Passion Bad

En 2016, Monaco Badminton s'est affilié à la Fédération Française Handisport. Et ce, pour permettre à deux de ses licenciés, Melahat Zorlu et Kevin Farhang, de porter haut et fort les couleurs de la Principauté.

C'est l'une de ses spécificités dont Monaco Badminton parle toujours naturellement et avec une certaine fierté quand on évoque son palmarès. Depuis quelques années, deux de ses licenciés, Kevin Farhang et Melahat Zorlu, brillent dans les compétitions badminton sourd organisées par la Fédération Française Handisport (FFH), à laquelle le club s'est affilié fin 2016. "C'était un souhait de Kevin. On avait regardé ce qu'il fallait faire, parce qu'il n'y avait pas de raison pour qu'il ne participe pas à ces compétitions. Et la démarche était qu'on s'affilie en tant que club de la FFH, tout simplement", souligne Sylvie Bertrand, présidente de la fédération et du club monégasque. 

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Tous deux ont d'ailleurs rejoint les badistes monégasques il y a quelques années, sous l'impulsion de la jeune Melahat. "J'avais déjà essayé le volley, ainsi que d'autres sports, mais je n'avais pas trouvé ma place. Naturellement, je me suis retrouvée au bad, j'aimais bien cela à l'école". Kevin, lui, est un touche-à-tout, même si c'est avec le volant qu'il passe le plus de temps. Football, snowboard, tennis, basket, natation… "Je dirais que je suis né pour le sport. J'en ai toujours beaucoup fait, dans différents clubs, en compétitions avec des personnes sourdes comme entendantes", souligne le badiste, qui s'essaie en ce moment au padel.

Une évolution à venir

Depuis 2017 donc, la Principauté envoie ses deux représentants aux championnats de France ainsi qu'à la Coupe de France de badminton sourds. Avec succès, puisque Melahat et Kevin en ramènent toujours plusieurs médailles. Mais on les retrouve aussi sur des compétitions pour entendants, notamment lors des tournois à domicile ou aux interclubs départemental 3, où ils s'alignent aux côtés de leurs coéquipiers. "C'est un facteur d'intégration, cela permet de créer la communication malgré le handicap. Et de souder l'esprit d'équipe aussi. On veut une belle équipe de haut niveau pour monter dans le classement. Et on va réussir tous ensemble", explique Kevin. Idem pour Melahat qui a "besoin de faire des compétitions, que ce soit sourd ou entendant. Mais je suis plus à l'aise entre sourds. Lors du dernier tournoi départemental à Monaco par exemple, je leur ai demandé de me prévenir quand l'arbitre appelle et on est venu à chaque fois, mais il y a quand même ce stress alors que chez les sourds, on vient te chercher. Ce sont deux mondes différents." 

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Et sur le terrain aussi, si rien ne le laisse transparaître, ils doivent composer avec le handicap. Un défi parfois en double, où il faut trouver la bonne forme de communication entre coéquipiers, comme en simple. "Je dois compenser car je n'entends pas le volant arriver, et il fait un bruit différent selon s'il est lifté ou pas", précise Kevin. Compter les points aussi peut s'avérer délicat, même si les joueurs peuvent s'appuyer sur la grande famille du badminton monégasque, et notamment sur Hervé Morand, le secrétaire général du club et capitaine de la D3, généralement au bord du terrain pour les coacher. Aujourd'hui, une nouvelle page de leur sport est sur le point de s'ouvrir. Il y a quelques mois, les compétitions handisport sont passées sous le giron de la Fédération Française de Badminton. En attendant de savoir l'impact réel que cela aura, Kevin et Melahat ont déjà prévu de s'aligner sur les deux tournois au programme de l'année. De quoi ajouter encore de nouvelles breloques à leur palmarès et à celui de Monaco Badminton.

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