A Monaco, Nadal et les autres

Annulé à cause de la pandémie de Covid-19, le Rolex Monte-Carlo Masters reviendra l'année prochaine (10-18 avril 2021). Habituel ouvreur de la saison de terre battue, le tournoi monégasque a été, comme le Grand Chelem de Roland-Garros, outrageusement dominé par un seul homme au cours des quinze années passées : Rafael Nadal. S'il s'est imposé à trois reprises lors des cinq dernières éditions (pour onze victoires en tout), le Taureau de Manacor n'a pas toujours été l'objet de tous les regards. En l'absence du tournoi cette année, nous avons décidé, dans ce dossier, de revenir sur ce qui a marqué chacune de ces éditions, de 2015 à 2019. L'occasion d'un petit saut dans un passé récent afin de revivre le Masters 1 000 de Monte-Carlo, entre exploits, domination et bourrasques de terre battue.

2015 - Novak la joue Djoker

Voilà déjà deux éditions que le ''King'' Rafa n'a plus gagné à Monaco. Un événement, l'Espagnol ayant régné sans partage de 2005 à 2012, année de son dernier sacre princier. Et ce n'est pas en 2015 qu'il allait reprendre sa marche en avant. La faute au ''Djoker''. Car Novak Djokovic tenait, cette année-là, une forme étincelante. 

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Vainqueur en 2013 à Monaco, le Serbe, également résident monégasque (il n'est pas rare de l'apercevoir courir au Larvotto), a vécu un exercice 2015 de grande facture. C'est bien simple, sur l'année, il a remporté 11 tournois, réalisant alors sa plus belle saison sur le plan comptable (3 victoires en Grand Chelem, 6 Masters 1000, le Masters et un ATP 500). Et parmi les 6 Masters 1000 remportés, on retrouve le Monte-Carlo.

Impitoyable

Dans une forme étincelante, le Serbe réalise cette année-là un parcours sans faute, surfant sur un tennis d'une qualité incroyable. S'il n'a lâché son premier set du tournoi que lors de la finale, remportée en trois manches face à Berdych, le plus beau match de sa semaine monégasque est sans conteste sa demi-finale face à Rafael Nadal. Véritable finale avant l'heure, cette opposition entre deux des plus grands joueurs du siècle a vite tourné à l'avantage du résident de la Principauté. Nadal, arrivé bardé de doutes à Monaco, n'avait pas franchement réussi à les chasser au cours des jours précédents. 

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La saison 2015 est certainement la pire vécue par l'Espagnol. Trois titres (deux ATP 500 et un 250), des éliminations précoces dans les grands tournois (quart à Roland), de quoi vivre une année délicate. Si son arrivée à Monaco avait pour but de le rassurer, il n'a pas réellement pu y reprendre confiance. Après avoir balayé Lucas Pouille pour son entrée en lice, il a enchaîné deux matches en trois sets (Isner puis Ferrer), laissant échapper pas mal de jeux. De quoi entamer des réserves physiques en deçà de leurs capacités habituelles. Et cela n'a pas pardonné face à un Djokovic en lévitation depuis le début de l'année. Si Nadal avait bien débuté, breakant et menant 3-1, le Serbe a ensuite enchaîné 5 jeux consécutifs. Des échanges magnifiques, des coups de folie, un public en furie, ce samedi-là reste sans doute l'une des plus belles journées sur les dernières années du tournoi (victoire de Djoko 6/3-6/3).

La pluie comme trouble-fête

Avant que les ''Bryan-Bryan'', jumeaux dominateurs du circuit de double, ne l'emportent pour la cinquième fois, la finale du simple a été marquée par une interruption d'une heure à cause de la pluie. Une pause après laquelle ''Iceman'', comme Berdych est surnommé, réussit à prendre à Djokovic son seul set finalement concédé sur ce tournoi. Après un petit moment de flottement dans la troisième manche, où le Tchèque est revenu à 4-2, ''Nole'' n'a pas failli et s'est adjugé son second Monte-Carlo (7/5-4/6-6/3), remportant au passage son 3e Masters 1000 consécutif de la saison. 

Des surprises durant la semaine

Jamais vainqueur à Monte-Carlo, Roger Federer avait fait le déplacement à Monaco cette année-là, mais le Suisse n'a pas pu aller bien loin, la faute à un certain Gaël Monfils, auteur d'une grosse performance face à la légende vivante du tennis (6/4-7/6). 

