2 Trophées, 2 dimensions

Sébastien Dervieux,  "Renouer avec le passé  du water-polo en Principauté"

Sébastien Dervieux, responsable de la section water-polo de l'AS Monaco Natation, confiait l'an dernier son envie de faire grimper d'un échelon le tournoi international, dont il est à l'origine. Son idée, organiser une épreuve européenne qui réunirait les meilleurs. C'est désormais chose faite.

Talkie-walkie à la main, l'organisateur du tournoi était par monts et par vaux lors de cette véritable fête de sa discipline. Tantôt à la régie commentant les rencontres du tournoi, tantôt au bord du bassin gérant la bonne marche des événements. Tout en trouvant le temps de parler de son évènement.

Comment est né le tournoi international, créé il y a 2 ans ?

L'objectif était au départ de permettre à notre équipe de Monaco de pouvoir se confronter à un tournoi amical de début de saison face à des équipes d'autres pays, comme par exemple Stockholm, Imperia ou Aragno… qui changeaient de ce que nous vivons dans notre championnat actuel. L'objectif principal, c'était de faire une fête du water-polo et de préparer notre équipe première.

Que représente-t-il pour l'équipe monégasque ?

C'est la première phase du lancement de leur championnat. A partir de ce moment-là, la saison a démarré et ils savent que dès le week-end d'après, il faut qu'ils soient prêts. Cela les met de suite en tension sur les exigences de la compétition.

Y a-t-il eu des changements depuis la première édition ?

Enormément ! On est allés crescendo dans l'organisation, on a essayé de proposer beaucoup plus de choses. On a commencé à quatre équipes, puis c'était cinq équipes. Le deuxième tournoi était meilleur que le premier. Pour cette 3e édition, vu la configuration avec le Trophée des Champions, on a quand même conservé quatre équipes, en fidélisant deux clubs qui étaient là à l'origine (Pont-de-Claix et Antibes) et en proposant à l'équipe de Lausanne.Comment sont choisies les équipes ?On avait lancé des invitations à quelques clubs d'Italie pour leur proximité, quelques clubs et connaissances du championnat français que l'on croise durant la saison. Les invitations peuvent être ouvertes à tout le monde. Maintenant, on a des exigences de qualité en terme d'organisation. On veut que cela soit bien ficelé et que les gens qui viennent jouent le jeu et pas qu'ils viennent à Monaco en dilettante parce que c'est attractif.

Que représente cet événement pour Monaco ?

Cela a un côté familial. Les parents viennent en tant que bénévoles, s'investissent autour du bassin. L'engagement des bénévoles est important car il ne pourrait pas y avoir de tournoi sans eux. Les parents et amis sont là. Les anciennes générations reviennent également. Le Tournoi international, comme le Trophée des Champions, c'est aussi pour renouer avec le passé du water-polo en Principauté qui, rappelons-le, était présent dès le début du siècle. Monaco a été vice-champion de France en 1947, troisième en 1950, sans compter certaines démonstrations dans la piscine du port dans les années 60. Il y a une volonté de la Principauté de renouer avec cette histoire.Vous passez cette année un échelon avec le Trophée des champions. 

Comment s'organise un tel événement ?

Cela s'organise plusieurs mois en amont notamment, dans les contacts avec les équipes. Le fait d'être arbitre international, je suis allé bénévolement sur de grandes compétitions internationales ces deux dernières années, parce que j'avais un besoin d'apprendre. En parallèle, cela m'a permis de rencontrer les dirigeants de tous ces clubs, de leur proposer l'idée. Et après de la concrétiser avec une vraie invitation. On est amateurs, mais on voulait rassembler professionnels et amateurs sur un même événement, sans faire de distinguo. Les deux premières éditions du tournoi international nous ont permis petit à petit d'évoluer et d'arriver à cette formule de Trophée des Champions : la buvette, les stands, les bénévoles, l'organisation, la régie… ces petits plus qu'on peut apporter, comme avoir un commentateur des JO, Frédéric Durand, des arbitres internationaux étrangers, de pouvoir habiller le champ de jeu, de proposer une animation autour du bassin un peu différente et qui permettent de promouvoir notre sport

Pourquoi ce format-là ?

Nous avons des contraintes par rapport à la piscine olympique du stade Louis-II. On ne peut pas la fermer indéfiniment. Deux fois quatre équipes sous forme de mini-championnat, cela permet d'avoir un maximum de matches et pour les équipes, en terme d'entraînements, c'est positif. 

Comment ont été sélectionnées les équipes du Trophée des Champions ?

Ce ne sont que des équipes championnes dans leur pays en 2016, d'où le nom. On avait également invité le champion de France, qui n'a pas daigné nous répondre. On a proposé à cinq équipes pour en avoir au moins quatre sur le tournoi. En moins d'une semaine, toutes avaient signé leur engagement. C'était très positif, voire même un peu surprenant, mais je pense que Monaco est une place liée au sport et à la culture sportive et c'est intéressant pour ces équipes-là de venir ici.

Les trois équipes masculines médaillées olympiques sont européennes. Comment expliquer cette suprématie du Vieux Continent ? 

C'est une culture, une histoire. Le water-polo est né en Europe à la fin du XIXe siècle dans les pays anglo-saxons, comme tous les sports collectifs de la bourgeoisie anglaise. C'est arrivé dans le nord de la France, en Belgique, puis c'est plutôt parti sur les pays de l'Est qui ont dominé le water-polo mondial. La base de culture et d'histoire étant forte, on le retrouve toujours en Europe.

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