Dossier

Royal riviera padel club 
a le vent en poupe

Inauguré le 14 décembre en présence d'un adepte de la discipline, Didier Deschamps, le club de padel conquit. Avec une quarantaine d'adhérents, les deux terrains ne désemplissent pas. Christian Collange, directeur du Tennis club de Beausoleil et son associé et pratiquant Andrew Knox parlent de leur faible pour cette discipline.

Deux terrains de vingt mètres par dix, de la moquette verte au sol et des murs de grillage et de plexiglas. C'est là que se pratique la fameuse discipline. On appelle cela le padel, qui vient du mot espagnol pàdel. 

Oubliez la rame et la planche du stand up paddle. On reste sur la terre ferme (la moquette moelleuse), on prend sa raquette bizarre et on tape, mais pas trop fort. On s'explique. Le padel est un mix entre le tennis et le squash. 

La raquette est plus petite et trapue que pour le tennis, mais surtout, elle ne présente pas de cordage. Elle est percée de trous, épaisse d'environ 38 millimètres. Contrairement au squash, les joueurs sont séparés par un filet central, mais se servent des vitres et du grillage (hauts de trois mètres) pour corser le jeu. Il faut avoir l'œil partout, être un peu tacticien.Et sociable aussi, parce que le padel se joue toujours à quatre.

Une technique facile à apprivoiser

"Je ne connaissais pas mais je me suis laissé convaincre par Andrew", explique Christian Collange, directeur du Tennis club de Beausoleil depuis sept ans. L'ancien membre de l'équipe monégasque de Coupe Davis est très attaché à "l'esprit famille et bon enfant" de son complexe sportif. 

"Pour moi, le padel est tout à fait complémentaire au tennis et c'est une extension de la mentalité du club", déclare-t-il. "Les échanges y sont plus longs qu'au tennis et ça s'apprend très facilement", assure Collange.

"Au bout d'une demi-heure de pratique, on peut déjà vraiment s'amuser", complète son associé. Andrew Knox est britannique. Il est banquier à Monaco mais surtout double champion de padel en Grande-Bretagne (1999 et 2000). "Ce sport a été inventé en Argentine et a gagné l'Espagne. Là-bas, c'est monnaie courante de jouer au padel et le niveau est très élevé. Il y a environ quatre millions de licenciés", explique-t-il. 

"De mon côté, je jouais beaucoup au tennis et au jeu de paume. Il y a quinze ans, lorsque je vivais encore à Londres, je fréquentais un très grand complexe tennistique. Un jour, mon professeur a voulu me faire découvrir une nouveauté, la lubie d'un investisseur sud-américain. J'ai trouvé ça très amusant. La technique s'apprivoise vite. Ça te donne l'impression d'être John McEnroe", plaisante-t-il. 

"Il est vrai qu'en terme d'apprentissage, c'est beaucoup plus évident que le tennis où il faut avoir déjà une technique maîtrisée pour pouvoir prendre du plaisir. Cela passe par des heures d'entraînement. Il faut parcourir de grandes distances, il faut une bonne condition physique", complète Christian Collange.

 "Là, il faut moins de puissance et plus de subtilité. L'avantage, c'est que c'est un sport pour tous. Le terrain est à l'échelle des enfants, qui s'y éclatent. Pour les gens âgés aussi, cela convient parfaitement", poursuit Knox. 

"Ça ne choque pas les articulations comme au tennis ou au squash. Puis c'est spectaculaire. C'est très convivial. Les échanges de balle durent beaucoup plus longtemps puisqu'on utilise les rebonds sur les murs. C'est beaucoup plus difficile de tuer le point", détaille l'ex-joueur de Coupe Davis.

Une équipe pour Monaco ?

Les deux compères ont créé une Fédération monégasque de padel et se sont alliés pour créer un club monégasque et beausoleillois. 

"Lorsque je suis venu de Londres pour travailler à Monaco, j'ai voulu continuer à jouer mais personne ne connaissait et je ne trouvais pas de terrain. J'en ai parlé à des amis, puis on a fini par pouvoir en discuter avec le Prince Albert II. Il se trouve qu'il aime beaucoup ce jeu, il est très doué. Il a d'ailleurs fait faire construire un terrain de padel dans sa propriété du Mont Agel. J'ai voulu trouver un endroit pour développer l'activité. Mais à Monaco, tout était inaccessible", explique Andrew Knox. 

C'est là que le Tennis club de Beausoleil entre en scène. "J'avais l'idée de construire un central en terre battue depuis longtemps", explique Christian Collange. "Finalement, je me suis laissé séduire par le padel et nous avons eu l'accord de la mairie. Ce qui est intéressant, c'est qu'il y a tout à faire dans ce domaine méconnu des Français et des Monégasques. On a même l'envie de créer une équipe pour Monaco et d'organiser ici un événement international. Ce serait super pour notre visibilité et pour le développement de la discipline sur la Côte", planifie le maître des lieux, ses grands yeux bleus remplis d'enthousiasme. "Si ça marche bien, et c'est déjà le cas grâce aux portes ouvertes que l'on a organisées pendant un mois, on bâtira d'autres terrains", glisse-t-il.

Publié le

Vous aimez cet article, partagez-le :

   
Photos