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Si le Français s'est ensuite incliné face à Berdych en demi-finale, c'est l'année d'après qu'il allait réaliser une superbe performance. Finaliste et vainqueur l'année précédente, Stan Wawrinka n'avait quant à lui pas passé le stade du troisième tour, s'inclinant lourdement face à Grigor Dimitrov (6/1-6/2). 

2016 - Le retour du roi

Si l'année 2016 n'a pas forcément été un grand cru pour Rafael Nadal, elle a tout de même permis au Majorquin de reprendre des couleurs après un exercice 2015 délicat. Notamment sur l'ocre monégasque. Sur une édition où, comme souvent, les surprises ont été légion, avec notamment la sortie d'entrée de jeu de Djokovic face à Vesely, et la dernière participation à ce jour de Roger Federer (sorti par Jo-Wilfried Tsonga en quart de finale), l'Espagnol, dont les soutiens sont toujours nombreux en tribunes, a repris sa place. 

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Celle de roi de la terre battue. A l'issue de la semaine, et après une finale de grande qualité face à Gaël Monfils, celui qui est un fervent supporter du Real Madrid a soulevé pour la 9e fois le trophée. Mais, plus que cette énième victoire de Rafael Nadal, ce qui a marqué cette 110e édition du tournoi est bel et bien le parcours du Français, finaliste cette année-là pour la première fois à Monte-Carlo.

Un showman en jambes

C'est bien connu. Gaël Monfils est le genre de bonhomme avec qui il se passe toujours quelque chose. Lorsque nous l'avions croisé l'année précédente, alors que la Monf' avait atteint les demi-finales, Arnaud Boetsch, l'ancien tennisman et alors directeur de la communication de Rolex, nous avait confié que "Monfils est un joueur qui a une capacité à se surpasser sur terre battue dans des moments très forts." Et l'édition 2016 du Rolex Monte-Carlo Masters ne lui a pas donné tort. Placé dans la partie de tableau où il doit retrouver un certain Novak Djokovic dès le troisième tour, le Français bénéficie de la sortie de route surprise de son potentiel adversaire. S'il n'a pas forcément apprécié cette remarque de la part quelques confrères, il ne s'attarde pas plus que ça sur cet événement et se concentre sur son jeu. Après avoir eu un peu de mal face à Gilles Muller en ouverture, le Parisien déroule jusqu'à la finale. Il perd 18 jeux en 4 matches et offre une partie solide face à son pote Jo-Wil' Tsonga, en dedans, lors de cette demi-finale. 

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Et s'octroie ainsi le droit d'aller défier le roi Rafa sur l'une de ses terres de prédilection. Bien conscient de l'ampleur de la tâche, Monfils s'est avancé confiant sur le court, concentré, bien décidé à en découdre. Et il a longtemps fait jeu égal. Cette finale 2016 reste sans doute l'une des plus belles que le public du court Rainier-III ait eu le plaisir de voir. Intensité, niveau de jeu, scénario à rebondissements, tout était réuni cette année-là pour en prendre plein les mirettes et garder de sacrés souvenirs. La bataille est rude, les coups pleuvent et redoublent d'intensité au fil des minutes. C'est un vrai marathon qu'effectuent les deux hommes. Et sur ce genre de matches, où le physique finit par faire la différence, c'est souvent l'Espagnol qui gagne. Épuisé à l'amorce du troisième set, le Guadeloupéen n'a pas eu le jus nécessaire pour maintenir son niveau de jeu incroyable deux sets durant lors de l'ultime manche. Une défaite, certes, mais alors porteuse d'espoirs pour le membre de l'équipe de France. Malheureusement, un virus l'empêchera quelques semaines plus tard de mettre tout cela à profit à Roland-Garros, objectif avoué lors de sa prise de parole depuis le central monégasque. 

Les Français titrés en double

2016 est sans conteste une belle année pour les Français à Monte-Carlo. Car, du côté du double, il y avait aussi du bleu-blanc-rouge en finale. Nicolas Mahut et Pierre-Hugues Herbert étaient en effet finalistes face à une paire britannico-brésilienne (Jamie Murray et Bruno Soares). Trente ans après Yannick Noah et Guy Forget, dernière paire française à s'être imposée à Monte-Carlo (1986), le duo, alors régulièrement aligné en Coupe Davis, n'a pas flanché pour s'imposer lors de cet ultime match (4/6-6/0-10/6). 

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De quoi leur permettre de remporter leur troisième Masters 1000 consécutif après des succès à Indian Wells et Miami quelques semaines plus tôt. Le duo a d'ailleurs confirmé sa belle saison quelques semaines plus tard en remportant Wimbledon. 

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