La Baronne Elizabeth-Ann de Massy s'en est allée

Dans la soirée du 10 juin, à quelques jours de ses 73 ans, la Baronne Elizabeth-Ann de Massy s'est éteinte. Présidente de la Fédération Monégasque de Tennis et du Monte-Carlo Country Club, elle a dédié une grande partie de sa vie au tennis monégasque.

On l'apercevait dans les coursives du Country Club. Elle était toujours présente sur le central pour la remise du trophée au vainqueur du Monte-Carlo Rolex Masters. C'est d'ailleurs elle qui avait remis la bague, synonyme d'intronisation au Hall of Fame du tennis, à Boris Becker, il y a deux ans. Il faut dire que le tennis était sa passion. Sa mission, aussi. Nommée présidente de la Fédération Monégasque de Tennis (FMT) en 1992, elle assumera également le rôle de présidente du Monte-Carlo Country Club (MCCC) à partir de 2008, prenant ainsi la succession de sa mère, la Princesse Antoinette (la fille de la baronne de Massy, Mélanie-Antoinette, a succédé à sa mère à la tête de la FMT et du MCCC). A quelques jours de son 73e anniversaire, la Baronne Elizabeth-Ann de Massy s'est éteinte au soir du 10 juin. Son départ laissera un grand vide dans la famille tennistique monégasque.

"On était un peu ses enfants"

Femme engagée, la Baronne de Massy était notamment présidente de la Société protectrice des animaux et abri de Monaco ainsi que de la Société canine de Monaco. Comme précisé dans un communiqué du Palais Princier, elle était également "attentive à la condition féminine en Principauté au travers de l’Union des Femmes Monégasques". Mais s'il est bien un domaine où l'on retiendra son action, c'est dans le monde du tennis. Christophe Boggetti, Directeur Technique National (DTN) à la FMT et Guillaume Couillard, capitaine de l'équipe monégasque de Coupe Davis se souviennent tous deux d'une dame "omniprésente, bienveillante et passionnée". Surtout, elle savait se montrer à l'écoute, comme le raconte le DTN. "J'ai eu cette chance d'avoir cette personne au-dessus de moi, toujours présente. Elle était le chef de file du tennis monégasque (fédération, club, tournoi) et lorsque l'on dirige ces trois entités, il y a beaucoup de choses à faire, de soucis à régler et son omniprésence a aidé tout le monde. Elle était toujours à l'écoute." 

Img 9294 S

Si elle savait se montrer exigeante avec ses troupes, la Baronne de Massy savait également prendre soin des siens, comme le confie l'ancien tennisman, aujourd'hui coach et capitaine de l'équipe. "Elle développait le tennis ici et nous les joueurs, entraîneurs, le staff, elle nous considérait un peu comme ses enfants. Elle était très protectrice, même si c'était une dame exigeante, qui n'avait jamais besoin de hausser le ton pour se faire comprendre, mais c'était une personne bienveillante. Quand je suis devenu coach, j'ai ressenti encore plus de responsabilités, sans doute parce que j'étais un peu plus à son contact. Mais à l'époque où je jouais, elle n'hésitait pas à venir me voir pour me dire, 'là il faut que tu gagnes ce match, on ne se revoit pas après si tu perds' (rires)".

Coupe Davis

La Coupe Davis était d'ailleurs un moment fort de la saison, car il était synonyme de représentation nationale. D'ordinaire discrète, la Baronne de Massy n'avait pas hésité à donner de la voix lors de la réforme de la compétition. "Ce qui l'a fait sortir de ses gonds, c'est l'injustice : nous avons gagné difficilement le droit de rester en groupe 2, après des matches très serrés et on se retrouve rétrogradé en groupe 3 et ceux que nous avions battus passent en groupe 2. Là, elle est montée au créneau et a essayé de lutter de toutes ses forces contre cela", rappelle Christophe Boggetti. "Elle n'avait pas besoin de crier fort pour se faire entendre. Il n'y a que peu de personnes comme ça qui ont ce charisme. Parce que ce petit bout de femme, toute menue, qui veillait, ne cherchait pas la lumière, arrivait au moindre souci et il suffisait qu'elle ouvre un peu la bouche pour qu'on entende les mouches voler", glisse de son côté Guillaume Couillard. 

Img 8001

Une passion qui la faisait également vibrer lors des belles prestations de ses troupes. Ainsi, Christophe Boggetti n'oublie pas "son bonheur lorsque nous excellions, comme lors de notre demi-finale pour monter en groupe 1 quand nous avons affronté l'Afrique du Sud ou lors de la demi-finale de double jouée par Romain (Arneodo) et Hugo (Nys) lors du Masters Series en 2017".  Une émotion liée à cette mission dont elle était investie, "je crois que, comme Mélanie, sa fille, elle était tellement dévouée à la famille, à son pays, avec cette volonté qu'il soit bien représenté. Elles ont réellement pris cela comme une mission qu'on leur donnait et elles se devaient de réussir, avec des victoires en Coupe Davis, la réussite de ce tournoi et le club qui doit rayonner", ajoute Guillaume Couillard. 

A sa famille, ses proches, toute la rédaction de Code Sport Monaco adresse ses plus sincères condoléances.

Publié le

Vous aimez cet article, partagez-le :

   
Photos