la clé, des montées aux étages supérieurs. 

Cette année 2020 et la saison 2019/20 resteront dans les annales du sport, mais aussi et surtout dans les annales monégasques. Il faut dire que, au-delà de cette crise sans précédent et des diverses conséquences qu'elle a pu avoir, notamment au niveau sportif (voir pages 8 à 15), elle a notamment vu un club briller par ses résultats. Car chez les volleyeurs de l'AS Monaco, l'arrêt de la saison au cours du mois de mars a surtout mis fin au supplice de leurs adversaires avec un peu d'avance. Et ce, chez les garçons comme les filles, tant au niveau des équipes premières (Nationale 2) que de leur réserve respective (pré-nationale pour ces dames, régionale pour les garçons). Quatre équipes en tête de leur championnat à mi-parcours. Et donc quatre équipes en position de grimper à l'échelon supérieur. "Ces résultats sont historiques", glisse Gilles Brillant, président du club et fier de ses troupes. "Les montées qui accompagnent ces résultats (pour les N2 en Elite et la régionale masculine en pré-nationale, la pré-nationale féminine reste dans sa division, ndlr) n'arrivent pas forcément au meilleur moment, mais on est tout de même fier de ce qu'on a accompli". Et il y a de quoi. 

Domination et combat

Si les statistiques sont parfois trompeuses, celles-là sont sans appel. La Nationale 2 féminine a offert un duel à distance entre deux formations largement au-dessus des autres. D'un côté, l'AS Monaco et les filles coachées par Eva Hamzaoui-Biton. De l'autre, le club de Mauguio (Hérault). Un bras de fer intense, disputé, dont les Monégasques sont ressorties les plus fortes. "C'était notre seul vrai adversaire et lorsqu'on les a reçues, nous avons remporté la rencontre 3-1 à l'issue d'un match sérieux", commente le président de l'ASMVB. Il faut dire que ce jour-là, les coéquipières de France Bausset ont sorti le grand jeu. Comme toutes les semaines ou presque, d'ailleurs, l'adversité élevant naturellement son niveau dès lors que Monaco s'avançait. "Je suis contente des filles car on a su gérer cette pression du leader tout au long de la saison. On jouait contre des équipes qui n'avaient rien à perdre contre nous et on entendait souvent à l'issue des rencontres, 'ah on a fait notre meilleur match de la saison'. On peut vraiment dire qu'on jouait cette montée à chaque match", précise de son côté la coach asémiste. 

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D'autant que cet exercice s'annonçait particulièrement long, puisque la poule était composée de 14 équipes, soit 26 matches à jouer. "En temps normal, quand on arrive au 17e match (moment où la saison s'est arrêtée, ndlr), on est presque à la fin. Là, il nous restait encore 9 journées", complète Eva Hamzaoui-Biton. Malgré ces difficultés, le résultat est sans appel. Avec 17 victoires en autant de matches disputés (voir encadré chiffres), rien ne semblait pouvoir atteindre ce groupe en mission. "Monter était l'objectif avoué. On avait fait en sorte de créer une équipe solide, on avait trouvé des partenaires financiers, il fallait donc qu'on réussisse", rappelle Gilles Brillant. Un moyen, aussi, de montrer que le travail effectué depuis quelques années paie, comme l'explique le boss du volley monégasque. "On ne cherche pas la perf' à tout prix, mais quand tu as des entraîneurs et des joueurs de qualité, que tu utilises l'argent des sponsors pour recruter et former, tu as envie que cette formation mène quelque part.

Les garçons en différé

Alors que les filles ont rapidement amorcé leur saison canon, leurs homologues masculins ont connu un léger retard à l'allumage. Repartis pour une huitième saison consécutive avec l'éternel Dragan Pezelj (qui va prendre du recul sur ce groupe la saison prochaine), ils ont vu arriver Thierry Glowacz en adjoint (ancien international français qui a notamment évolué à l'ASM). "L'idée était de faire en sorte de réaliser une belle saison pour se faire plaisir. Le groupe est là, pour la majorité d'entre eux, depuis 8 ans, avec 4 ou 5 éditions des Jeux des Petits Etats d'Europe pour certains. Ils prennent de l'âge, ont un boulot et donc moins de temps à consacrer au volley. Mais ils sont restés et repartis pour une nouvelle saison, ce qui était capital pour nous", raconte le président. 

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Et, malgré un départ moyen (deux défaites sur les trois premiers matches), tout s'est ensuite mieux déroulé. "Il y a eu une évolution constante de notre niveau. Sur les deux premiers matches, on a vu qu'il fallait trouver l'alchimie avec les nouveaux. On perd 3-2 à Nice alors qu'on doit s'imposer (ils ont eu une balle de match lorsqu'ils menaient 2 sets à 1, ndlr), le match d'après, on l'emporte 3-2 à la maison, mais c'était difficile. Et le match catalyseur, c'est cette victoire contre Lyon (3-1, 4e journée), car on enchaîne derrière sur 6 succès sans perdre un set", détaille Vincent Ferry, qui a succédé à Mathieu Orszulak au capitanat en cours d'année. Une série permettant à cette belle bande de copains de caracoler en tête et de passer la trêve hivernale à la première place du championnat. Seule ombre au tableau, la défaite contre ces fameux Lyonnais en ouverture de la phase retour, faisant ainsi perdre la première place à l'AS Monaco et mettant fin à une série de 9 victoires consécutives. 

Des réserves performantes

Les équipes premières sont les vitrines des clubs. Un moyen de montrer ce qui se fait de mieux pour attirer du monde et donner envie aux plus jeunes de venir, un jour, porter ce maillot. Mais si l'on jette un œil aux réserves des N2 féminine et masculine, leurs membres n'ont pas à rougir. Bien au contraire. Là encore, les chiffres ne mentent pas. Une domination nette, avec des garçons reçus 13 sur 13 dans leur championnat régional et 11 succès en 13 renctontres pour ces demoiselles en pré-nationnale. "Chez les filles, certaines jeunes s'entraînent avec la N2 et jouent en pré-nationale, donc il y a une lignée logique. Tout comme chez les garçons, où on a notamment notre libéro de N2 (Tom Succo, formé au club) qui évolue aussi en régionale (son âge le lui permet), et les gars ont fait une super saison avec une équipe composée de beaucoup de jeunes de bon niveau", glisse le président, validant ainsi la politique de formation développée par le club depuis quelques années. "On a lancé le baby volley, on s'est restructuré, du bas vers le haut, on a embauché des entraîneurs pour former les petits, donc aujourd'hui ces résultats et les montées ont un sens", rappelle Gilles Brillant. 

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Photos

La saison nationale en chiffres 

N2 Féminine 
17 victoires en 17 matches joués.
6 sets concédés en 17 matches. 
9 victoires consécutives sans perdre un set. 
1er set perdu à la 10e journée. 
12 victoires sur le score de 3-0 sur 17 matches.

N2 Masculine
10 victoires en 13 matches.
9 victoires consécutives.
6 victoires d'affilée sans perdre un set.