" Les Jeux Olympiques, un rêve qui devient réalité"

Sébastien Dervieux est l'une des chevilles ouvrières de l'AS Monaco natation et du water-polo. Arbitre international, il a été sélectionné parmi ceux qui officieront aux prochains Jeux Olympiques de Tokyo (24 juillet - 9 août).

C'était en quelque sorte la suite logique. Pourtant, il ne s'y attendait pas. Pas si tôt en tout cas. Surpris, ému, fier mais aussi conscient de l'importance de cette tâche, Sébastien Dervieux raconte sa sélection aux JO.

Comment avez-vous réagi en apprenant la nouvelle ?

Dans un premier temps, je n'y ai pas cru du tout. J'ai mis plus d'une heure à être sûr. J'ai appelé beaucoup de collègues arbitres internationaux d'autres pays qui avaient reçu la nomination. Contrairement à eux, je n'ai reçu la mienne par la Fédération Française que quelques jours plus tard. Ce n'est que lorsqu'on m'a transféré le document officiel et que j'ai vu mon nom que j'ai réellement compris. Ç'a été un grand moment d'émotion, de fierté. J'ai beaucoup pensé à mes parents, à toutes ces années quand j'étais sportif, que j'allais à la piscine, beaucoup de choses me sont passées par la tête.

Vous avez donc appris la nouvelle en recevant un message d'un ami ?

C'est ça ! J'ai eu des messages de félicitations sans trop comprendre. Le premier a été mon ami arbitre hollandais, qui part lui aussi. Je ne comprenais pas trop et il m'a envoyé le document officiel. C'est la première fois que la Fédération Internationale de Natation (FINA) fait ça, à savoir désigner les arbitres des JO neuf mois à l'avance. C'est très tôt par rapport à d'habitude, ce qui m'a causé aussi quelques incertitudes. Et il y avait un petit astérisque expliquant que si la France venait à ne pas se qualifier, je partirais quand même en qualité d'arbitre neutre. Donc, quoi qu'il arrive, je serai aux JO. Mais j'ai mis une bonne heure à le comprendre (rires).

Qu'est-ce que cela représente pour vous ?

C'est beaucoup de satisfaction car c'est la plus haute reconnaissance qu'on puisse avoir. Il y a aussi le sentiment d'avoir accompli des choses au fil des années passées, avec beaucoup de sacrifices. Il n'est pas simple de tout gérer avec mes différentes missions. Cette nomination est une récompense de tout cela, ainsi que la reconnaissance d'une certaine compétence. Et cela représente aussi des responsabilités car les JO ont une certaine résonance. J'ai été pas mal sollicité après cette annonce, par des personnes que je n'avais pas vues depuis longtemps mais aussi une association que j'aide quand je le peux, ''Voyage de Lucas''*. Il y a aussi le rapport aux élèves. Pourquoi pas intervenir auprès d'eux pour partager cette expérience. Il y a donc beaucoup de fierté mais aussi beaucoup de responsabilités derrière. Des valeurs d'honnêteté, de mérite, de courage. Pour arriver à ça, il faut beaucoup d'investissement. J'aimerais faire passer des messages.

Peut-on dire aujourd'hui que cette nomination est une suite logique à votre parcours ?

Oui et non. Parce que j'avais le sentiment que les JO, c'était une autre dimension. Passer par les championnats du monde (Corée du Sud) l'an dernier a été une grosse étape et ça n'a pas été facile tous les jours. Il y a eu des moments très difficiles. J'ai montré que, même si tout n'était pas parfait, je savais rebondir lors de matches plus compliqués, malgré la pression, la tension et j'ai montré à tout le monde qu'on pouvait compter sur moi.Tokyo 2020, je n'y pensais pas forcément. Il y a les championnats d'Europe avant (12-26 janvier à Budapest), et je pensais qu'il serait logique que j'y aille. J'ai reçu cette désignation, mais Tokyo, je me disais que ça arriverait si je faisais une excellente saison. Le fait que ce soit 9 mois avant va permettre de bien s'y préparer. J'ai reçu mes billets d'avion, donc ça devient de plus en plus concret.



*Association ayant pour but d'aider les enfants atteints du syndrome SATB2 et étant en retard de développement.

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