Monaco badminton : tous au volant

Au deuxième sous-sol du lycée technique, allée Lazare-Sauvaigo, on trouve les quartiers de Monaco badminton. Le club de la Principauté, chapeauté par le directeur du stade -
Louis-II, Sylvie Bertrand, existe depuis quatre ans et ses sept terrains ne désemplissent pas.

Lorsque nous avons commencé, il y a quatre ans, nous n'étions que douze inscrits. L'année d'après nous étions 37, puis 94 et enfin 137 en ce début d'année 2014. Et ce n'est pas terminé", raconte Sylvie Bertrand, la présidente du club. Raquette en main, elle prend sur son temps d'entraînement pour détailler l'histoire de Monaco badminton. 

Avant d'être nommée directeur du stade, la badiste était chargée des sports au sein de l'Éducation nationale. "Lorsque j'exerçais mon ancienne fonction, j'avais remarqué que beaucoup de monde était intéressé par cette discipline." 

En regardant le gymnase du lycée technique, on constate qu'elle avait tout juste. Les sept terrains sont pris d'assaut par les semelles qui crissent et les volants qui viennent caresser le sol. "On continuera d'accepter les inscriptions, même en cours d'année. On fait des roulements pour que tout le monde puisse jouer", explique-t-elle. 

Puisque la structure connaît un certain succès, elle rêve d'obtenir de nouveaux créneaux dans les locaux de la Zac Saint-Antoine où doivent fleurir quatorze terrains de badminton. "Au début, on était des bébés. Cette année, on se développe. On a un trésorier, un chargé de communication et un responsable des compétitions", précise-t-elle.

"Très ludique, très vite"

Si le premier sport scolaire de France prend de plus en plus d'essor à Monaco, "c'est parce que c'est très ludique, très vite", observe Sylvie Bertrand. "On peut s'amuser sans avoir un gros bagage technique. C'est d'ailleurs le cas de la plupart des inscrits. Un certain nombre de pratiquants auparavant licenciés à Menton et Nice sont aussi venus gonfler notre effectif", ajoute-t-elle. 

La coach, Cécile Blanchet, donne deux cours par semaine, les lundis et mercredis. Les jeudis, c'est jeu libre. "De 18 heures à 18 h 30, elle s'occupe des débutants et leur fait travailler des gestes techniques précis. De 19 h 30 à 20 h 30, elle est avec les confirmés." 

Mais n'allez pas croire qu'on fait sortir les uns pour s'occuper des autres. Ici, chacun est le bienvenu. "Naturellement, les débutants ont pris les terrains près de l'entrée de la salle. Les confirmés se sont mis plus au fond. Ça crée une sorte de séparation naturelle", explique la présidente. Et à partir de 20 h 30, chacun peut jouer comme il l'entend jusqu'à 22 heures. 

"Les joueurs s'organisent. Ils peuvent s'entraîner en doubles, en simples, en mixtes ou faire des matches." Il n'y a pas d'équipe fixe, ça tourne. Tout le monde peut se rencontrer. 

Un sport intergénérationnel

"Ça me plaît beaucoup. On se défoule", s'exclame Corinne, 46 ans. "C'est la première fois que je touche une raquette de ma vie et je trouve que c'est super." Avec ses trois essais gratuits, le club fait un carton. "Près de 70 % de ces essais se transforment en inscriptions", déclare Sylvie Bertrand. 

Même notre petit stagiaire de 13 ans, Alexandre Luca, adepte du tennis, regarde le spectacle avec envie et se tâte à venir essayer. D'autant que son camarade de classe, Hadrien Manzone, met du cœur à l'ouvrage sur le parquet. "Ce que j'aime, c'est que le jeu est aérien. On peut jouer haut et mettre beaucoup de puissance dans la frappe", rapporte-t-il. 

"L'âge des pratiquants va de neuf ans à…", la présidente cherche le bon terme. "Pas mal de papis viennent jouer avec des plus jeunes. Nous voulons vraiment développer le côté convivial et l'esprit intergénérationnel. Nous estimons que les liens entre joueurs font partie de l'entraînement. On se fait des repas, des soirées crêpes. On a des pâtissiers en herbe qui nous gâtent. Et le restaurant d'en face est devenu notre cantine", s'amuse Sylvie Bertrand. "C'est vrai que ça crée des relations", assure Corinne. 

Sur le terrain, chacun a le sourire en bandoulière. Même lorsque le petit objet se prend dans le filet. Certains jouent de tout leur être et n'hésitent pas à s'étaler au sol pour rendre la pareille à celui d'en face. Chez les débutants, les volants montent haut dans les airs alors que chez les confirmés, ils fusent. Ils rasent le filet pour amoindrir les chances de se voir retourner un smash. 

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